LE FANTÔME DE CANTERVILLE (Jules Dassin & Norman Z. McLeod)

REALISATEURS

Jules Dassin & Norman Z. McLeod

SCENARISTE

Edwin Blum, d’après Oscar Wilde

DISTRIBUTION

Charles Laughton, Robert Young, Margaret O’Brien, William Gargan…

INFOS

Long métrage américain
Genre : comédie fantastique
Titre original : The Canterville Ghost
Année de production : 1944

Le Fantôme de Canterville est à l’origine une nouvelle de Oscar Wilde publiée en 1887. Je ne l’ai pas lue mais d’après le résumé, le fantôme en question, Sir Simon, tente d’effrayer sans succès la famille américaine venant d’emménager dans le château des Canterville. L’histoire a été adaptée à plusieurs reprises sur différents supports, télévision, animation, pièce de théâtre, radio, musique…et bien entendu au cinéma en commençant par une production 1944 de la Metro-Goldwyn-Mayer avec Charles Laughton dans le rôle-titre.

Cette première adaptation sur grand écran est assez libre, tout en gardant certains éléments de la nouvelle (je me base là encore sur le résumé trouvé sur le net). Le début du film est un flashback se déroulant au XVIIème siècle. et rend d’emblée Sir Simon un peu plus sympathique. Chez Oscar Wilde, le noble avait tué son épouse avant d’être emmuré par ses beaux-frères. Ici, Sir Simon accepte de suivre le code de la chevalerie et de se battre au nom de son frère, handicapé par une blessure. Mais quand il voit son adversaire (un géant incarné par le lutteur Tor Johnson, future figure régulière des zèderies de Ed Wood), le bonhomme préfère s’enfuir pour se réfugier dans le château familial.

Profondément déçu par l’attitude de son fils, qui a jeté la honte sur le nom des Canterville, le seigneur du domaine mure la cachette, ignorant les appels à la pitié de Simon. Il maudit également son lâche de rejeton, en le condamnant à ne jamais trouver le repos tant qu’un de ses descendants n’aura pas accompli un acte héroïque en son nom. Le problème est que tous les Canterville qui vont suivre seront tous des poltrons. 300 ans plus tard, Simon hante toujours le château, qui accueille une unité de soldats américains en pleine Seconde Guerre Mondiale…

L’excellent Charles Laughton (L’Île du Dr Moreau, Quasimodo…) est irrésistible en spectre pétochard qui a bien du mal à faire peur à ces fantassins d’élite. Il y a de l’humour dans ce personnage, pour lequel s’exprime parfaitement la truculence de l’acteur, aussi bien dans les premières manifestations ectoplasmiques que dans l’amusante et bondissante scène finale…mais il se dégage aussi de lui un côté pathétique, une profonde fatigue et tristesse à cause du poids de la malédiction qui touche tous les Canterville.

La distribution est de qualité : le solide Robert Young (qui sera le Dr Marcus Welby à la télévision dans les années 70) campe le soldat Cuffy Williams, un lointain descendant des Canterville, et l’enfant-star Margaret O’Brien est la jeune Lady Jessica de Canterville, gamine courageuse qui fera tout pour que son ancêtre puisse être enfin libéré de ses chaînes fantomatiques. Parmi les trognes des savoureux seconds rôles, on reconnaît notamment Una O’Connor, vue dans les années 30 chez James Whale (L’Homme Invisible, La Fiancée de Frankenstein…).

Le tournage du Fantôme de Canterville a débuté sous la direction de Norman Z. McLeod (la version 1933 de Alice au pays des Merveilles), viré au bout d’un mois à cause de mésententes avec Charles Laughton pour être remplacé par Jules Dassin. Le futur réalisateur des Forbans de la Nuit et Du Rififi chez les hommes a signé une charmante comédie fantastique, rythmée, enjouée…un divertissement très agréable qui donne régulièrement le sourire.

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