LE CHEMINOT (Jirô Asada / Takumi Nagayasu)

Discutez de Le Cheminot

Le one-shot Le cheminot est ressorti le mois dernier dans une édition deluxe chez Panini, et ce fut donc l’occasion pour moi de découvrir ce véritable chef d’oeuvre, qui est en fait un recueil de deux histoires poignantes.

Dans la première histoire, qui donne son nom au recueil, nous suivons la vie d’un chef de gare d’une soixantaine d’années, qui apprend qu’il va être mis en retraite suite à la fermeture prochaine de la ligne ferroviaire d’un petit village d’Hokkaido, sur laquelle il a travaillé toute sa vie. L’occasion pour lui de se remémorer ces 45 années de bons et loyaux services, à rester planté sur le quai, jour après jour pendant toutes ces années, pour agiter son drapeau à l’approche des rares trains passant par là, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige.
Cette rigueur dans le travail lui a fait négliger sa femme et sa jeune fille, et on se rend compte que cet homme en apparence inébranlable est complètement miné par ce passé.

Le cheminot est une de ces histoires profondément humaines, peut-être même la plus humaine qu’il m’ait été donné de lire. Impossible de rester de marbre devant les souvenirs qui reviennent à la mémoire de cet homme. Et la fin, bouleversante, ne manquera pas de faire couler des larmes aux plus sensibles (voire à ceux qui le sont moins aussi).

L’histoire se déroulant en période de réveillon, nous avons droit à des paysages enneigés absolument magnifiques, renforçant l’impression de solitude à laquelle fait face notre chef de gare. Les dessins où l’on voit notre chef de gare seul sur son quai, sous la neige, attendant le train qui passe, sont vraiment des images très fortes.
Signalons aussi les pages en couleurs qui sont parmi les plus belles qu’il m’ait été donné de voir.

La deuxième histoire, intitulée La lettre d’amour, nous présente le personnage de Goro, petit mafieux égoïste, qui va être changé peu à peu par une lettre que lui a laissée une femme décédée qui a décidé de lui ouvrir son coeur. Là encore, on se retrouve face à une histoire peut-être moins poignante que la première, mais tout aussi humaine et subtile. Le personnage de Goro évolue vraiment et en devient attachant.

Le cheminot est l’un de ces manga devant lequel on ne peut rester insensible. Très humain et magnifiquement dessiné, dans la droite lignée des oeuvres de Jiro Taniguchi, et à mon goût encore meilleur.
Le cheminot est tout simplement l’un des plus beaux manga qu’il m’ait été donné de lire.

ta critique m’a donné envie de le lire. sinon, il est à quel prix? et au niveau du graphisme c’est plutôt réaliste ou pas?

Il est à 14€, et je trouve les dessins vraiment réalistes :slight_smile:

14 € ? Eh ben :astonished:

Mais ça a l’air intéressant :slight_smile:

Ouais mais 14 € c’est pas très cher, vu que c’est un tome beaucoup plus grand que le format standard.

Ca m’interesse, je feuilleterai un de ces 4. Encore un truc à faire chialer! lol

si vous avez de le chance il est encore disponible dans certains magasins dans l’ancienne version (a 9 € donc)
mais le format est plus petit est le papier un peu rigide

d’ailleurs c’est assez paradoxal de la part de Panini, le titre s’est à la base très mal vendu et ils nous sortent une édition spéciale. (ceci dit ça se comprend vu la qualité de l’œuvre, c’est pas comme l’édition quasi inutile collector de angel sanctuary)
et vu le détachement total de l’éditeur sur ses parutions, j’ai du mal à me dire que c’est un choix éditorial sincère…

pour revenir sur la critique de joeharper:
je suis tout à fait d’accord avec toi c’est absolument impossible de ne pas être sensible à l’histoire de cet homme simple, à la vie plutôt ratée, mais passionné de bout en bout à son travail et par conséquence , extrêmement charismatique. l’oeuvre se situe selon moi d’un point de vue émotionnel au même niveau que le journal de mon père (et pourtant taniguchi est vraiment un roi quand il s’agit de récit intimiste avec la nostalgie pour thème principal)

en revanche je dois avouer que j’ai bien moins accroché la deuxième nouvelle (peut être est ce tout simplement du au fait que la première est quasi parfaite est que si le manga se limitait juste à cette nouvelle j’aurais pu dire que c’est une des meilleures oeuvre que j’ai jamais lue)
mais le propos m’as moins accroché est bien que le récit se veule dramatique du début à la fin, il m’a bien moins ému.

je trouve la note de 10 un peu généreuse (mais bon quand je vois la quantité de shonen et de shojo qui se tape des 9 et plus alors qu’ils ne le méritent pas vraiment … si ce n’est kekkaishi peut être)
mais pour ma note: un bon 9/10 s’impose

Je remarque que la première édition du manga Le cheminot est traduite par Laurence Belingard, dois-je en conclure que c’est une traduction de la version anglophone et non une traduction directe du japonais au français ?

Est-ce la même traduction pour la réédition de 2007 ?

Si quelqu’un a la réponse et passe par là.
Merci d’avance.

C’est la conclusion à laquelle je suis aussi arrivé.

Aucune idée, pour ma part.

Jim

Je remarque aussi qu’il s’agit du sens de lecture occidentale. Une volonté des auteurs ou non ? Les cases ont-elles été inversées ? Les bulles aussi ?

Bref, je pense que je vais me pencher sur la seconde édition, en espérant qu’elle soit plus conforme à mes attentes.

C’est l’un des deux ou trois mangas de ma collection (j’avais été attiré par l’histoire, qui m’a beaucoup touché, et par les très beaux dessins)…et le sens de lecture y aussi est pour beaucoup (vu que, comme je l’ai déjà dit ailleurs, je n’arrive pas à me faire au sens oriental)…^^

C’est comme si tu lisais le début dans le futur et la fin dans le présent. Et donc quand tu veux revenir en arrière, c’est un retour vers le futur.

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Le fait que la deuxième histoire s’intitule « Love letter » dans la première édition et « La lettre d’amour » dans la seconde me fait penser que la traduction a dû être, au moins, révisée.

La seconde édition est en sens de lecture japonais, si on se réfère à cette page :

… que j’ai trouvée ici :

Ça m’a amusé de voir qui avait écrit la critique… alors que je cherchais seulement un indice du sens de lecture !

Bon, tout ça m’a fait remarqué que je ne l’ai pas alors que je pensais l’avoir… Je ne l’ai lu que dans la première édition, mais la deuxième me fait de l’œil, du coup !

Tori.

Merci beaucoup Tori pour ces renseignements. Je vais plutôt me pencher sur la seconde édition et rapporter la première à la bibliothèque.

Après vérification, il semble que la traduction soit également de Laurence Belingard (en tout cas, d’après la BNF : Notice bibliographique Le cheminot ; suivi de La lettre d'amour (Éd. de luxe) Jiro Asada ; [dessins de] Takumi Nagayasu ; [traduit du japonais par Laurence Belingard] | BnF Catalogue général - Bibliothèque nationale de France, même s’ils disent que c’est traduit du japonais (j’ai quelques doutes sur ce point : je pense que c’est traduit de l’italien)).

Tori.

Ah d’accord, bon tant pis, je lirai une traduction de traduction alors.
Merci beaucoup Tori.