LA CASE MÉMORABLE

Quand on parle de"case", il s’agit d’une vignette de bande-dessinée, donc d’un élément d’une continuité narrative. Elle est un élément d’une suite de cases, si vous préférez.
Elle peut figurer le début d’une action (on peut parler de case d’exposition - genre la grande case qui ouvre l’album d’Astérix), une étape de son déroulement (même si la BD fonctionne par ellipses, on ne peut pas tout éluder) ou un aboutissement (genre la scène du banquet d’Astérix - mais elle ne clôt pas obligatoirement le récit, juste l’action.) Par exemple :

La première vignette montre le début de l’action (des vampires se préparent à attaquer) et la situe dans l’espace et dans le temps (une ferme, la nuit) ;
La seconde montre l’action en cours (les vampires pénètrent la maison) ;
la 3e montre la fin de l’action (le vampire agresse le fermier : l’action ne semble pas achevée - le fermier non plus - mais sur cette vignette se termine le récit en flash-back - dites “analepse” pour vous la, péter dans les cocktails mondains - donc il s’agit bien de la case finale.)

La case va nous marquer pour une raison X ou Y : parce qu’elle présente un coup de théâtre ou un cliffhanger (par exemple, l’apparition de Galactus à la fin d’un épisode des Fantastic Four), un retournement de situation (Arcade éclate de rire lorsqu’il annonce à Fatalis que Diablo s’est évadé de son piège), parce qu’elle met en exergue le moment de tension paroxystique d’un récit (le fameux climax - par exemple, Iron Man décoche le coup de poing fatidique qui va mettre Hulk KO debout), une action saisie dans son déroulement (Giraud était marqué par une vignette de Jigé montrant un indien se ruant sur Jerry Spring alors que, simultanément, le cow-boy ouvrait le feu avec son fusil sur son agresseur cf. Les cahiers de la BD) etc.

La case mémorable n’est pas nécessairement le fruit d’une prouesse graphique particulière (elle fait partie d’une suite or un dessinateur n’est pas un illustrateur, il ne pense pas ses cases séparément mais en fonction de l’action qu’il veut rendre), néanmoins elle marque le lecteur (peut-être plus qu’elle ne le devrait) au point qu’il en garde le souvenir et l’embellit… Au risque d’être un peu déçu quand il la revoit. Par exemple, un de mes amis était marqué par la vue en coupe du Baxter Building dans un récit des Fantastic Four.

Est-ce qu’un dessin de couverture est une case mémorable ? Oui et non.

Non parce que le dessin de couverture n’appartient pas à une suite : il synthétise une action clé du récit en BD voire plusieurs actions, et annonce le contenu du livre. Il est donc autonome. (Et parfois, il n’est pas l’œuvre du dessinateur du récit - cf. les cover artists des comics - ou il est exécuté dans un style radicalement différent - cf. les couvertures peintes des albums franco-belges - les couvertures des Chevaliers du Ciels ont d’ailleurs été refaites pour que Tanguy et Laverdure ressemblent à leurs incarnations télévisuelles, ce qui laissait perplexe le jeune lecteur lorsqu’il découvrait la tête de Laverdure dans l’album !)

Oui, parce que certaines cases synthétisent une action : par exemple, la fameuse vignette de Tintin(que je me garderai de reproduire), tirée de l’album Le Crabe aux Pinces d’Or, dans laquelle Hergé décompose à travers l’attitude de différents berbères le mouvement de fuite des pillards effrayés par les cris de colère du capitaine Haddock (en réalité, ils sont effrayés par l’approche d’une colonne de méharistes… Peut-on parler de double focalisation ? Non. ça suffit pour ce post la masturbation cervicale !)

Donc, postez les images de BD qui vous ont marquées, ce qui compte, c’est de se faire plaisir.

