spasme!

Si le twist finale de la saison précédente, à travers les nombreux personnages qui tournent le dos à David, principalement Syd, est encore un peu abrupte, l’intention de faire de Légion un véritable super-vilain à tous les ingrédients pour clore le parcours initiatique de son héros.
Il faut entendre dans « super-vilain » : celui qui bouleverse le status-quo plutôt que d’en préserver un malade. Ça cadre parfaitement, il me semble, avec l’idée de révolution qui découle de la franchise mutante. Surtout quand ses ex-alliés ont rejoint un groupe interventionniste spécialisé dans la préservation du train-train quotidien (lui aussi, pourtant, somme toute un peu barré des étagères).
Nouveau personnage, nouveaux jouets, nouvelles alliances, voyage romantique, décors acidulés, imageries puissantes, affrontements aussi dantesques que jouissifs, Légion reste incontestablement un chef d’œuvre de la petite lucarne.
Oui, c’est à chaque fois un plaisir de se replonger dans le style si particulier de cette série, ces idées de dingue et ces visuels hallucinants. Débuter par un nouveau personnage, un nouveau regard sur la personnalité de David, c’est bien vu et très bien fait (en plus, j’aime beaucoup la représentation des pouvoirs de Switch, une autre façon de montrer le voyage dans le temps à l’écran). Et ce passage presque obligé qu’est « l’attaque du repaire du vilain » prend ici carrément une autre dimension par le jeu des actions répétées et la multiplication des points de vue. Toujours aussi jubilatoire…
Oh oui, vraiment géniale cette entame.
A la fois intrigante et fraîche, et dans le même temps, typique de la tonalité du show : c’est encore un sans-faute pour Noah Hawley et ses acolytes.
Ouais, j’ai adoré cette idée. Il y a une façon dans « Legion » de représenter des choses abstraites de façon très littérales et des choses très pragmatiques de façon abstraite (si vous voyez ce que je veux dire) qui me parle énormément. Que d’idées narratives neuves ! C’est bluffant.
Et comme en quelques occasions dans les deux saisons précédentes (et malgré les déclarations de Hawley qui prend un peu ses distances avec le genre en entretien, j’ai l’impression, en tout cas pour son pendant audio-visuel), le show embrasse complètement dans cet épisode l’imagerie et les « tropes » du comic-book, de façon proprement jouissive.
Et un deuxième épisode dans la droite lignée du premier.
Aubrey Plaza in love 
Oh que oui. Belle, fascinante, dangereuse…Lenny en « Chapelière Folle », c’est quelque chose…
Encore un épisode bien prenant, traversé de visions littéralement hallucinantes. Les manipulations de David sont sacrément intrigantes…et à chaque fois qu’il y a un numéro musical, ce n’est jamais gratuit car cela sert l’histoire tout en étant savoureux à regarder…
Et les liens avec les comics s’accentuent avec l’épisode 3 qui présente l’histoire du jeune Charles Xavier, sa rencontre et son histoire d’amour avec Gabrielle Haller, sa recherche d’autres mutants, la naissance de son fils. Le portrait des deux personnages est très intéressant, joliment écrit, il y a des passages vraiment touchants dans leur histoire et puis l’épisode prend un autre tournant…carrément une atmosphère de films de fantômes, sauf que ce n’est pas une hantise qui vient du passé mais du futur, avec des conséquences désastreuses. Le final est sombre et poignant.
Quelle série !
Mazette !! L’épisode 4 est une tuerie absolue.
Faut dire que le niveau de cette saison est proprement démentiel, à ce stade. Hawley semble être résolu à plier la série sous la forme d’un véritable feu d’artifices.
L’excellent épisode 2 prolongeait la mise en place des éléments présents dans le formidable premier épisode, avec quelques séquences mémorables, toujours originales et folles, parfois en toute simplicité (je pense à la séquence « burlesque » où Cary se joue de sa geôlière en lui collant au train de près, en mode Harpo Marx), toujours référentielles à bon escient (les nombreux renvois à « Alice au Pays des Merveilles », de la chapelière folle la plus sexy de tous les temps au Chat du Cheshire aperçu dessiné sur un van, annonciateur de lugubres événements deux épisodes plus tard en prime) : c’est franchement brillantissime.
