LE CRI D'AMOUR DE LA DÉESSE BLONDE (Jess Franco)

REALISATEUR

Jess Franco

SCENARISTE

Erwan C. Dietrich

DISTRIBUTION

Vicky Adams, Ada Tauler, Karine Gambier, Jack Taylor…

INFOS

Long métrage suisse
Genre : thriller/érotique
Titre original : Der Ruf der blonden Göttin
Année de production : 1977

Dans la carrière du pape du bis espagnol Jess Franco, la deuxième moitié des années 70 est marquée par la rencontre avec le producteur suisse Erwin C. Dietrich qui fut l’un des premiers à produire des films d’exploitation érotiques en Allemagne dès la fin des années 60. Dietrich a mis à profit la rapidité légendaire de Jess Franco et les deux hommes ont collaboré sur une bonne quinzaine de longs métrages entre 1975 et 1977, avec des titres comme Femmes en cages, Des femmes pour le bloc 9, Les flagellées de la cellule 69 (oui, Franco a beaucoup donné dans le sous-genre crapoteux des « femmes en prison »), Lettres d’amour d’une nonne portugaise ou encore Deux Soeurs Vicieuses.

Le Cri d’Amour de la déesse blonde fait partie des dernières entrées des trois années suisse-allemandes de Jess Franco. Selon les spécialistes de son cinéma, l’histoire se rapproche beaucoup de celle des Cauchemars naissent la nuit, mais avec un côté plus linéaire par rapport à l’atmosphère plus « surréelle » de cette pelloche sortie en 1970. Ce n’était de toute façon pas la première fois que Jess Franco « recyclait » certains de ses thèmes fétiches dans son imposante filmographie.

Récemment mariée, Susan rejoint son époux diplomate Jack House (joué par Jack Taylor, le « plus espagnol des acteurs américains » et régulièrement dirigé par Franco) à Haïti. À peine arrivée, elle rencontre la maîtresse de maison, la belle Inès qui va tout lui raconter sur les traditions locales et le vaudou, et découvre Olga, sa belle-soeur, toute nue dans le lit marital. Jack et Olga sont apparemment très, très proches, ce qui se traduit notamment par des plans de la jeune nymphomane en train de se donner du plaisir en entendant les ébats des deux époux dans la chambre voisine.

À partir de là, les choses deviennent de plus en plus étranges. Susan est hantée par des rêves violents dans lesquels elle s’abandonne fiévreusement aux rythmes tribaux (la production n’a pas du dépenser une fortune dans le département costumes) avant de commettre des meurtres en état de transe. Son mari est persuadé que tout cela est le fruit de son imagination…mais pour Susan, la frontière entre cauchemar et réalité n’est pas aussi mince qu’on veut bien lui faire croire…

VoodooPassion1

Bon, Jess Franco ne tire pas grand chose de ce semblant d’intrigue qui aurait pu donner un potable thriller psychologique mais qui est surtout pour lui l’occasion de filmer ses actrices à poil sous toutes les coutures (je ne compte plus le nombre de plans nibards et vagins…si Tarantino est un fétichiste des pieds, Franco vouait un culte au triangle d’or). Il y a de temps en temps une ambiance troublante, deux ou trois bonnes idées visuelles (comme l’utilisation des miroirs dans la chambre de Susan et Jack) mais l’ensemble ne vole pas haut (normal vous me direz puisque le film est fait pour viser sous la ceinture), avec une tentative d’explication finale pas très convaincante.

L’accent est donc mis sur le sexe (danses en tenues d’Eve, transes en sueur, scènes lesbiennes…) et pour une fois, la violence est suggérée, les morts ne sont pas montrées à l’écran. Mais il y a quand même toujours quelques cadrages ratés, des zooms et des flous prétendument artistiques, signatures récurrentes de l’Eurotrash à la Jess Franco.

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