L'APPEL DE L'ENFER (Desberg / Will)

Discutez de L’appel de l’enfer

Le tandem constitué du scénariste Desberg et du dessinateur Will est connu pour Le Jardin des désirs (un album paru chez Dupuis en 1988 et intégré à la collection “Aire Libre” dès sa réédition l’année suivante) et pour La 27e Lettre (également chez “Aire Libre”). Publié chez P & T, L’Appel de l’enfer s’inscrit dans cette lignée, tant en termes de pagination que d’ironie coquine.

AppelDeLenferLa_16052005

Le principe en est simple : trois histoires d’amour contrarié sont racontés par autant de personnages qui, nous l’apprenons dans les séquences interludes, sont des condamnés aux enfers qui viennent plaider leur cause auprès du Diable. Ils tentent tous de “faire appel de leur jugement”, d’où le titre (qui gagne ici une petite polysémie amusante). Chacun des récits est un conte, reprenant, dans un contexte contemporain, une structure assez ancienne, avec un amour impossible, une rencontre fortuite d’un être qui propose une solution extrême, une métamorphose et une fin (faussement) heureuse. Les trois contes n’évitent pas les répétitions, dans la structure, mais aussi dans les thèmes (par exemple, la relation à la vie animale, qui se retrouve dans deux d’entre eux, ou la description d’hommes prisonniers de leur statut social…). Cependant, ça ne nuit pas à la lecture, et ça permet de dresser des portraits intéressants et au final assez divers.

PlancheA_46929

Les séquences intermédiaires sont traités différemment, avec des cases sans bord, dans des doubles pages où les vignettes sont décalées, laissant un grand blanc dans la composition.

Et, bon, c’est Will, quoi. Profitant de l’éloignement, acté dans Le Jardin des désirs, par rapport à une BD franco-belge classique comme dans ses Tif & Tondu (entre autres), il se délecte des silhouettes féminines, mais livre aussi de très beaux décors (je pense à de belles cases de savane africaine). Quant à Desberg, je l’ai toujours préféré quand il travaille sur des récits humoristiques ou métaphoriques que sur ses histoires à suspense plus “sérieuses” : les deux auteurs m’enchantent donc, ici.

Jim