LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL (John Sturges)

REALISATEUR

John Sturges

SCENARISTE

James Poe, d’après l’histoire de Les Crutchfield

DISTRIBUTION

Kirk Douglas, Anthony Quinn, Carolyn Jones, Earl Holliman, Brian G. Hutton…

INFOS

Long métrage américain
Genre : western
Titre original : Last Train from Gun Hill
Année de production : 1959

En 1954, le producteur Hal Wallis s’est porté acquéreur des droits cinématographiques de la nouvelle Showdown du romancier Les Crutchfield dans la perspective de confier le rôle principal, celui du shériff vengeur Matt Morgan, à Charlton Heston ou Burt Lancaster. Le projet a mis finalement plusieurs années à se concrétiser et c’est le succès de Règlements de comptes à O.K. Corrall qui conforta Hal Wallis dans sa décision de confier la réalisation d’un nouveau western à John Sturges (Un Homme est passé…).
Une grande partie de l’équipe de production de Règlements de comptes à O.K. Corrall a été à nouveau réunie pour Le Dernier Train de Gun Hill, devant (Kirk Douglas et Earl Holliman sont dans les deux films) et derrière la caméra.

Cet excellent western, qui demeure pour moi l’un des meilleurs du genre, a reçu un accueil très froid de la part de la critique de l’époque, qui lui a notamment reproché (injustement) son trop grand classicisme (ce qui est très loin d’être un défaut) et ses trop grandes ressemblances avec Le Train sifflera trois fois de Fred Zinemann et surtout 3H10 pour Yuma de Delmer Daves. Des ressemblances, il y en a…comme Gary Cooper dans Le Train Sifflera trois fois, Kirk Douglas incarne un shérif qui se retrouve seul pour accomplir son devoir dans une ville dont les habitants ont trop peur du tyran local pour l’aider. Et comme dans 3h10 pour Yuma, le scénario implique un quasi-huis clos dans une chambre d’hôtel.
Mais les points communs s’arrêtent là…

Déterminé à amener devant la justice l’assassin et le violeur de sa femme, une indienne, le shérif Matt Morgan est parfaitement campé par Kirk Douglas qui livre une interprétation particulièrement intense. Mâchoire serrée, regard d’acier, Matt Morgan se débat avec les émotions qui bouillonnent en lui pour rester concentré sur sa fonction. Et ce n’est pas si simple, surtout lorsqu’il découvre que le tueur en question est Rick Belden, le fils de Craig Belden, un propriétaire terrien qui tient la ville de Gun Hill sous sa coupe…et surtout un vieil ami qui lui a sauvé la vie par le passé.

Craig Belden est joué par Anthony Quinn, qui retrouvait Kirk Douglas pour la troisième fois en cinq ans après Ulysse et La vie passionnée de Vincent Van Gogh et qui est fascinant dans la peau de cet homme rude, machiste, raciste…mais aussi tourmenté, par le confit qui l’oppose à son ami et par son amour pour un fils auquel il pardonne tout, même l’impardonnable (il n’est pas le seul dans cette histoire à ne pas faire grand cas de la mort d’une indienne).

Dans le rôle du jeune Rick Belden, faible et immoral, fruit d’une éducation à la dure et incapable de prouver à son père qu’il est à la hauteur de ce qu’il attend de lui, Earl Holliman (Planète Interdite) est également très bon…tout comme Carolyn Jones (qui sera ensuite Morticia Addams dans la série La Famille Addams des années 60), qui incarne le seul personnage féminin d’importance du long métrage, l’ancienne maîtresse de Craig Belden. Blasée par son expérience avec les hommes en général, et ceux de Gun Hill en particulier, elle sera la seule à aider Matt Morgan, émue par l’histoire, la dignité et le courage de l’homme de loi.

Le Dernier Train de Gun Hill dure 90 minutes…et pas une minute de trop. Le scénario est resserré, la production dramatique est implacable et apporte beaucoup de tension à un dernier acte au suspense magistral. Très bien écrit et caractérisé, doublé d’un message anti-raciste aussi sobre que puissant, le long métrage bénéficie également d’une direction artistique de qualité (le film est visuellement très accrocheur), d’une belle bande-originale composée par Dimitri Tiomkin (Rio Bravo, Alamo…) et bien évidemment, d’une superbe réalisation de John Sturges.

La composition et l’ampleur des plans, le découpage de l’action, la fluidité de l’utilisation de l’espace, les choix de mise en scène du final…tout concourt à magnifier cette histoire tragique, cette opposition passionnante entre deux hommes…deux amis…deux veufs…deux pères…

Encore une belle évocation d’un western - que je ne me souviens pas d’avoir vu - et qui donne envie de le voir ; et un beau moyen de souhaiter l’anniversaire de Kirk Douglas.

Merci.

Et merci à toi, ça fait plaisir ! :wink:

Grâce aux chaînes ciné qui fêtent dignement les 100 ans de Kirk Douglas, ce petit cycle n’est pas terminé…le prochain billet sera sur Les Vikings de Richard Fleischer.

J’en garde un excellent souvenir.

Roooh, les Vikings ! M’a marqué ce film !

Comme artemus dada, je ne me souviens pas de ce western, mais ce que tu en dis me donne envie de le voir.

Un de mes préférés! La confrontation des deux acteurs et la ténacité du personnage de Douglas en font un sommet du genre!
Et la B.O est excellente !