LE VOYAGE EN ITALIE t.1-2 (Cosey)

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Art et Ian sont deux copains d’enfance. Deux copains du Viêt-Nam aussi. Ils ont partagé les mêmes rêves et les mêmes cauchemars.

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Le premier a des cousins en Suisse. Le second des origines italiennes. Et quand le premier vit une crise dans son couple, le second l’invite à un voyage en Italie. Ce sera pour eux l’occasion de retrouver Shirley, dont ils étaient amoureux tous les deux il y a des années.

Sur le mode de la crise de la quarantaine et de la quête de soi, Cosey construit un diptyque de voyage qui commence avec une certaine légèreté pour devenir plus grave au fil des pages. Les retrouvailles avec Shirley, qui s’est tournée vers les ordres entre-temps, réservent quelques surprises. En filigrane, on a également l’histoire de la petite Keo, une enfant asiatique sur le point d’être adoptée et qui cristallisent plein de souvenirs et de regrets pour tout le monde.

Publiée en 1988 dans l’excellente collection « Aire Libre » de Dupuis, le diptyque connaîtra une édition en intégrale. Cependant, les deux tomes séparés ont aussi pour eux de composer une seule grande image, du plus bel effet. Pour info, les deux albums ont aussi été édités en format souple dans la trop rare collection « Horizons », dont je ne me lamenterai jamais assez de l’abandon : très fin, excellemment reliés, ils prennent peu de place dans la bibliothèque. Dommage qu’on ne fasse plus des objets pareils.

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Le deuxième tome est donc plus sombre que le premier. Tournant autour de l’adoption de la petite Keo, qui pousse les deux amis à des extrémités, il lance ces derniers, ainsi que Shirley et Daisy, vers leurs destins. Les souvenirs de la guerre remontent au mauvais moment, et Art se consacre à un projet un peu fou, mais qui réussira, donnant un goût doux-amer au récit.

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Le premier volet était une chronique du temps qui passe, mettant en scène deux hommes qui tentent de le rattraper. Le second est un récit de construction, qui parle des occasions manquées. Cosey joue avec de nombreuses cordes sensibles et dresse des portraits attachants.

Graphiquement, il exploite un encrage très divers, épuré pour les scènes de jour, évocation les hachures buissonneuses de Hermann pour les séquences de nuit. Ses décors sont épatants, tout en détails et en majesté, et certaines cases étirées en hauteur ou en largeur sont du plus bel effet.

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L’intégrale propose une nouvelle couverture.

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