LA PLANÈTE DES TEMPÊTES (Pavel Klushantsev)

REALISATEUR

Pavel Klushantsev

SCENARISTES

Aleksandr Kazantsev & Pavel Klushantsev

DISTRIBUTION

Vladimir Yemelyanov, Georgi Zhzhyonov, Gennadi Vernov, Georgiy Teykh…

INFOS

Long métrage soviétique
Genre : science-fiction
Titre original : Планета бурь (Planeta Bur)
Année de production : 1962

La Planète des Tempêtes s’ouvre un message nous précisant que la vision de Vénus proposée par le long métrage est totalement imaginaire faute d’informations (tu m’étonnes) mais que les valeureux cosmonautes soviétiques ne manqueront pas de l’explorer dans un futur proche. Le film n’évitera pas un patriotisme un peu forcé et quelques débordements propagandistes mais Pavel Klushantsev (dont le moyen métrage documentaire Le Chemin des Etoiles est l’une des sources d’inspiration du 2001 de Kubrick) s’approprie surtout les codes du pulp et du planet-opéra (l’action se déroulant quasi-exclusivement sur Vénus) afin de livrer une épopée spatiale dont le traitement diffère nettement des tentatives américaines de l’époque.

Trois vaisseaux spatiaux soviétiques sont en route pour Vénus. À l’approche de la planète, le premier est détruit suite à une collision avec un météorite. Le second tente alors un atterrissage mais ses occupants ne donnent plus signe de vie. Le troisième envoie alors une navette, la seule femme de l’équipe restant en orbite pour maintenir le contact entre les hommes sur Vénus et la Terre.
Sur Vénus, les deux groupes affronteront de nombreux dangers, une nature déchaînée et des créatures étranges…

Comme je l’ai souligné plus haut, La Planète des Tempêtes n’échappe pas aux éloges de la Mère-Patrie, via ces messages transmis à travers l’espace, le dilemme moral de Masha et ces petites piques des cosmonautes à propos du robot créé par le scientifique américain de l’expédition (genre le petit peuple est plus fiable que la robotisation). Mais l’américain ne fera pas l’objet d’un portrait trop caricatural et à part une réplique rétrograde (le robot est plus fiable que la femme…mais bon, on est dans les sixties, hein) fera partie intégrante de l’équipe et sera traité sur un pied d’égalité.

Après un premier acte un peu trop bavard, la priorité sera donnée à l’exploration…une aventure au ton sérieux, entrecoupée de discussions métaphysiques naïves et de rebondissements savoureusements bis, comme le combat contre des hommes-lézards, l’attaque d’un ptérodactyle ou l’exploration sous-marine. La réalisation austère de Klushantsev imprime toutefois une atmosphère particulière, entre poésie et mélancolie, qui donne au film tout son cachet et qui lui permet de conserver une aura de mystère, telle cette voix envoutante qui résonne tout au long du voyage des cosmonautes et qui ne se révélera qu’en partie à l’occasion du dernier plan. Il y a là une volonté de ne pas tout dévoiler qui est assez rafraîchissante.

Même si les effets spéciaux ont naturellement pris un méchant coup de vieux, certains sont encore assez efficaces. Je ne parle pas des figurants en costume de lézards qui sautillent partout comme des mini-Godzilla bourrés ou du ridicule ptérodactyle, mais les maquettes sont soignées, les placides dinosaures ont belle allure et cet ancêtre du landspeeder qui glisse à la surface de Vénus arrive à faire illusion, tout comme l’explosion volcanique finale.

Le robot, malgré son allure pataude, n’est pas là pour le comique (d’ailleurs les 2 ou 3 tentatives humoristiques tombent à l’eau…ou c’est que je ne suis pas sensible à l’humour russe) et s’en tient à sa fonction : un outil au service de son créateur…tout en restant pragmatique (lors de la traversée d’un lac de lave, il décide de se débarrasser de son fardeau humain quand il se rend compte que son système est en danger).

Si on fait abstraction de son étrange rythme (on ne peut pas dire que ce soit vraiment bondissant) et des incohérences d’usage, La Planète des Tempêtes reste un film fascinant et qui ne manque pas d’imagination. Ce vieux roublard de Roger Corman ne s’y est pas trompé puisqu’il le racheta non pas pour en faire un remake, mais pour le remonter, ajouter de nouvelles scènes et en tirer non pas un mais deux nouveaux longs métrages: Voyage to the Prehistoric Planet (1965) et Voyage to the Planet of Prehistoric Women (1968).

À noter que des petits curieux ont également décelé des ressemblances entre les costumes du film et ceux du Prometheus de Ridley Scott.

La Planète des Tempêtes sera diffusé le lundi 8 août sur Arte dans le cadre d’un cycle S.F. dont voici le détail :

  • Lundi 8/08 à 20h55 : Barbarella de Roger Vadim
  • Lundi 8/08 à 22h30 : Silent Running de Douglas Trumbull
  • Lundi 8/08 à 23h55 : La Planète des Tempêtes de Pavel Klushantsev
  • Lundi 15/08 à 20h55 : 2001, L’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick
  • Lundi 15/08 à 23h10 : Abattoir 5 de George Roy Hill

J’avais eu l’occasion de le voir il y a déjà quelques années (Pour en savoir +) :

J’y parle aussi bien évidemment de l’astronome Frank Drake et du principe dit de “médiocrité”.

Et il m’avait bien plu. :wink:
(Et y repenser, merci Doc, agit de même)

C’est pas mal. C’est effectivement très lent, et un peu (beaucoup ?) propagandiste, en plus d’être machiste, mais j’aime bien l’idée de la collaboration internationale, du robot “libre”, de l’équipage qui se pose de vraies questions philosophiques, tout ça… Les designs des engins, mais aussi des costumes sont plutôt réussis. C’est dommage qu’ils aient mis des créatures reptiliennes, les plantes carnivores auraient suffi, je crois.
Bref, intéressant.
(Quel étrange choix, quand même, dans leur cycle science-fiction, sur ARTE…)

Jim

La dernière image ne manque pas d’évoquer une autre curiosité télévisuelle qui, je me le demande maintenant, s’est sans doute inspirée de ce film, au moins pour des costumes (et peut-être une ambiance) : Les Chroniques Martiennes.

Jim