JESSE JAMES (Dobbs / Christophe Regnault)

Il y a deux mois, Dobbs a posté sur LinkedIn un aperçu de plusieurs projets western :

Non, le western n’est pas mort
2022, year of the western…
3 BD très différentes avec les desperados Chris Regnault, Nicola Genzianella & Ennio Bufi

On en sait désormais un peu plus sur le projet illustré par Chris Regnault, puisqu’il s’agit de Jesse James, chez Glénat, en co-édition avec Fayard.

Jim

Jesse James

Le bandit bien-aimé.

Missouri, 1863. En pleine guerre de Sécession, la ferme des James est saccagée par une patrouille nordiste. Leur brutalité marque au fer rouge le jeune Jesse, qui n’aspire plus qu’à se venger ! Fervent partisan de la cause du Sud, il rejoint les Bushwackers de « Bloody Bill » Anderson dans leur guérilla meurtrière, apprenant à piller, voler et tuer sous couvert d’une morale viciée par le traumatisme de la guerre civile. Au rétablissement de la paix, la rancœur, le sentiment d’injustice et l’humiliation de la défaite le précipitent dans une carrière criminelle. Dans une surenchère de la violence, les quinze années qui suivent voient s’enchaîner les braquages de banques, les attaques de trains et de diligences, les règlements de comptes et les chevauchées sauvages… Jesse, son frère Frank et leur gang sont devenus les ennemis publics numéro un d’un pays qui peine à panser ses blessures, une partie de l’opinion sudiste voyant en lui un héros populaire, une sorte de justicier au grand cœur s’en prenant aux nantis pour venger l’honneur des vaincus.

Christophe Regnault et Dobbs reprennent habilement les codes classiques du genre pour nous offrir un western dense et violent servi par une mise en scène puissante à l’atmosphère crépusculaire. Accompagné par l’historien Farid Ameur, spécialiste de la conquête de l’Ouest américain, ils nous entraînent, dans un fracas de sabots, sur les pas d’une figure légendaire qui n’a pas fini de fasciner les esprits.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD (18 mai 2022)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Relié ‏ : ‎ 56 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344038485
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344038482
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 630 g

Né en 1972 dans l’Hérault, Dobbs est scénariste de bande dessinée européenne. Sociologue de formation, il enseigne l’histoire du cinéma et de la bande dessinée à l’université Montpellier III, ainsi que dans plusieurs écoles supérieures (spécialisées en audiovisuel et effets spéciaux). Il se lance dans la BD dans Le Journal de Mickey en compagnie de Philippe Fenech, au même moment où il travaille pour diverses sociétés de jeux. Son premier album, Welcome to Paradise , paraît aux éditions Carabas en 2009 (dessin de Simone Guglielmini). Il entame alors une longue collaboration avec les éditions Soleil qui donnera naissance à plusieurs albums dont Mister Hyde contre Frankenstein avec le dessinateur Antonio Marinetti ; une adaptation des Mines du roi Salomon de Henry Rider Haggard avec Dim D. ; Alamo avec Fabio Pezzi et Darko Perovi ; ou encore Scotland Yard dessiné par Stéphane Perger pour la collection « 1800 ». Toujours avec Stéphane Perger, il réalise Odyssée sous contrôle dans la collection des « Univers de Stefan Wul » chez Ankama. Il rejoint les éditions Glénat en 2017 pour lancer une série d’adaptations des plus grands romans de Herbert George Wells et participe à la collection « Ils ont fait l’Histoire », en coédition avec Fayard, pour laquelle il écrit une biographie de François Ier dessinée par Chaiko. En 2018, il adapte en BD un premier tome des Enquêtes de Nicolas Le Floch de Jean-François Parot, toujours avec Chaiko (Hachette) ainsi que l’œuvre de Zola, La Bête Humaine (avec Germano Giorgiani) avant de participer aux collections « Rendez-vous avec X » chez Comix Buro ( La Baie des cochons avec Mr Fab au dessin) et « Un pape dans l’Histoire » ( Jean-Paul II , dessiné par Fabrizio Fiorentino). Sa fierté personnelle : avoir écrit une « Bible » sur le 7e Art, Méchants : les grandes figures du mal au cinéma et dans la pop culture (Hachette), illustrée par 50 artistes venant de la BD, du jeu vidéo et du cinéma. En 2020, il lance chez Comix Buro Sa Majesté des Ours avec Didier Cassegrain au dessin. Réside dans l’Hérault.