[quote=“Selina”]
Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de lire le récit en France, vous pouvez le lire en tout cas intégralement dans un excellent omnibus de plus de 700 pages. Voila ma modeste contribution, j’espère que cela vous donnera envie de lire cette histoire.[/quote]

La série n’était plus traduite en france… On s est arrêté aux épisodes de Stern/Byrne pour reprendre avec Waid et Garney (Soit les périodes Dematteis et Gruenwald non traduites). On a eu juste Streets Of Poison.
Pour moi, c est un des meilleurs ties Ins de Acts avec Punisher War Journal (Où Pupu est confronté à Bushwacker, qui lui aussi a failli être prêtre) et Daredevil (Ultron par Nocenti).
C était le chant du cygne de Dwyer sur le titre!
Tres bon tie in!!! une des meilleures histoires de Magneto, pour moi.
Au départ Magneto interroge le Skull car ce dernier était censé être mort à la fin de Cap 300. Il revient au 350 où on apprend que son esprit à été transféré dans un clone de Rogers par Zola mais Cap pense que c est un imposteur jusqu au 370-371…

J’ai lu la Couronne du Serpent hier (et je me suis aperçu que je ne connaissais pas cette saga).
Et on y voit donc la “naissance” de Hellcat!

Alors c’est assez intéressant, parce que la splash page de Hellcat m’a rappelé un souvenir.
Je me suis dit, tiens ça me rappelle quelque chose, mais cette aventure, je ne m’en rappelle pas.
Donc, je me suis rué sur un de mes Strange Special Origines, où il y a la naissance de la Chatte (avant qu’elle ne devienne Tigra il me semble que c’est la même, je n’ai pas relu l’épisode).

Et donc, effectivement, les deux postures sont identiques. Clin d’oeil, je suppose?
Et c’est mémorable pour moi, parce que j’aimais beaucoup cette image, très sexy!

Sans doute, vu qu’il me semble que Hellcat reprend le premier costume de Tigra (quand elle s’appelait The Cat).

Une bourde de traduction extraite de l’album Martin Mystère, Le Secret de Saint-Nicolas, (novembre 2000, éditons Sémic), p. 207. Un témoin raconte le bombardement fatal du croiseur américain John Harwey à Bari, le 2 décembre 1943. Une bombe provoque l’explosion du bâtiment (1). Or, dans la 2e vignette, celui-ci est rebaptisé… Santa Barbara.


L’explication ? La traductrice a confondu le nom italien de la Sainte-Barbe (nom donné à la poudrière sur un navire de guerre) avec le nom du vaisseau. Et cela aura échappé au relecteur (s’il y en a eu un…)

(1) On est censé dire “bâtiment” lorsqu’on parle d’un navire de guerre.

La même erreur se retrouve, de mémoire, dans la Ballade de la mer salée, d’Hugo Pratt.

Si les Italiens parlaient français, ça n’arriverait pas.

Dans Spirou 37, Le Réveil du Z (1988), de Tome et Janry, page 1, une allusion perfide à un éminent personnage de SF :

(Le lecteur ressemble à Coluche…)
Plutôt sympa, cette période de Spirou. :slight_smile:

Alors si quelqu’un l’a c’est une toute petit case de la mort de captain marvel. On y voit son pied et un pistolet brisé ainsi qu’une petit tige métallique. Je me souviens avoir passé des heures gamin sur cette image à me demander comment on pouvait intégrer cette tige dans le pistolet. :unamused:

C’est tout à fait mémorable pour moi

Les questions métaphysiques qu’on se pose, enfant…

Nouvelle case marquante due à **George Perez **(encreur ?) dans *La Ligue de Justice *(DC-Arédit, 1982).

Darkseid, le dieu du mal est mort à l’issue de la série New Gods (alors abandonnée par Jack Kirby). Il se manifeste alors à des pions terriens qui seront l’instrument de sa résurrection.

Dans cette vignette (panoramique verticale), le dieu crève le sol et se dresse de toute sa hauteur. Il a l’aspect d’un gigantesque golem composé de béton et de pierres. Les canalisations évoquent des serpents autour de lui puis dessinent des veines saillantes sur son corps minéral. Bien qu’il ne s’agisse que de matière animée, Darkseid semble présent, habité par la colère et l’esprit de revanche. Devant lui, les vilains paraissent minuscules, écrasés par une force qui les dépasse.

Une image qui m’avait marqué tant Perez avait su rendre la fureur et la puissance du dieu vindicatif.

C’est plutôt une séquence.
mais c’est vrai que ça marque.

Une autre.
Lorsque j’apercevais mon grand-père entrer chez le père Sahut (le marchand de journaux du bourg), je me collais dans son sillage avec l’espoir de me faire offrir un “illustré”. Ce jour-là, comme souvent, pépé était disposé à m’offrir une BD, à condition que ce ne soit pas “des pifs et des pafs” (comprendre Pif Gadget ou assimilé.) Je jetais alors mon dévolu sur une revue dont la couverture, dynamique m’attirait…

On y voyait une créature de métal, dans une pièce remplie d’ordinateurs, qui tentait de foudroyer de son regard un homme costumé en diable et sa compagne tout de noir vêtue… tandis que, derrière lui, deux êtres, en métal également, pénétraient dans le laboratoire. Cette scène avait quelque chose de fascinant. Elle donnait envie de voir à l’intérieur…

Auto-promotion pour Arédit.
Le type à la mitraillette m’avait impressionné.

Ah, il a plus de gueule en BD, Jean Dujardin, ça c’est sûr.

Mais où est ce que vous allez les chercher vos illustrations. Vous les scannez ?

La plupart du temps, oui, mais là, c’est Psycho Pirate du forum Buzzcomics qui a eu l’obligeance de le faire. :mrgreen:

Arishem, commandant de la 4e armée.
(Les Eternels, Jack Kirby, Marvel-Panini.)

Cette case là est mémorable pour moi à plus d’un titre.

D’abord, c’est du Kirby. Et quand Kirby dessine un dieu cosmique, ça crache. Kirby, c’est beau en noir et blanc. Mais là, avec un jeu de couleurs primaires (armure rouge, reflets jaunes, paysage cosmique bleuté et jaune), ça donne envie d’être peintre !

Ensuite, c’est le moment-clé du préambule : les dieux cosmiques reviennent sur Terre et leur Chef pose le pied sur notre planète en attente de jugement. L’effet est dramatique. C’est le premier dieu qui se manifeste dans le récit et c’est un dieu de colère et de vengeance ! Une idole démesurée et sans visage. Un mélange de références bibliques et païennes. Un cliffhanger imparable.

Enfin, cette image a été reprise une 2e fois… pour annoncer l’arrêt inopiné de la publication de la série dans Strange, en raison des “mises en garde répétées” des sagouins de la censure - un prétexte des éditions Lug, en fait, pour stopper la série et passer un double épisode de Spider-Man. J’en conçus un intense sentiment de frustration à peine calmé par la découverte de quelques épisodes diffusés à la sauvette par Arédit dans des fascicules de poche (L’Inattendu)… Inutile de dire que je me suis rué sur la tardive édition française intégrale.

Zaït, cette aventure est elle antérieure à la saga du Silver Surfer? Parce qu’on décèle un lointain cousinage avec le Dévoreur de planètes et ce Diable là.

Non, elle est postérieure de sept ou huit ans. Kirby avait quitté Marvel, lancé le Fourth World chez DC puis était retourné chez Marvel où il a démarré ce récit.

Dans l’album Namor n°8, Submariner contre Spiderman (Arédit 1980), deux épisodes des Défenseurs sont proposés en back-up (la série vagabondait des Hulk collection Flash, petit format en NB aux albums Artima en couleurs, tantôt Gamma, tantôt Namor… au gré des trous à boucher.)

Où l’on apprend que Docteur Strange peut être facétieux…

ça mettrait de l’animation dans les meetings.

Où on voit apparaître des elfes flingueurs anti-féministes.

Aucune information n’a ensuite été donnée sur le personnage ni ses motivations.

Et une case marquante (signée Sal Buscema et Klaus Janson)

Une sorcière revient sur terre avec ses acolytes médiévaux.