LE DILEMME DE DICK TRACY / DICK TRACY CONTRE LE GANG

REALISATEUR

John Rawlins

SCENARISTE

Robert Stephen Brode, d’après le comic-strip de Chester Gould

DISTRIBUTION

Ralph Byrd, Lyle Latell, Kay Christopher, Ian Keith…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/policier
Titre original : Dick Tracy’s Dilemma
Année de production : 1947

À la grande époque du serial (les années 30 et 40), la demande pour ces films à épisodes étaient si importante que de nombreux acteurs de second plan ont pu en profiter pour accéder à des places en têtes d’affiche. Ce fut notamment le cas de Ralph Byrd, athlétique comédien qui débuta sa carrière en 1932 par des apparitions le plus souvent non-créditées au générique.
Sa silhouette robuste et son menton carré transposèrent idéalement à l’écran le personnage de Dick Tracy, le flic incorruptible à l’imperméable jaune créé par Chester Gould dans un comic-strip en 1931.

Le strip de presse fut si populaire qu’il fut naturellement vite porté à l’écran au format serial en 1937 avec Dick Tracy (15 épisodes). Le succès fut au rendez-vous et Ralph Byrd endossa à nouveau son imper jaune dans 3 autres serials de 15 épisodes : Dick Tracy Returns (1938), Dick Tracy’s G-Men (1939) et Dick Tracy vs Crime, Inc. (1941). Ces serials prirent quelques libertés avec le matériel originel puisque Dick Tracy y est présenté non pas comme un inspecteur, mais comme un agent du F.B.I.

Dans la deuxième partie des années 40, la RKO récupèra les droits cinématographiques et annonca la mise en chantier de quatre films à petit budgets, des quickies (d’une durée de 55/60 mn), qui ont replacé le limier de Chester Gould dans les forces de police. Mais Ralph Byrd fut alors écarté au profit du plus bogartien Morgan Conway, tête d’affiche de Dick Tracy, détective et Dick Tracy vs Cueball. Bon acteur, Morgan Conway sera pourtant jugé fraîchement par les fans de Dick Tracy et les exploitants de cinéma, pour qui seul Ralph Byrd avait la carrure du héros.

Ralph Byrd fut donc rappelé pour les deux dernières productions RKO, Le dilemme de Dick Tracy et Dick Tracy contre le gang, tous deux tournés et sortis en 1947. La critique de l’époque accueillit favorablement ce retour, sans mentionner toutefois que le scénario du Dilemme de Dick Tracy ressemble à un remake à peine déguisé de Dick Tracy vs Cueball. Tracy et son fidèle co-équipier Pat Patton (le sympathique Lyle Lattel, seul acteur à reprendre son rôle dans les quatre films), sont à la recherche d’un criminel au physique grotesque impliqués dans un important cambriolage (ici des fourrures, des joyaux dans le précédent). Une grand partie des deux histoires se déroule dans des tripots sordides et même les poursuites finales sont construites sur le même modèle.

Ce qu’il manque en originalité, ce troisième Dick Tracy de RKO le compense par une grande efficacité dans le suspense et l’action, une réalisation moins statique que les précédents opus, un bon rythme assuré par le format court et une distribution qui assure autant dans les moments sérieux que dans la comédie pure (Ian Keith reprend pour la seconde fois le rôle de Vitamine Flintheart avec son exubérance coutumière).

Le vilain du Dilemme de Dick Tracy respecte la tradition des ennemis de la bande dessinée et leur physique difforme, tel un reflet de leur nature criminelle. The Claw (la Griffe) est un colosse massif et débraillé, à la patte traînante suite à un accident et qui arbore un crochet à la place de la main. Mais le méchant le plus célèbre de cette série de films restera tout de même Gruesome dans l’ultime épisode, Dick Tracy contre le gang, puisqu’il est incarné par le légendaire Boris Karloff…

…et ce sera pour la deuxième partie de ce sujet…

REALISATEUR

John Rawlins

SCENARISTES

Robertson White et Eric Taylor, d’après le comic-strip de Chester Gould

DISTRIBUTION

Boris Karloff, Ralph Byrd, Anne Gwynne, Lyle Lattel…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/policier
Titre original : Dick Tracy meets Gruesome
Année de production : 1947

Pour les fans du flic à l’imper jaune et à la mâchoire carrée sorti de l’imagination de Chester Gould, Dick Tracy contre le gang est le meilleur des quatre Tracy de la RKO…et je suis bien de cet avis. L’intrigue (un gang de criminels qui utilise un gaz paralysant pour accomplir leurs méfaits) procure de savoureux rebondissements et les scénaristes ont injecté à ce dernier quickie un humour particulièrement réjouissant, notamment dans la première demi-heure. Le suspense est ensuite bien géré dans le dernier acte et l’affrontement entre Dick Tracy et l’inquiétant Gruesome est rondement mené.

Gruesome est interprété par une légende de l’horreur, le britannique Boris Karloff. Prolifique, Karloff enchaîna les tournages suite au succès de Frankenstein en 1931…il reprit ensuite le rôle de la créature dans deux suites, dont un chef d’oeuvre absolu, La Fiancée de Frankenstein; il incarna à plusieurs reprises le détective Mr Wong et fut aussi La Momie et le docteur Fu Manchu dans Le Masque d’Or (pour ne citer que quelques rôles).

La popularité de Karloff était telle que pour la première fois dans un Dick Tracy, son nom occupe la première place au générique devant celui de Ralph Byrd. Ce qui rappelle les futurs Superman de Richard Donner (où Marlon Brando et Gene Hackman passent devant Christopher Reeve dans les crédits) et Batman de Tim Burton (même chose pour Jack Nicholson et Michael Keaton).

Tess Trueheart, l’éternelle fiancée de Dick Tracy, est bien entendu fidèle au poste…et elle est interprétée par une troisième actrice différente en quatre longs métrages ! Anne Gwynne succède à Anne Jeffreys et Kay Christopher et contrairement à ses consoeurs, elle a ici une place un peu plus active dans l’histoire et notamment dans l’excellente scène du cambriolage de la banque.

Ralph Byrd sera par la suite catalogué. Eternellement associé au rôle de Dick Tracy, on ne lui proposera que peu de rôles intéressants au cinéma et il retrouvera son rôle emblématique pour une série télévisée qui dura 2 saisons entre 1950 et 1952…année qui marqua son décès soudain à l’âge de 43 ans des suites d’une attaque cardiaque.
Fait aujourd’hui un peu oublié, Dick Tracy ne fut pas le seul personnage de bande dessinée que joua Ralph Byrd : en 1947 (année chargée pour l’acteur), il campa également Le Vigilante, le justicier/cow-boy de DC Comics, dans un serial de 15 épisodes.

Toujours aussi intéressant.