Chris Regnault , qui signe parfois « Bis », se destine au dessin depuis son premier crayon tenu. Après avoir fait des études de dessin académique à Lyon, il illustre pour du jeu de rôle (2d sans face), travaille pour différents projets de BD pédagogiques (Une Bulle en plus), et pour la presse vidéoludique telle que IG Mag, Dofus Mag (Ankama). Il publie chez Glénat Chasseurs de Scoops en 2012, inaugure la collection « Ils ont fait l’Histoire » en signant le dessin de Philippe le Bel en 2014, et réalise les deux tomes de L’Homme Invisible en 2017, scénarisés par Dobbs. Il participe à nouveau à la collection « Ils ont fait l’Histoire » en storyboardant Churchill, Staline, De Gaulle, Elisabeth 1ère, Clémenceau, mais aussi Waterloo le chant du départ publié en 2015. Il dessine de 2018 à 2020 une centaine de couvertures pour les collections « Les Grands Classiques de la Littérature en Bande Dessinée », et « Les Grands personnages de l’Histoire en Bande Dessinée » sorties en kiosque (éditions Le Monde). Son prochain album, Jesse James, qu’il dessine et coscénarise avec Dobbs, sous la supervision de l’historien Farid Ameur, lance la collection « La véritable Histoire du Far-West » en 2022.

Chris Regnault poste sur Facebook ses recherches autour de la couverture :

Saviez-vous que pour obtenir une image « efficace » il fallait parfois une bonne cinquantaine de recherches (toutes ne sont pas sur l’image ici) ?

Je m’aperçois avec beaucoup d’émotions et de gratitude que la couverture de Jesse James (!!!sortie mai 2022 !!!) fait déjà parler d’elle ici et là, et plutôt en bien dis donc. Bloody hell !
Je ferai en sorte qu’il en soit fait des affiches, promis. Merci à tous pour l’accueil (je trépigne qu’il puisse vivre sa vie celui-là de bouquin).

Du coup, en remerciements, je distillerai un peu les étapes de réflexion et d’élaboration. Après tout, une image mérite qu’on s’y attarde et qu’on en propose les coulisse quand elle semble avoir son impact. C’est cadeau. Et y a de quoi faire.

Voici donc une galerie de recherches (et encore, elles n’y sont pas toutes !) de compositions. A partir de ces variations j’ai fait encore d’autres recherches, comme de distillations augmentées et ajustées, quelques détails changés, des éléments déplacés, pour en arriver au résultat qu’on connaît aujourd’hui. Je n’avais aucune autre idée que d’être « efficace », « dynamique », « puissant » pour l’oeil et calibrée sur le sujet du livre tout en essayant de garder les codes du genre, et dans l’idée d’une technique « peinture » à la finalisation.
… J’ai peut-être finalement appris certains trucs en bossant sur la centaine de couvertures que j’ai fait avant de m’attaquer à ce projet…

J’adore jouer avec les compositions. Un petit écart change toute la perception d’une image (même ici avec un seul élément à prendre en compte: un mec à cheval, pour faire au plus simple). Décaler le titre ou un bras, changer l’angle de vue donne une autre sensation, une autre perception de ce qui est raconté. Et c’est là toute la magie du métier, raconter différemment mais avec les mêmes choses et embarquer le spectateur dans quelque chose de précis, un ressenti.
Et toujours cette règle que j’essaie d’appliquer et qui ne démérite presque jamais: garder 60 à 70% de vide dans l’image (vide qui peut être lui même composé de beaucoup d’éléments tant qu’il est fondu dans un ensemble uniforme) pour concentrer le sujet sur le reste. Ca force l’oeil à aller directement à ce qu’on veut lui montrer et ça le fait tomber dans l’image comme dans un piège. Ca l’attrape et ça le relâche qu’une fois qu’il a détaillé l’élément principal inconsciemment, avant même qu’il s’en rende compte. Et (a priori) il est interpellé, intrigué. LESS IS MORE.

Jim

L’illustration de couverture, complète (C1 + C4, comme on dit dans le jargon) :

Jim

Une wraparound, c’est ça ?

Tori.

Chez nos amis yankees, ouais.
Je ne sais pas s’il y a un terme français consacré.

Jim

O.M.G.

C’est beaaaaaaauuuuuuuuuu.

Je verrais bien ça chez moi.

Tu pourras le déplier en vitrine dans un petit mois, déjà…
:wink:

Jim

Je ne crois pas. On pourrait utiliser différentes approches… « un visuel continu » ? « une couverture enveloppante », ça ferait penser à une jaquette.
Ton terme de « couverture complète » (même si ton intention était simplement d’indiquer que l’illustration était, là, entière) me semble bien (C1+C4, c’est un peu trop technique (et puis… Il y a le dos, aussi !)).

Tori.

Je pensais à « couverture double », aussi, mais je me dis que c’est compréhensible surtout des habitués.

Enfin bon, on s’en fout : l’image est belle.

(Cela dit, j’en viens à penser que la collection propose des « couvertures complètes » ou « couvertures doubles » sur l’ensemble de ses tomes, et donc je suis curieux, si c’est bien le cas, de voir celle de Wild Bill Hickok en entier.)

Jim

Quelques pages :

Jim