Discutez de Le manuel de la jungle
La critique de Le manuel de la jungle T.1 (simple - Dupuis) par vedge est disponible sur le site!
Lire la critique sur BD Sanctuary
J’ai un pote qui vit en Guyane depuis 20 ans. Donc ça doit faire autant de temps qu’il m’invite à venir le voir.. et je freine des 4 fers pour y aller, pour un tas de raisons non valables, donc totalement valables à mes yeux.
Et quand je vois Nicoby et Joub dans un salon, avec ce bouquin.. et que les deux me racontent le pitch, je ne sais pas pourquoi, je me projette et m’identifie de suite. Et donc ça m’intéresse.
Précision, Jim : Joub assure la couleur (enfin, l’aquarelle) sur les dessins de Nicoby, et le scénario est assuré par Joub et Nicoby. Copin est crédité pour avoir été l’instigateur de cette aventure réellement vécue par eux 3, associés à un autre ami.
Alors tout démarre lors d’un repas entre auteurs et éditeurs, et c’est comme ça que Joub et Nicoby se retrouvent à faire leur reportage dans la jungle guyanaise en compagnie de leurs deux potes baroudeurs (je précise que ce ne sont pas des Guyanais). Et évidemment, en tant qu’Hexagonaux, le choc des cultures et de la vie est violent pour Joub et Nicoby.
Ce que je trouve épatant dans ce récit, c’est que je retrouve des éléments que mon pote m’a raconté. Que ce soit des lieux, du campement, ou encore d’autres détails. Ce qui fait que je me suis complètement retrouvé dans ce que Joub et Nicoby raconte. Et ce qui est épatant, c’est savoir raconter vrai, c’est pas si simple. Et là, ça ressort totalement. Par contre, les deux ont vécu quand même un moment un peu violent, et je ne sais pas si cela s’est réellement passé, mais là aussi, c’est totalement vraisemblable. Et ça permet aux auteurs, avec le maquillage de l’humour (qui vient souvent d’eux, apeurés par ce qu’ils vivent ou ce que leurs racontent leur potes d’'une manière totalement naturelle et détachée, sans esbrouffe), de raconter un peu ce qui se passe socialement en Guyane. Les orpailleurs, les clandestins, la justice des hommes qui n’est pas la justice que l’on connait (c’est un peu le Far West la Guyane, il suffit juste de savoir comment on peut acquérir un terrain). C’est œil pour œil. Il y a une certaine violence de vie et sociale dans ce que fait ressortir le duo, et qui n’est pas du tout masquée. Malgré l’humour qui est très présent et plaisant.
Le tout est emballé dans un dessin magnifique. Le storytelling est vraiment très clair, comme d’habitude avec Nicoby. Comme souvent, il a pris des photos et retranscrit aussi fidèlement que possible les paysages de Guyane (là aussi, ça correspond à m’image que je m’en fais). Et l’aquarelle de Joub n’est pas de trop pour encore plus enjoliver tout cela. Il y a des doubles planches vraiment mag,
nifiques.
Alors, est-ce qu’il faut avoir une relation, même par contumace, avec la Guyane pour apprécier l’histoire ? Je sais pas, je pense que des personnes qui sont allées dans d’autres régions sauvages doivent s’y retrouver.
En tout cas, ça a été une très bonne surprise, ce bouquin !
Titre affiné, patron.
Jim
Merci !
