LA CITE PETRIFIEE (John Sherwood)

REALISATEUR

John Sherwood

SCENARISTES

Norman Jolley et Robert M. Fresco, d’après une histoire de Jack Arnold

DISTRIBUTION

Grant Williams, Lola Albright, Les Tremayne, Trevor Bardette…

INFOS

Long métrage américain
Genre : science-fiction
Titre original : The Monolith Monsters
Année de production : 1957

La Cité Pétrifiée (The Monolith Monsters en V.F.) met en scène l’une des invasions extra-terrestres les plus étranges de la S.F. des années 50. En effet, l’ennemi n’est pas un extra-terrestre, un robot, un insecte géant ou un monstre parabole de la menace communiste.

Non, la menace venue de l’espace est…un gros rocher. Un météore qui éclate en morceaux après son crash dans un désert californien.
Un géologue découvre un de ces blocs de pierre noire et le ramène dans son laboratoire pour en découvrir l’origine. Le lendemain, son collègue Dave Miller retrouve le laboratoire dévasté par un immense rocher et le géologue sans vie, littéralement pétrifié. Les incidents de ce genre se multiplie et Dave, aidé par son ancien professeur, va découvrir la terrible vérité : au contact de l’eau, les fragments de météorite grandissent et deviennent de gigantesques monolithes…

À l’origine du projet, on retrouve le cinéaste Jack Arnold, un de mes cinéastes préférés dans le genre qui nous intéresse ici. On lui doit des classiques tels que Le Météore de la Nuit, L’Etrange Créature du Lagon Noir et sa première suite, Tarantula et L’Homme qui rétrécit. Il devait d’ailleurs réaliser La Cité Pétrifiée, dont il a élaboré la trame de l’histoire, mais une question d’emploi du temps (son engagement sur le film noir The Tattered Dress, tourné à la même période) en a décidé autrement. Les commandes ont donc été confiées à John Sherwood, un prolifique réalisateur de seconde équipe disparu prématurément en 1959 et qui n’a lui-même exercé la fonction de metteur en scène qu’à trois reprises. Outre La Cité Pétrifiée, il a également réalisé en 1956 un western et le troisième film de la série de La Créature du Lagon Noir, La Créature est parmi nous.

Si Jack Arnold n’a pas réalisé La Cité Pétrifiée, on retrouve bien sa patte dans ce postulat délirant traité sur un ton sérieux. Le scénario ne s’embarrasse pas d’explications sur la nature des rochers venus de l’espace et privilégie la mise en place d’un climat de tension savamment entretenu. Les fameuses explications pseudo-scientifiques propres au cinoche de cette époque peuvent prêter à sourire, mais l’implication des comédiens (dont Grant Williams, le héros de L’Homme qui rétrécit), le rythme palpitant et les visuels saisissants contribuent à faire de La Cité Pétrifiée un modèle (un peu oublié) du genre, aussi efficace que divertissant.

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Les trucages photographiques et le travail sur les miniatures sont absolument excellents et participent à la véracité de la menace. On les doit à Clifford Stine, qui s’était notamment illustré deux ans plus tôt sur Les Survivants de L’Infini. Les effets sonores permettent d’insuffler une vie supplémentaire à ces gigantesques monolithes dans des scènes très réussies, avec de belles idées de mise en scène qui font oublier le budget relativement peu important.

Pour qui a vu beaucoup de séries B de S.F. de cette époque, la structure scénaristique de La Cité Pétrifiée reste d’un grand classicisme dans son déroulement, mais l’originalité de la menace et le rythme imprimé à cette production solide en font un spectacle tout à fait savoureux.