LE GRAND MORT t.1-8 (Jean-Blaise Djian, Régis Loisel / Vincent Mallié)

Je le soupçonne de faire les storyboards et/ou de faire le design des personnages et des décors. Les évolutions dans les paysages de l’autre monde, au début de la série, témoignent de son implication.

Jim

Peut-être qu’il avait travaillé sur les designs assez tôt dans le projet, avant même que ce dernier n’ait un dessinateur…

Tori.

Tiens, je vois Jean-Blaise vendredi, si j’y pense, je vais lui demander précisément…

Jim

Le cinquième tome marque un tournant dans la série, en ce sens où le groupe de personnage est séparé et doit faire face à un monde qui change : le récit matérialise enfin la menace posée depuis la fin du premier volet. Gaëlle et Pauline tentent de rejoindre la Bretagne dans une France ravagée par les séismes, tandis que Blanche suit Erwan dans une campagne dévastée où se manifestent des phénomènes étranges.

Le paradoxe tient au rythme du récit général : si l’on voit les choses avancer dans leur ensemble, on a cette sensation que les péripéties traînent en longueur. Les deux filles rencontrent des obstacles multiples sur leur chemin et changent de véhicules avant de se retrouver à nouveau bloquées, tandis que l’enfant magique dévoile progressivement ses secrets. Si l’on comprend mieux la connexion entre les deux mondes, on sent bien que les auteurs prennent leur temps et se consacrent aux ambiances.

L’ensemble est très beau, bien entendu, les décors, qu’il s’agisse de paysages naturels ou de lieux modernes ravagés, sont impressionnants et les personnages attachants. On ne peut se défaire, cependant, de cette sensation, présente depuis le premier tome, que le récit aurait pu être raconté de manière plus concentrée.

Jim

Avec :
Miceal Beausang-O’Griafa
Jean-Blaise Djian
Julien Hugonnard-Bert
Jay
Kris
Jean-Marc Lainé
Régis Loisel
Philippe Luguy
Michel Montheillet
Thierry Mornet
Thierry Olivier
Swann
Wallace
et plein d’autres…

Jim

Voilà, j’ai complété la série en achetant les tomes 6 et 8 qui me manquaient. Et j’ai donc lu les trois derniers albums hier soir.

Le récit s’articule autour du thème du voyage, comme les tomes précédents, avec cette sensation que les personnages vont bientôt se retrouver. Pauline et Gaëlle traversent la Normandie à pied, par les départementales, et passent par mon village, largement détruit par les tracas tectoniques qui ravagent le globe en filigrane.

Parallèlement, Erwan découvre que Blanche, l’enfant hybride né des deux mondes, est de plus en plus capricieuse et incontrôlable, en plus d’être liée au chapelet de catastrophes. Et dans le « petit monde », Macare dévoile ses intentions ce qui change ses relations aux prêtresses. La possibilité d’une solution rééquilibrant les deux mondes se profile, sauf que…

C’est sympa. Un peu décompressé, mais sympa. Le dessin est de plus en plus élégant, avec de très belles compositions (et une influence loiselienne, forcément, de plus en plus palpable). On regrettera que l’ensemble soit si lent, au point de penser que la série est trop longue (bon, le thème du voyage, chez moi, ça ne marche pas toujours).

Jim

Le périple de Gaëlle et Pauline continue. Mais au fur et à mesure, elles sont confrontées à l’horreur liée aux catastrophes, aux migrations, à la survie : agression, pillage, viol, haine, tout ceci compose le menu de leur quête.

La situation est tendue également autour d’Erwan et Blanche, celle-ci de plus en plus incontrôlable (et consciente de son pouvoir), mais aussi dans l’autre monde, où Macare est blessée au point que la transmission de la connaissance est mise en danger. Bref, un tome pas cool, bien flippant.

Mais dans le même temps, on sent bien que les auteurs accélèrent le rythme, mettant en évidence un petit défaut de la série, à savoir la lenteur de son démarrage. Tout est mis en branle afin de précipiter le contact entre les deux univers et l’établissement d’une résolution sur la route de laquelle les auteurs ont mis plein d’obstacles. La dernière page constitue un bon suspense, mais il reste tellement de choses à raconter…

Jim