KING IN BLACK #1-5 (Donny Cates / Ryan Stegman)

Oui, beaucoup d’action, mais il y a des pauses. Elles sont souvent courtes. C’est rare par exemple qu’il consacre un épisode à souffler un peu. Les récits sont toujours tendus. Dans le début d’Absolute Carnage, la rencontre avec Spidey dans le bar pourrait jouer cette fonction (et la joue en partie), mais c’est toujours axé autour des soucis à venir, toujours en prévision de l’intrigue. Tout est au service de l’intrigue. C’est cohérent par rapport à son travail visant à organiser les différentes pistes inabouties liées au personnage, mais effectivement, ça peut créer une routine. Moi, j’aime bien, d’autant que la série et ses cross-overs sont colorisées par Arbutov qui leur donne une cohérence serrées. Et je suis assez sensible aux pauses, aux cases d’émotion, à ces petits instants muets ou presque. Mais c’est vrai que c’est rare, le récit donne l’impression d’être en constant état de siège.
Après, outre le fait qu’il a l’âge d’être inspiré par des trucs que nous avons découvert alors que nous avions déjà de longues années de lecture, je crois aussi qu’il tente d’en mettre un max dans ses numéros très vite. Ses mystères ne traînent pas. J’évoquais brièvement le personnage de Virus, qui est à mon sens un hommage ou clin d’œil à la tradition des Goblin dont les identités étaient souvent l’objet de longues mystères et de révélations tardives. Donc il nous propose un pseudo Goblin d’énième génération, ouvertement construit de bric et de broc et qui a visiblement un compte à régler avec Brock qui pourtant ne le reconnaît pas… Et paf, au bout de deux épisodes, Cates dévoile le truc. Je pense qu’il ne veut pas faire durer les intrigues (le grand plan, ouais, sans doute, toute l’histoire de Knull court depuis trente numéros et quoi, deux ans, en gros… mais pas les arcs ni les développements en cours). Et je pense que c’est lié à certaines de ses expériences éditoriales malheureuses, notamment Ghost Fleet. Dans les bonus, il explique que la série était prévue (de mémoire) sur douze épisodes et a été réduite à huit. De là, j’en conclus, sans doute abusivement, qu’il tente de balancer un max de choses très vite, afin de pouvoir plier les choses assez vite sans sentiment de non-dit s’il était forcé à le faire. Je fais peut-être de la surinterprétation, mais ça me semble assez cohérent, somme toute.

Jim