INJECTION t.1-3 (Warren Ellis / Declan Shalvey)


*couverture à venir

[quote]INJECTION tome 1

Il était une fois, cinq génies excentriques. Après avoir empoisonné le XXIe siècle, ils doivent désormais trouver un moyen de survivre à un monde qui ne tolère plus la vie humaine sur son sol.

Contient : Injection vol.1 (#1-5)

Public : Ado-adulte - à partir de 12 ans
Collection : Urban Indies
Date de sortie : 20 janvier 2017
EAN : 9791026810674
Prix : 10 EUR[/quote]

[size=200]LE SUJET SUR LA V.O.[/size]

La couverture :

Snif, c’est vraiment un vomi de sortie en Janvier… (Et donc beaucoup de boulot pour moi la semaine prochaine…)

:open_mouth:

[quote=“soyouz”]

:open_mouth:[/quote]

Les bourgeois !

« *La technologie moderne, contrairement aux apparences, bien qu’elle soit scientifique, décuple le pouvoir des fantômes. L’avenir est aux fantômes *»
Jacques Derrida

…. **[size=150]C[/size]**e qui rend INJECTION si captivante, ce n’est pas l’histoire en tant que telle. À savoir un groupe d’individus qui décident de créer quelque chose pour « *précipiter le futur *», qui est après tout l’ambition d’un large pan de la littérature de science-fiction.
Non, ce qui rend cette histoire unique à mes yeux, c’est la manière qu’a Warren Ellis de la raconter.

[quote]…. [size=150]L[/size]’hantologie est nous dit-on, culturellement parlant, une manière de construire des œuvres nouvelles & contemporaines, à partir de traces venant du passé.
Une sorte d’upcycling, ou « surcyclage » créatif.

L’unité des Contaminations Culturelles Croisées

-Professeur Maria Kilride = Professeur Bernard Quatermass
-Simon Winters = James Bond
-Vivek Headland = Sherlock Holmes
-Robin Morel = John Silence
-Brigid Roth = ?

Et d’une manière plus générale, INJECTION est l’exploitation par Ellis d’une certaine « britannitude » culturelle, si je puis dire.
Ainsi ce premier tome ne dépareillerait pas dans une saison de la série Doctor Who, voire de Torchwood. [/quote]

Il y a déjà pas mal de temps que le scénariste accorde une place prépondérante à l’aspect formel de ses comic books.
Ses derniers travaux ont cependant accéléré ce penchant (Moon Knight, Karnak).
Il n’est plus question pour lui, de proposer le motif érodé du patron dialectique : introduction, thèse, antithèse, foutaise, mais plutôt une sorte de puzzle narratif où le lecteur devient en quelque sorte un narrateur bis.

Cet aspect formel lui fait parfois oublier le fond, mais lorsqu’il réunit les deux, ses scénarios accouchent d’histoires à nulles autres pareilles ; pleines de sense of wonder et de cognitive estrangement. Comme ici avec INJECTION.

Condition sine qua none, les artistes avec qui il travaille doivent être des pointures.

Et INJECTION dispose, fort heureusement, de ce qui se fait de meilleurs en termes de dessin et de colorisation. Postes respectivement occupés par Declan Shalvey & Jordie Bellaire.
Loin d’être un obstacle à l’imagination du lecteur leurs (magnifiques) planches en sont des exhausteurs, dont le storytelling laisse pantois.

[quote]http://i818.photobucket.com/albums/zz104/Werber/Werber030/Injection_Excalibur_zps6ivfbfm1.jpg
[size=85]Excalibur[/size] version surcyclage -_ô][/quote]

…. **[size=150]E[/size]**n résumé, ce premier tome d’INJECTION qui regroupe les cinq premiers numéros (/25) de la série mensuelle, vendu au prix attractif & de lancement, de 10 €, par Urban Comics et traduit par Alexandre NiKolavitch, est une pure merveille.

Une sorte de précipité de tout ce qu’a expérimenté Warren Ellis, avec plus ou moins de bonheur, depuis que nous sommes entrés de plein pied dans le XXIe siècle.


**Scénario **: 12/10
**Dessin **: 12/10
**Appréciation globale **: Une bonne histoire de S-F ne prévoit pas l’automobile, mais l’embouteillage

Très alléchant tout ça, Artie ; ça vient d’arriver sur ma pile de lectures pas plus tard qu’hier, je crois que je vais pas traîner avant de m’enquiller ça.

Tiens-nous au courant.

25 numéros en tout pour la série Artie? (C’est une série limitée?)
Ils sont déjà tous sortis?

[quote=“Darkythib”]25 numéros en tout pour la série Artie? (C’est une série limitée?)
Ils sont déjà tous sortis?[/quote]

Non, ils ne sont pas tous sortis, on en est je crois au n°10 (et 2 tpb).

