JULIO POPPER, LE DERNIER ROI DE TERRE DE FEU (Matz / Léonard Chemineau)

Discutez de Julio Popper, le dernier roi de terre de feu

Une mauvaise langue (qui se reconnaîtra) avait dit récemment, quelque part sur le forum, que le scénariste Matz n’écrivait plus rien d’intéressant ces dernière années.

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Je m’inscris en faux après la lecture de Julio Popper, le dernier roi de Terre de Feu, l’évocation d’une figure d’aventurier intéressante et atypique. Le personnage éponyme est un géologue, chimiste, explorateur polyglotte, venu de l’Europe pour faire fortune en Argentine. Utilisant la science afin de dénicher des filons d’or, il s’attire les bonnes grâces des sphères du pouvoir argentin, jusqu’à ce que les difficultés d’extraction suscitent des problèmes qu’il résout avec son énergie habituelle.

L’évocation historique est plutôt pas mal, le récit fonctionne de manière assez elliptique, mais le destin du personnage étant court, cela ne donne pas l’impression qu’on saute des étapes. En filigrane, et même si ce n’est jamais dit clairement, le scénariste se sert du personnage pour incarner une certaine modernité, celle de l’extinction des tribu ancestrales, de la pollution des sols, du massacre des espèces pour raisons commerciales. Des dialogues entre Julio et son jeune frère Maximo, apparemment à portée un peu humoristique, trahissent le côté dangereux des entreprises du premier : “j’ai de nouvelles idées” apporte toujours son lot de complications et de conséquences indésirables. Mais le scénariste a l’intelligence de ne pas en faire le sujet du récit, réservant cette dimension au domaine du non-dit.

Question dessin, le récit est confié à Léonard Chemineau, dont je découvre ici le travail. Il a aussi collaboré avec Matz sur Le Travailleur de la nuit. Son trait, qui lorgne parfois vers le semi-réaliste, mais il accorde un soin évident aux décors et à la reconstitution historique. Parfois, une bulle déborde maladroitement sur la bande du dessus ou du dessous, mais dans l’ensemble, le lettrage et le bullage sont plutôt pas mal.

Chouette surprise, qui a l’avantage d’être un récit assez court, également.

Jim

ça, j’ai adoré !