J'IRAI CRACHER SUR VOS TOMBES (Jean-David Morvan / Rey Macutay, Rafael Ortiz, d'après Boris Vian)

« J’avais toutes les filles les unes après les autres, mais c’était trop simple, un peu écœurant. »

Lee Anderson, vingt-six ans, fils d’une métisse, quitte sa ville natale après la mort de son frère noir, lynché parce qu’il était amoureux d’une blanche. Il échoue à Buckton, petite ville du Sud des États-Unis où il devient gérant de librairie. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire et musicien de blues émérite, Lee parvient sans mal à séduire la plupart des adolescentes du coin. Auprès d’une petite bande locale en manque d’alcool mais très portée sur le sexe, il mène une vie de débauche. Sans toutefois perdre de vue son véritable objectif : venger la mort de son frère.

Bien éloigné des romans habituels de Boris Vian, ce récit est probablement le plus violent, le plus cru et en même temps le plus représentatif du style « Vernon Sullivan ». À travers une histoire âpre où la sexualité, violente, est omniprésente, Vian dénonce le racisme ambiant et la condition précaire des Noirs dans le Sud des États-Unis.

Né en 1969, Jean-David Morvan est l’un des scénaristes de BD les plus prolifiques de sa génération. Il s’est d’abord essayé au dessin mais abandonne les études pour devenir scénariste. Il publie ses premiers textes dans un fanzine où il rencontre Yann Le Gall avec qui il écrira en 2001 la série Zorn et Dirna . En 1994, il publie Nomad avec Sylvain Savoia. La série Sillage , commencée en 1998 avec Buchet au dessin, remporte un succès immédiat. Il est également l’auteur des séries Troll, HK, Al Togo, Reality Show et Je suis morte . En 2009 il remporte un Silver Award au Prix international du manga pour l’album Zaya .

En 2013, chez Glénat, il donne une suite à la série Nomad avec un second cycle qu’il intitule Nomad 2.0 avec, cette fois-ci, Julien Carette au dessin. L’année suivante, toujours chez Glénat, il scénarise : Sherlock Fox (dessin de Du Yu), SpyGames (dessin de Jung-Gi Kim) et l’album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » consacré à Jaurès .

Auteur philippin, Rey Macutay a commencé sa carrière comme illustrateur au début des années 1990, à peine sorti du lycée. À ce moment, il réalise des dessins pour des nouvelles, des romans ou des histoires courtes pour plusieurs magazines de bande dessinée aux Philippines. Peu après, en 1995, il commence à travailler comme storyboarder pour des studios d’animation à Manille. En 2005, après plus de dix ans dans l’animation, il se lance dans la publicité, en réalisant notamment des storyboards de spots TV, tout en gardant de côté des projets de bande dessinée.

Rafael Ortiz est un dessinateur, illustrateur et caricaturiste Argentin. Il a notamment travaillé dans le comics sur la série Dan The Unharmable éditée en France par Panini. Chez Glénat, il réalise les dessins de Mao Zedong dans la collection Ils ont fait l’Histoire.

  • Relié : 112 pages
  • Editeur : Glénat BD (11 mars 2020)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 234402056X
  • ISBN-13 : 978-2344020562

Surveillez Rey que je connais bien, c’est un artiste très très doué.

Blacki, l’ami des stars, le Stéphane Bern de la BD.

Jim

Quelques images postées par Jean-David Morvan sur la toile :

Jim

En plus y’a du poulet

Il doit pas être industriel, lui !
:wink:

Jim

Rien ne le prouve !

Pas de ça chez Boris Vian, monsieur !

Jim

Il a fallu le temps, mais je viens seulement de comprendre que cette année, c’est le centenaire de la naissance de Boris Vian. Cela explique donc les divers projets éditoriaux qui naissent en ce moment.

Par exemple, ces temps-ci, Delcourt propose deux rééditions d’adaptations, L’Arrache-cœur et L’Écume des jours. Là encore, Jean-David Morvan est impliqué.

Jim

Dont un roman posthume :

Six membres de l’OULIPO poursuivent le roman policier inachevé et inédit de Boris Vian, dans les pas d’un héros de la guerre de Corée qui réalise à son retour que ses anciennes conquêtes féminines disparaissent les unes après les autres.

Décembre 1950. Frank Bolton, un jeune colonel de l’US Army, rentre de la guerre de Corée avec une main en moins. À peine sa famille et sa ville natale retrouvées, il s’aperçoit que, l’une après l’autre, toutes les filles qu’il a aimées tombent sous les coups d’un assassin. Avec Narcissus, son ami détective, il se lance sur sa piste dans une noirceur croissante.

Boris Vian imagina le déroulé de ce roman aux accents sullivanesques, en écrivit quatre chapitres et s’arrêta là. Pour les cent ans qu’il aurait eus, ses héritiers ont confié à l’OuLiPo la mission d’écrire la suite manquante. L’Ouvroir a répondu oui.
Un cadeau pareil, on n’y échappe pas.

J’ai un sujet de roman policier que j’écris pour Duhamel (série noire). C’est un sujet tellement bon que j’en suis moi-même étonné et légèrement admiratif.
Si je le loupe, je me suicide au rateloucoume et à la banane frite.
Boris Vian.
Vian

Fichtre.

Merci.

Jim