LA BÊTE DE LA CAVERNE HANTEE (Monte Hellman)

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REALISATEUR

Monte Hellman

SCENARISTE

Charles B. Griffith

DISTRIBUTION

Michael Forest, Sheila Noonan, Frank Wolff, Wally Campo, Richard Sinatra…

INFOS

Long métrage américain
Genre : thriller/horreur
Titre original : Beast from haunted cave
Année de production : 1959

“J’ai rencontré Roger Corman par l’intermédiaire de ma femme Barboura Morris, qui avait joué dans quelques-uns de ses films. J’avais réussi à le convaincre d’investir 1.000 dollars dans une petite compagnie théâtrale qu’on avait monté tous les deux. On a fini par fermer boutique. Roger m’a alors dit : “c’est peut-être le signe que tu devrais faire autre chose”. Il m’a alors engagé sur le champ pour réaliser La Bête de la Caverne Hantée. Il m’a payé 1.000 dollars. On a pas eu besoin de contrat, on s’est juste serré la main. Et dans ce métier, une poignée de main de Roger Corman était plus fiable que la plupart des contrats”.

Et c’est ainsi que Monte Hellman eut l’occasion de réaliser son premier long métrage, à “l’Université Roger Corman”. Un tournage difficile, en extérieur, dans les forêts du Dakota du Sud. La température dépassait rarement le zéro et l’équipe et les acteurs se sont exclusivement nourris de sandwiches et de chocolat chaud pendant les quelques jours du tournage. Pour Corman, l’important était que le film soit mis en boîte dans les temps, sans dépassement du (maigre) budget. C’est une leçon que tous les apprentis metteurs en scènes qui ont débuté chez lui ont appris…et si Monte Hellman n’est pas le plus connu, il n’en est pas pour autant le moins intéressant (voir les billets de l’ami Photonik sur ses westerns The Shooting et L’Ouragan de la Vengeance).

Ses débuts sont par contre moins mémorables. Le scénario de Charles B. Griffith, collaborateur fidèle de Corman pour le meilleur (La Petite Boutique des Horreurs) et pour le pire (La Créature de la Mer Hantée), n’est qu’un recyclage à peine déguisé du Naked Paradise sorti deux ans plus tôt, la principale différence étant le changement de décor (la montagne se substitue à la mer)…et l’ajout d’un monstre.

L’intrigue prétexte est minimaliste (un gang se sert d’une expédition en montagne comme alibi pour leur dernier casse), la romance entre le guide de haute montagne et la petite amie du chef de gang est superficielle et les scènes de remplissage ne manquent pas, ce qui occasionne de nombreuses longueurs (et pourtant, le film ne dure que 70 mn). L’horreur survient lorsque les agissements des bandits réveillent une créature qui était restée jusque là bien planquée dans une mine abandonnée…

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Astucieusement, Monte Hellman ne fait que suggérer les agissements du monstre dans un premier temps, car dès qu’il apparaît complètement à l’écran dans le dernier quart d’heure, celui-ci ne fait guère illusion. Créature qui ressemble vaguement à une araignée géante faite de fils et de vieux chiffons, la bête emmène ses malheureuses victimes dans son antre pour se nourrir de leur sang. Et c’est là que le métrage retrouve un certain intérêt après une première heure vaguement ennuyeuse. Malgré le peu de moyens à sa disposition, Hellman est tout de même arrivé à instaurer une atmosphère particulière à ce final, presque étrange et inquiétante, grâce aux éclairages et aux mouvements saccadés du monstre (effet accentué par le montage).
L’ultime plan, joliment ciselé, tel un tableau macabre, est visuellement très accrocheur.

Lorsqu’il partait pour un tournage en extérieur, Roger Corman le rentabilisait toujours en tournant deux longs métrages à la suite. Donc, pendant qu’il faisait les préparations de son film de guerre Ski Troop Attack, il a laissé le soin à son frère Gene de s’occuper de la production de La Bête de la Caverne Hantée. Et c’est pour cela que ces deux minuscules séries B ont en commun la même distribution et les mêmes décors.

Toujours aussi intéressant ce Ciné-Club, merci !

Un peu dans le même ordre d’idée, il faut voir le film Trumbo qui s’attarde notamment sur le passage à vide de Dalton Trumbo obligé de travailler un temps pour les King Brothers Productions, je pense que ça donne une idée de ce devait être de travailler pour Corman. :wink:

Je n’y manquerai pas, c’est sûr…le sujet m’intéresse beaucoup…