LA COULEUR DES CHOSES (Martin Panchaud)

Fallait juste attendre que j’en ai envie (la thématique de mon prochain club BD m’y a aidé aussi)

Je crois que j’ai beaucoup plus aimé que Ginevra, parce que j’aurais bien mis largement au-dessus de 7.
J’ai lu le bouquin en trois fois, en moins de 12h (pourtant, j’étais vanné hier soir). C’est bien surprenant de prime abord, mais en 2 pages, j’ai bien compris le principe et le fonctionnement, et après, ça a roulé. Le storytelling de ce livre est assez épatant parce que malgré les différentes formes de narration, c’est très fluide, très clair. Cette vision en vue plongeante sans perspective laisse tout de même la part belle à l’imagination du lecteur. On est presque entre le livre sans image et la BD pour ce qui est du fonctionnement de la lecture (du moins, sur moi).
Le récit est un mélange entre du polar et de la comédie, avec un ado bedonnant (et pas très futé je pense) en perso principal. La chemin de ses aventures est à la fois drôle (y a de bonnes répliques par moment - le coup de vaginette par exemple, mais beaucoup servent aussi à critiquer une administration - personnel administratif - qui ne comprend pas ou n’écoute pas souvent ceux qui sont devant eux ou qu’ils doivent aider, et qui sont aussi un peu en marge du fonctionnement), mais aussi touchant (le rapport à la mère, tout ça), notamment à la fin (ouais, très touchante). Martin Panchaud arrive aussi à implanter des interludes, qui servent au récit, mais qui apporte aussi une sorte de respiration plutôt inattendue et rigolote à la lecture.

Assez émerveillé je suis quand j’arrive à la page des remerciements, et là, on apprend par l’entremise d’une phrase que l’auteur est dyslexique, sans qu’il en fasse plus de cas. Mais dans mon cerveau, ça fait tilt ! Parce que la première apprentie que j’ai eue, j’ai pris le poste que j’occupe actuellement, était dyslexique. Personne ne m’avait prévenu (elle non plus d’ailleurs), je n’avais jamais eu l’occasion de voir quels symptômes pouvaient entrainer ce genre d’handicap, et vous vous doutez bien que j’ai été surpris quand j’ai vu la première version de son rapport d’apprentissage (un mélange de kab et du Mallrat, dans un shaker, avec une pincée de nemo dedans, le tout x10). J’appréhendais donc énormément son oral. je lui avais juste dit que les powerpoint, « c’est pas fait pour mettre du texte »*, donc qu’il fallait qu’elle en profite. Et là, je crois qu’elle m’a fait le meilleur oral que j’ai pu voir de l’ensemble des mes apprentis (et pourtant, ça n’a pas toujours été simple avec elle, on avait encore quelques stigmates chez des clients après son départ), parce qu’elle n’a quasiment pas mis de texte. juste des dessins, des schémas, des formes… et je ne sais pas pourquoi, mais je fais un lien avec La Couleur des Choses, mais je me trompe peut être.

Ce bouquin mérite vraiment qu’on s’y intéresse, et sincèrement, la lecture n’est pas compliquée. Et y a des trouvailles très sympa.
C’est une autre forme de plaisir que celle de voir des pages dessinées, comme on aime tant.

*citation de Monsieur Nikolavicth, après une de ses conf’ à Angoulême, dans une autre décennie, mais je ne sais plus laquelle.