Pour le nombre que j’avance - 25 - c’est ce que j’ai lu que Warren Ellis prévoyait (avant je pense que Marvel ne lui propose de superviser plusieurs séries donc sous réserve), et compte tenu du contenu du premier recueil tel que je le vois (centré sur le professeur Maria Kilride, puis du second centé sur …) et du nombre de personnages qui composent L’unité des Contaminations Culturelles Croisées, ça se tient.

1 tpb (5 numéros) par tête de pipe = 25 numéros. :wink:

dans ma pile de lecture sur la tablette… depuis 1 mois… faut que je m y mette!

J’ai trouvé le 1er tome un peu trop exigeant à mon goût. J’ai été beaucoup plus enthousiaste pour le deuxième, en revanche.

Mon plus gros reproche dans ce tome reste le découpage d’une pauvresse affligeante.

Sinon en mettant en scène l’Angleterre et son folklore, j’ai eu l’impression qu’Ellis se tournait lui aussi vers de la psycho géographie. Dans une moindre mesure que Moore, mais ca ressemble un peu à ce qu’il a pu faire dans son second roman.

Pour les persos, je vois bien ce que dis Arthie, mais moi j’y retrouve un savant mélange de personnage de Planetary et d’Authority.

-Professeur Maria Kilride = Jenny sous dépresseurs
-Simon Winters = Ambrose Chase
-Vivek Headland = Helija Snow
-Robin Morel = Le Docteur
-Brigid Roth = Batteur

Cela fait depuis la fin des années 90 qu’Ellis tourne autour de la psychogeographie. Il n’y a qu’à lire certains épisodes de TRANSMETROPOLITAN ou de PLANETARY. Ça me fait penser que j’avais commencer à écrire un article sur ce sujet à la lecture de ses HELLBLAZER. Il faudrait que je remette le nez dedans.

Sauf que pour le coup Ellis comme il aime le faire, s’approprie la psychogéographie, et parle d’hantologie (hauntology), jeu de mots avec ontologie.

Et voir Jacques Derrida dans le deuxième tome, n’a sûrement rien de fortuit. :wink:

Il avait de la même manière “réinventé” le concept de Supremacy, à partir d’un modèle informatique : le versioning (Pour en savoir +). :wink:

Idem pour les équivalences que je cite, elles ne doivent rien au hasard mais procèdent d’une “britannitude”, clairement affichée par le scénariste.

Cela dit chacun lit à sa manière et en retire ce qu’il peut.

et chacun ses références. Si le côté Sherlock me semble un poil léger pour Vivek Headland que l’on a peut vu pour le moment. Le James Bond oui clairement. Mais ne connaissant pas les deux autres personnages que tu cites (mais du coup j’ai regardé sur Wiki. Merci à toi), l’équivalence n’est pas flagrande, par contre ayant lu beaucoup de lui les équivalences vont donc plus vers d’anciens personnages.

Si pour John Silence, j’ai pris un personnage représentatif du stéréotype, le “détective de l’étrange” mais par forcément connu, Bernard Quatermass l’est beaucoup plus (surtout en Angleterre), d’autant que Warren Ellis, l’a déjà utilisé - d’une certaine manière - dans un épisode de Planetary (Planet Fiction) où il détourne si je puis dire, le scénario d’un de ses films (La Marque).

Et les flashbacks des “missions” de Maria Kilride l’évoque aussi.

Cela dit, Bernard Quatermass, James Bond, Sherlock Holmes et John Silence sont avant tout, des “relais prototypiques”, des références culturelles agissant dans le cadre de circulations médiatiques des imaginaires.
Il est claire que nous ne sommes en présence ni de James Bond, ni de Sherlock Holmes.

Concernant Vivek Headland lorsqu’il dit : "je suis logicien …] il m’arrive de résoudre des crimes. Je suis enquêteur, parfois."
Tout cela plus le reste le concernant (physique, discussions) concourent à faire de lui un avatar du détective inventé par Conan Doyle. Donc non ce n’est pas léger comme tu dis, c’est au contraire du lourd.

J’ai cité Excalibur, mais j’aurais pu tout aussi bien citer le Green Man dont on voit une représentation, également très représentatif du folklore britannique, bref beaucoup d’éléments qui m’incitent à regarder plutôt du côté des mythes originels et littéraire de la Grande Bretagne que des inventions passées, mais plus immédiates, du scénariste.

Cela dit Warren Ellis s’est déjà inspiré de ces figures prototypiques avant, il n’est donc pas étonnant que ses nouveaux personnages puissent, aussi, les évoquer.

Mais je ne crois pas que ce soit le dessein du scénariste que de les ratacher à ce qu’il a déjà fait.

Pfff c’est malin ça Artie… Je l’ai acheté à cause de toi (et même pas en occaz).

Tu devrais bosser pour Urban…

[quote=“Blackiruah”]…]

Tu devrais bosser pour Urban…[/quote]

C’est gentil, merci. :wink:

Mon porte monnaie ne te fait pas de wink lui ! :smiling_imp: