LA MAISON DE LA PEUR (Roy William Neill)

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REALISATEUR

Roy William Neill

SCENARISTE

Roy Chanslor, d’après les personnages de Sir Arthur Conan Doyle

DISTRIBUTION

Basil Rathbone, Nigel Bruce, Dennis Hoey, Aubrey Mather, Paul Cavanagh…

INFOS

Long métrage américain
Genre : policier
Titre original : The House of Fear
Année de production : 1945

Dans la longue série des Sherlock Holmes interprétés par Basil Rathbone et Nigel Bruce (14 enquêtes entre 1939 et 1946), La Maison de la Peur (House of Fear en V.O.) est le dixième film, sorti entre La Perle des Borgia (The Pearl of Death) et La Femme en Vert (The Woman in Green). À cette période, Basil Rathbone (Les Aventures de Robin des Bois), qui demeure l’un des meilleurs interprètes du célèbre limier créé par Arthur Conan Doyle, commençait à être lassé du personnage, redoutant (et à raison puisque c’est ce qui a fini par arriver) d’être définitivement catalogué.
Son contrat avec la Universal, qui avait repris la série après les deux premiers longs métrages à gros budget de la FOX, portait sur 7 ans et un total de 21 films (3 ans par an), séries B à petit budget réglées en 60/70 minutes.

Basil Rathbone a fini par ranger au placard son attirail de détective après 14 films, au grand dam de son compère Nigel Bruce, qui n’avait quant à lui aucune objection à continuer à personnifier le Docteur Watson. Mais le Sherlock Holmes de Basil Rathbone était si populaire que la Universal préféra arrêter les frais, après avoir un temps envisagé de le remplacer par un autre acteur.

Rathbone s’était peut-être fatigué du rôle, mais au bout de 10 aventures, son duo avec Nigel Bruce fonctionnait toujours aussi bien. L’austère Holmes et le jovial et maladroit Watson (portrait qui divise toujours les lecteurs de Arthur Conan Doyle, mais cette interprétation du fidèle docteur a tout de même ses bons côtés) se complètent parfaitement dans cette très libre adaptation des “5 pépins d’orange”. Comme souvent, les Holmes de la Universal devaient régulièrement et contractuellement adapter des récits de Conan Doyle, mais les scénaristes ne retenaient généralement que quelques éléments autour desquels ils brodaient une nouvelle histoire (ici, les victimes désignées par une lettre contenant des pépins d’orange).

Dans La Maison de la Peur, pas de Ku Klux Klan donc, mais une arnaque à l’assurance visant un club de gentlemen vivant dans une maison reculée en Ecosse. Une enquête aussi classique que rondement menée (malgré quelques facilités) et qui vaut principalement pour son atmosphère joliment sinistre (la maison au bord de la falaise est éclairée comme un château de savant fou dans les “Classic Monsters” des années 30) qui rappelle que Roy William Neill, réalisateur régulier de la franchise (il en a dirigé 11 films sur 14) était l’un des artisans les plus solides de la Universal (on lui doit notamment l’une des mes rencontres de monstres préférées, Frankenstein rencontre le Loup-Garou en 1943).

Comme mentionné plus haut, les Holmes de la Universal étaient des séries B au budget modeste…et on y croisait souvent les mêmes acteurs sous contrat dans des rôles différents. Ainsi, et pour ne citer que ces deux exemples, l’oeil exercé reconnaît parmi les suspects Paul Cavanagh, déjà à l’affiche de La Griffe Sanglante en 1944 et qui sera ensuite dans La Femme en Vert en 1945, et Holmes Herbert, apparu dans Les Aventures de Sherlock Holmes (1939), L’Arme Secrète (1942), Sherlock Holmes à Washington (1943), La Perle des Borgia (1944) et le tout dernier long métrage de la série, La Clef en 1946 !