LE CONTINENT FANTASTIQUE (Juan Piquer Simon)

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REALISATEUR

Juan Piquer Simon

SCENARISTES

John Melson, Carlos Puerto et Juan Piquer Simon, d’après Voyage au centre de la Terre de Jules Verne

DISTRIBUTION

Kenneth More, Pep Munné, Ivonne Sentis, Frank Braña, Jack Taylor…

INFOS

Long métrage espagnol
Titre original : Viaje al centro de la Tierra
Genre : aventures/fantastique
Année de production : 1977

Connu des amateurs de zèderies pour son nanar intergalactique Supersonic Man (avec son super-héros en super-slip à paillettes qui transforme des pistolets en bananes) et pour des films d’horreur gorasses et visqueux comme Le Sadique à la Tronçonneuse, L’Eclosion des Monstres et Slugs, l’espagnol Juan Piquer Simon débuta sa carrière de réalisateur en 1977 par l’une de ses rares incursions dans le domaine du long métrage “tous publics”. En adaptant Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, son but était également de s’inscrire dans la lignée de son compatriote Segundo de Chomon, qui fut à l’époque du muet l’un des concurrents de George Méliès, le magicien de Montreuil, et qui avait livré sa version de l’oeuvre de Jules Verne sous la forme d’un petit film de 9 minutes en 1910.

L’adaptation la plus réussie du roman de Jules Verne est toujours, à mon avis, celle réalisée par Henry Levin en 1959 avec James Mason (qui incarna un autre héros vernien, le capitaine Nemo, dans le 20.000 lieues sous les Mers des studios Disney) en tête d’affiche. Bien entendu, Juan Piquer Simon, qui venait de fonder son propre studio de production, n’avait pas les moyens de la puissante 20th Century Fox. Il lorgne ici plus du côté de la trilogie britannique produite par John Dark et réalisée par Kevin Connor : Le Sixième Continent (The Land that time forgot), Centre terre, septième continent (At the Earth’s core) et Le Continent Oublié (The People that time forgot), d’après Edgar Rice Burroughs.

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Comme dans ces productions britanniques à petit budget, les effets spéciaux sont en effet bricolés avec les moyens du bord : les décors sont en carton-pâte, les grands dinosaures sont des marionnettes rudimentaires animées grossièrement (et le combat sous-marin a l’air d’avoir été tourné dans la piscine du producteur) et le singe géant au regard lubrique n’est qu’un figurant qui sue à grosses gouttes sous un costume pas très élaboré (oui, dans cette version, un gorille maousse se balade au centre de la Terre…certainement parce que les grosses bébêtes poilues avaient la côte depuis le remake de King Kong de John Guillermin).

Malgré le Kong du pauvre et l’ajout d’une sous-intrigue S.F. qui ne sera au final pas suffisamment développée, ce Voyage au centre de la Terre est assez fidèle dans les grandes lignes au récit de Jules Verne. Mais les péripéties qui ponctuent l’aventure du professeur Lindenbrock et de ses compagnons (une équipe d’explorateurs ici particulièrement ineptes) manquent de souffle…la réalisation est pataude et l’interprétation guère inspirée (j’ajoute que le très mauvais doublage français n’arrange rien à l’affaire…la voix collée à Yvonne de Sentis est juste insupportable).
Aussi ultra-cheap soit-elle, la trilogie “Edgar Rice Burroughs” de John Dark est nettement plus divertissante…et Kenneth More, qui joue le professeur Lindebrock, n’a pas le charisme d’un Peter Cushing, qui faisait souvent des merveilles avec ce type de personnage.

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Peter Cushing a d’ailleurs tourné sous la direction de Juan Piquer Simon en 1981 dans Le Mystère de l’Île aux Monstres, que je n’ai pour ma part pas encore vu et qu’on dit très librement inspiré par le roman L’Ecole des Robinsons sorti en 1882. Quant au film d’aventures Los Diablos del Mar, tourné la même année que Le Sadique à la tronçonneuse, il serait lui aussi inspiré par Jules Verne (c’est même marqué sur l’affiche)…mais il n’entretient en fait aucun rapport avec les écrits de l’auteur de 20.000 lieues sous les Mers et Le Tour du Monde en 80 jours !