Ah, j’adore ce film.
Bon, déjà, j’adore David Lean et sa capacité à filmer les grands espaces ouverts, immenses, qui se collisionnent avec les portraits humains : toute cette tension entre le petit et le grand destin.
Purée, l’arrivée au puits, ce plan interminable d’angoisse et de suspense, qui sert en même temps à créer un personnage qu’on n’a pas encore vu.
Et puis, là, il bénéficie d’un acteur habité, entouré d’un casting impressionnant, et c’est parfait pour peindre un animal politique d’une ampleur colossale.
Et puis, enfin, il y a ce personnage, qui à mon avis dépasse son inspiration historique, cet homme fasciné par la douleur et le sacrifice, par la souffrance et la transgression. De la scène de l’allumette à celle du train (« ce sont des Turcs !!! »), en passant par celle du fouet ou celle du bar, c’est hallucinant ce que Lean parvient à suggérer autour de son personnage sans jamais le dire.
Encore un portrait de fou magnifique, comme il le réussit aussi à merveille dans Le Pont de la Rivière Kwai !!!
Jim

