KRONOS, LE CONQUÉRANT DE L'UNIVERS (Kurt Neumann)

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REALISATEUR

Kurt Neumann

SCENARISTE

Lawrence L. Goldman, d’après une histoire de Irving Block

DISTRIBUTION

Jeff Morrow, Barbara Lawrence, John Emery…

INFOS

Long métrage américain
Titre original : Kronos
Genre : science-fiction
Année de production : 1957

Décédé en 1958, Kurt Neumann était un réalisateur d’origine allemande spécialisé dans le cinéma de genre. Artisan solide, à l’aise dans tous les registres, on lui doit de nombreuses comédies, des westerns, des films de Tarzan avec Johnny Weissmuller ainsi que quelques productions de S.F. et d’horreur devenus depuis des classiques du genre. C’est lui qui a réalisé La Mouche Noire avec Vincent Price, sorti peu de temps après sa mort, et rentré dans la postérité pour avoir inspiré le chef d’oeuvre de David Cronenberg, La Mouche.

Sorti en 1957, Kronos est l’une de ses notables incursions dans la science-fiction, avec un résultat qui tient encore très bien la route.
Des scientifiques suivent la progression d’un étrange météore se dirigeant vers la Terre. Lors de son entrée dans l’atmosphère, l’armée le bombarde et celui-ci se crashe dans l’océan, près du Mexique. Mais la Terre n’est pas sauve pour autant. Une machine surgit des mers, une construction extra-terrestre gigantesque (que les savants baptiseront Kronos, d’après le Titan mythologique) qui se met alors inexorablement en marche, siphonnant toute les réserves énergétiques et détruisant tout sur son passage.

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Malgré un budget réduit avant le tournage, Kurt Neumann a su tirer parti des moyens à sa disposition pour trousser une série B de qualité, en soignant ses scènes d’exposition tout en concoctant une atmosphère mystérieuse à souhait et en fignolant des scènes de destruction spectaculaires (pour l’époque, bien sûr) lors de l’implacable avancée de Kronos. Ces moments forts, restitués avec une grande efficacité via des plans de villes et de campagnes détruites et de foules en panique, rappellent d’ailleurs les dégâts causés par les monstres des kaiju eiga, ces films japonais dont Godzilla est le plus illustre représentant.

L’une des astuces du scénario est cette prise de contrôle de l’un des savants par Kronos, afin que celui-ci lui révèle les emplacements stratégiques des réserves énergétiques de la Terre. L’emprise n’est pas complète et lorsqu’elle se relâche, le scientifique révèle les origines de la machine, envoyée sur Terre par une race alien dont l’exploitation irraisonnée des ressources naturelles de leur planète les a conduit à leur perte et qui ont décidé de cannibaliser les autres planètes pour assurer leur survie. Un sujet passionnant, qui donne à cette histoire son cachet particulier.

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Kronos n’échappe pas à certains clichés inhérents aux séries B de S.F. des années 50, notamment un pseudo bla-bla scientifique peu crédible et une résolution qui prête un peu à sourire (mais bon, j’ai vu pire dans Independance Day), mais le film a suffisamment de qualités pour faire oublier ses défauts et son côté daté. C’est bien réalisé (malgré quelques légers faux raccords lors de l’inévitable utilisation de stock-shots); les personnages sont bien campés; les effets spéciaux, loin d’être déshonorants, assurent le spectacle; et le tout monte bien en puissance, entre une première partie au suspense bien dosé, très “calme avant la tempête”, et une seconde moitié beaucoup plus nerveuse.