LA CRÉATURE DE LA MER HANTÉE (Roger Corman)

affiche

REALISATEUR

Roger Corman

SCENARISTE

Charles B. Griffith

DISTRIBUTION

Antony Carbone, Betsy Jones-Moreland, Robert Towne…

INFOS

Long métrage américain
Genre : comédie/horreur
Année de production : 1961

Sorti en 1961, La Créature de la Mer Hantée a été en fait tourné l’année précédente, en même temps que La Dernière Femme sur Terre, dont je vous ai déjà parlé ici. Pour rentabiliser au maximum le déplacement de ses équipes de tournage à Porto Rico, ce vieux grigou de Roger Corman avait décidé de produire deux films à la fois, dans deux styles très différents, mais avec le même trio d’acteurs principaux : Antony Carbone, Betsy Jones-Moreland et le scénariste Robert Towne qui faisait aussi (et pas très bien) l’acteur sous le pseudonyme de Edward Wain. Corman a même poussé les économies jusqu’à utiliser les mêmes costumes (on reconnait notamment le maillot de bain une pièce de l’actrice principale dans les deux films).
La Dernière Femme sur Terre est un film post-apocalyptique se distinguant par son traitement pessimiste basé sur l’étude de caractère de trois personnages tentant de recréer une “micro-société” après la fin supposée du monde. La Créature de la Mer Hantée est ce qu’on appelle un “creature feature”, un film de monstres tel qu’il en sortait à la pelle à l’époque (et une tripotée venaient des productions de Roger Corman), et plus particulièrement une parodie de “creature feature”, puisque La créature de la Mer Hantée est une comédie. Mais une comédie hélas plus affligeante qu’amusante…

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Comme souvent, Roger Corman soigne cet important élément de promotion qu’est l’affiche et comme souvent, celle-ci ne reflète absolument pas le résultat final, tout comme le générique jazzy et cartoony par lequel débute le film. Corman et son scénariste tentent de mélanger plusieurs genres en ancrant d’abord leur histoire dans la réalité historique de l’époque et les remous qui ont secoué l’île de Cuba, puis en ajoutant une touche d’espionnage par l’intermédiaire d’un agent secret gaffeur interprété par Robert Towne qui infiltre le gang du mafieux italo-américain Renzo Capetto. Le long métrage tourne autour du vol d’une cargaison d’or cubain par le gangster qui veut se débarrasser de ses passagers, les véritables propriétaires de l’or, en leur faisant croire à l’existence d’un monstre marin. Mais ce dont il ne se doute pas, c’est que ce monstre existe…et qu’il est totalement ridicule…

L’histoire est sans queue ni tête et est surtout prétexte à de longues plages de discussion ennuyeuses, des scènes sous-marine atrocement photographiées qui font office de remplissage et à un humour particulièrement lourdingue qui tombe à plat à la moindre occasion. Il faut voir Peter Jr, homme de main de Renzo Capetto, ponctuer toutes ses interventions par des cris d’animaux parce que des coups répétés sur la tête l’ont rendu complètement stupide.

Et cette fameuse Créature de la Mer Hantée, me direz-vous ? Corman ne la fait intervenir que dans le dernier acte, d’abord par des plans suggérés avant de la révéler dans toute la splendeur de son comique involontaire. Sorte de rejeton dégénéré d’un personnage de 1, Rue Sésame, ce gros tas d’algues aux yeux en boules de billards qui avait fait les beaux jours des Craignos Monsters de J.P. Putters comble à peine 5 minutes d’un scénario alambiqué qui part dans tous les sens.

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Mal écrit, mal rythmé, ponctué par une voix-off horripilante et pas drôle du tout malgré toutes les bonnes intentions des auteurs qui se matérialisent par quelques scènes et dialogues non-sensiques (alors que c’est un type d’humour qui fait d’habitude du bien à mes zygomatiques), La Créature de la Mer Hantée fait partie des gros ratages de son réalisateur.
Même s’il ne manque pas de défauts, La Dernière Femme sur Terre, avec les mêmes acteurs donc, est qualitativement d’un autre niveau…