LA FEMME GUÊPE (Roger Corman)

REALISATEUR

Roger Corman

SCENARISTE

Leo Gordon, d’après une histoire de Kinda Zertuche

DISTRIBUTION

Susan Cabot, Anthony Eislay, Barboura Morris, Michael Mark…

INFOS

Long métrage américain
Genre : science-fiction/horreur
Titre original : The Wasp Woman
Année de production : 1959

The Wasp Woman, c’est un peu la réponse de Roger Corman à La Mouche Noire de Kurt Neumann sorti l’année précédente…
Après plusieurs productions surfant sur la vague des “monstres atomiques”, pleins de crabes géants et autres sangsues géantes, le réalisateur/producteur s’emploie cette fois-ci à décrire les terribles conséquences d’une expérience scientifique qui a mal tourné.

Janice Starling est la PDG d’une entreprise de cosmétiques qui connaît quelques déboires financiers. Elle a absolument besoin du produit miracle qui remettrait sa boîte sur les rails. Désespérée, elle fait confiance à un vieux scientifique allemand qui est parvenu à créer un vaccin de jouvence à partir de gelée royale de guêpe. Janice décide de tester le produit sur elle-même. Les résultats sont impressionnants : d’un jour à l’autre, elle rajeunit de 20 ans ! Ce sont les effets secondaires qui vont se révéler mortels…

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Avant…

Conscient des moyens limités à sa disposition, Corman (qui fait une petite apparition dans le rôle d’un docteur) s’attache surtout au personnage de Janice Starling, en détaillant ses motivations et en décrivant méticuleusement ses symptômes ainsi que la souffrance psychologique qui en découle. The Wasp Woman repose donc principalement sur la solide prestation de Susan Cabot, qui faisait partie des actrices fétiches de Roger Corman (The Saga of Viking Women, War of the Satellites…) et qui allait abandonner sa carrière cinématographique après ce long métrage pour se tourner vers le théâtre. Mais cela n’en fait pas un bon film pour autant…

La progression dramatique est au final bien laborieuse, tout en accumulant une bonne dose de stéréotypes…le pire étant la caricature de savant fou à l’accent allemand à couper au couteau. Et puis il y a un moment où il faut montrer la créature à l’oeuvre et là, c’est la cata.
Bien sûr, il ne faut pas s’attendre au monstre que l’on voit sur une affiche comme d’habitude trompeuse. Comme dans La Mouche Noire, le corps reste humain, seules la tête et les mains sont transformées. Mais Corman a encore moins de budget que Neumann et la pauvre Susan Cabot se retrouve affublée d’un masque ridicule qui ne fait illusion à aucun moment.

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Après…

Totalement chaotique et filmé à l’arrache pour rester dans les délais, le climax a failli coûter cher à l’actrice principale, tout d’abord assommée par la bouteille lancée sur son crâne (à cause d’une erreur d’un accessoiriste) puis asphyxiée par le produit utilisé pour donner l’illusion d’une attaque à l’acide.

Un dernier mot sur la musique signée Fred Katz.
Le compositeur, qui travaillait à l’économie, avait l’habitude de refiler la même B.O. à Corman en changeant à peine les arrangements…et c’est pour cette raison que les musiques de films comme La Femme Guêpe, Un baquet de sang, La Créature de la Mer Hantée ou encore La Petite Boutique des Horreurs ont des sonorités aussi familières !

Et c’est pour cette raison que quoi ?

C’est corrigé ! :wink: