LA GORGONE (Terence Fisher)

REALISATEUR

Terence Fisher

SCENARISTE

John Gilling, d’après une histoire de J. Llewellyn Devine

DISTRIBUTION

Peter Cushing, Christopher Lee, Barbara Shelley, Richard Pasco, Patrick Troughton…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : The Gorgon
Année de production : 1964

En 1964, la Hammer continuait à exploiter les grands monstres qui ont fait son succès (L’Empreinte de Frankenstein de Freddie Francis et La Malédiction de la Momie de Michael Carreras sont sortis cette même année) tout en cherchant à diversifier son bestiaire pour proposer quelque chose de nouveau au public. Le studio s’est donc intéréssé à une idée de J. Llewellyn Devine, qui a transposé une figure de la mythologie grecque dans l’habituel cadre des productions horrifiques de la Hammer.

L’histoire se déroule en 1910. Depuis 5 ans, le village allemand de Vandorf est le lieu d’une étrange série de meurtres. Les victimes sont toutes retrouvées pétrifiées. Pour éviter la panique, les autorités étouffent l’affaire jusqu’à ce qu’ils trouvent un bouc émissaire, un peintre qui s’est suicidé après la mort de sa fiancée. Mais le père et le frère de l’artiste ne croient pas à sa culpabilité et enquêtent sur ce mystère. Ils vont découvrir qu’une créature surnaturelle hante la région…

En entretien, Christopher Lee avait l’habitude de dire que la seule chose qui n’allait pas dans La Gorgone, c’était la Gorgone elle-même (nommée d’après l’une des Erynies/Furies…confusion à cause de la coiffe de serpents ?). Et ce n’est pas faux…le producteur n’avait pas l’intention de dépenser trop d’argent pour les effets de maquillage et cela s’est naturellement répercuté sur le résultat final, guère convaincant. La Gorgone fonctionne mieux quand elle est suggérée (et ce sont des scènes réussies, avec de beaux plans concoctés par Terence Fisher) , nettement moins lorsque la caméra s’attarde sur elle au cours de l’affrontement final…

Cette réserve mise à part, on retrouve dans La Gorgone les qualités des meilleurs Terence Fisher de l’âge d’or de la Hammer, aussi bien au niveau de la mise en scène que des décors, de la musique (James Bernard, compositeur emblématique du studio) et de la photographie (Michael Reed, qui sera ensuite le chef opérateur de Dracula Prince des Ténèbres). Splendide visuellement, le film est prenant malgré un suspense un peu léger dans la deuxième partie…

Quand il y a aussi peu de personnages féminins, il est en effet facile de deviner qui se cache vraiment sous l’identité de la Gorgone. Mais ce n’est pas si gênant tant les différentes facettes du personnage participent à la dimension tragique du récit dans lequel s’illustrent les stars de la Hammer, Christopher Lee et Peter Cushing. Le second joue comme souvent un scientifique, au comportement très ambigu. C’est Lee qui étonne un peu plus cette fois, avec un sympathique contre-emploi. Dommage qu’il n’intervienne vraiment qu’au bout de cinquante minutes…

Comme le très beau Le Fantôme de l’Opéra, le précédent Terence Fisher pour la Hammer, les résultats de La Gorgone au box-office furent décevants et le film n’est même pas sorti en France à l’époque. Il aura fallu attendre ses retrouvailles avec le plus célèbre des vampires (Dracula Prince des Ténèbres en 1966) pour que le réalisateur renoue avec le succès.

1 « J'aime »

Un aperçu de l’adaptation en bande dessinée dans les pages de The House of Hammer :

Tu te fais un cycle Cushing/Lee ?

Je ne comprends pas ce que tu veux dire dans ce passage… la Gorgone, ce n’est pas une des Érinyes.

Tori.

Non. C’est juste que quand j’ai l’occasion d’en (re)voir, je n’hésite jamais. Lee et Cushing seront aussi dans plusieurs billets à venir, mais pas en duo cette fois…

la Gorgone, ce n’est pas une des Érinyes

Je sais. Mais dans le film, elle a le nom d’une Furie (Mégère). Je ne sais pas pourquoi le scénariste a fait ce choix d’où l’interrogation sur une possible confusion…

Ah, d’accord. J’avais mal compris ta phrase.

Tori.