JEEPERS CREEPERS 2 (Victor Salva)

Horreur
Long métrage américain
Ecrit et réalisé par Victor Salva
Avec Ray Wise, Jonathan Breck, Garikayi Mutambirwa, Nicky Aycox…
Année de production : 2003

Dans le premier Jeepers Creepers sorti en 2001, Victor Salva a dévoilé quelques éléments de la mythologie de son monstre, le Creeper, en établissant notamment que la créature qui se nourrit de la peur de ses victimes réapparaît tous les 23 ans au printemps et cela pendant 23 jours pour chasser ses proies, ingérant certains morceaux pour remplacer des parties de son corps et recyclant le reste pour son arsenal. Compte tenu du budget des films, les sociétés de production impliquées n’étaient pas intéressés par la perspective que Salva explore le passé ou le futur de son petit univers horrifique.

Suivant la suggestion de Francis Ford Coppola, l’un des producteurs des deux premiers Jeepers Creepers (il n’est pas revenu pour le troisième), Victor Salva a alors conservé son unité de temps et placé l’histoire de Jeepers Creepers 2 quelques jours après celle du premier, alors que le Creeper est sur le point de mettre un terme à son cycle de 23 ans…

Le Creeper n’est pas qu’une créature nocturne, le premier volet l’avait déjà montré, et ce N°2 débute dans des couleurs chaudes et un soleil de plomb avec un prologue intense qui voit le monstre enlever un enfant sous les yeux de son père fermier (Ray Wise, vu entre autres dans RoboCop et Twin Peaks). Quelques heures plus tard, on suit le bus d’une équipe de jeunes sportifs revenant d’un championnat. Le véhicule s’arrête à cause d’un pneu éclaté, accident causé par une arme étrange, un shuriken composé d’os et de peau humaine. Le début d’une longue journée et d’une longue nuit se transformant progressivement en une lutte pour la survie…

L’aspect homoérotique était déjà présent dans le N°1 et amplifié dans cette suite, le réalisateur ne se privant de filmer ses éphèbes torses nus, en train de pisser ou de suer en plein soleil (il n’y a que 3 cheerleaders et pour une fois elles ne sont pas sexualisées). L’attente nourrit aussi certaines tensions et on retrouve alors des figures classiques comme le joueur jaloux qui vire au raciste parce que l’entraîneur noir l’a relégué sur le banc de touche. La caractérisation n’est pas toujours subtile mais l’action et le suspense ne tardent pas car le Creeper est plus présent que dans le long métrage de 2001…

Le réalisateur tire bien parti de ses décors limités (un bus, une route et quelques champs) dans une deuxième moitié de métrage bien ficelée, tendue et ponctuée de morceaux d’action percutants, avec des effets spéciaux plutôt convaincants (à part quelques CGI visibles pour les scènes de vol) et une interprétation toujours efficace de Jonathan Breck en Creeper, grâce à son maquillage, son animalité et son regard aussi pervers que vorace. Le personnage du fermier campé par Ray Wise se mue en une sorte de capitaine Achab, sa vengeance s’accomplissant dans un final bien prenant.

Salva avait déjà un troisième opus en tête à l’époque de la sortie du II mais comme le bonhomme a été rattrapé par son passé, le projet a connu des problèmes de financement et est entré dans l’enfer du développement pendant quatorze ans. J’ajoute que je n’ai toujours pas vu ce Jeepers Creepers 3 sorti en 2017 et qui reste à ce jour le dernier film tourné par Salva. Il y a ensuite eu un reboot passé inaperçu, Jeepers Creepers Reborn, tentative de nouvelle trilogie vite abandonnée suite à l’échec critique et financier.

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Le Creeper par Kelley Jones :

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Pareil. Difficile à voir. Et il n’a pas bonne réputation. Dommage…

Il est poucrave

Je pense qu’on est bien au-delà de l’homo-érotisme. Salva est un réalisateur ayant fait de la prison pour agressions sexuels sur enfant. Cela à la fin des années 80. Je ne peux pas voir Jeepers Creepers (la créature et les deux films spécialement le deuxième) comme autre chose qu’une tentative de son réal de rendre le plus concret possible sa pédophilie (et aujourd’hui je pense aussi qu’il y a là l’expression même d’une victime d’agression). Peu de critique se sont penchés dessus via ce prisme (je me rappelle qu’à l’époque de sa sortie, Rafilk Djoumi, sur le site de Mad Movies, avait anglé son texte sur cet aspect…résultat : un tombereau de merde lui ai tombé dessus)

Les deux Jeepers Creepers sont des très très bons films d’horreur (ma préférence va pour le premier, le 2ème à un visuel qui a du mal à passé le fil du temps) mais clairement à part de la production compte tenu du passé de son réal et, et c’est ce qui est fascinant, par son questionnement vis à vis de ce qu’il a fait. C’est rare, voire unique.

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Kelley Jones :

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Tom Mandrake :

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