L’accent mis très clairement sur la question du déplacement temporel aux niveaux des intrigues est une option sacrément payante pour le show, dont la nature particulière est exploitée à fond : déjà pourvoyeuse de séquences de rêves, d’hallucinations, d’exploration de psychés étrangères, de visites du plan astral, etc… plus des flashbacks et des flashforwards à l’occasion, le tout dans l’indécidabilité la plus totale, la série était déjà équipée d’un sacré arsenal narratif permettant de faire dérailler le récit de multiples façons. Les voyages dans le temps viennent compléter la panoplie, pour ouvrir au maximum les possibilités narratives. D’une certaine façon, ça me fait penser à l’excellente saison 5 de « Lost » (de loin la meilleure de ce show passionnant mais très inégal), qui accumulait les acquis narratifs de toutes les saisons précédentes en les mélangeant, pour un effet vertigineux…
On change d’ambiance avec le troisième épisode, très différent mais pas moins excitant que les deux premiers. Deux numéros d’Uncanny X-Men, les 117 et 161, mythiques chacun à sa manière, sont convoqués pour être traités façon « Legion ». L’épisode est très beau, voire bouleversant par moments, et narrativement toujours aussi brillant mais de manière subtile, avec ce mélange de tonalités ternes, presque monochromatiques, très dé-saturées, et ces couleurs acidulées pétaradantes venues du futur (littéralement) ; le premier épisode faisait le même coup pour présenter le personnage de Switch, comme quoi les auteurs ont de la suite dans les idées.
Comme précisé par le Doc plus haut, il y a une irrésistible et très délicate ambiance de films de fantômes dans cet épisode ; faut dire que toute la saison flirte allègrement avec l’horreur et ses différentes facettes, et les saisons précédentes nous y avaient de toutes façons habitués.
L’épisode est en tout cas très original dans sa façon de renverser un choix narratif attendu qui aurait été que le focus soit fait sur David et Switch, les voyageurs temporels, mais le choix retenu est finalement bien plus intéressant à tous les niveaux… Belle représentation du Prof X, sans rien devoir aux interprétations de Stewart ou MacAvoy.
J’aime beaucoup quand la série se permet ce genre de pas de côté, avec des épisodes qui semblent ne rien devoir au reste de la saison ; l’année dernière, deux « escapades » de ce type avaient particulièrement retenu mon attention (la « biographie » de Syd, et les multiples vies de David)…
Pour moi, la saison franchit un nouveau palier qualitatif avec le quatrième épisode. Assez simple et direct (et orienté action/horreur, à sa façon), cet épisode n’est pas le plus complexe ou inabordable qui soit ; il n’en est pas moins redoutablement virtuose. Et loin d’être gratuite, la virtuosité est au service de l’émotion : voir à ce titre la séquence déchirante où Lenny assiste à la vie en accéléré de sa « fille » ; d’une grande cruauté et d’une grande beauté, cette séquence est proprement soufflante.
Les fameux Démons du Temps aperçus dès le premier épisode pointent le bout de leur nez, et autorisent les auteurs à encore plus de « fantaisies temporelles » que dans les épisode précédents. Ici encore la série se fait référentielle comme il faut, avec des séquences qui sont des renvois évidents au chef-d’oeuvre « temporel » de Chris Marker, « La Jetée », ou cette façon de jouer des « glitchs » temporels qui évoquent la structure du formidable et trop peu cité « Je t’aime, je t’aime… », film de SF d’Alain Resnais de la fin des années 60, où Claude Rich s’égarait dans le temps comme les protagonistes de « Legion ».
Cerise sur le gâteau : David apparaît en toute majesté à la fin de l’épisode, se payant des répliques jouissives (« you want to eat something ? Eat shit. »), se montrant aussi puissant qu’inquiétant, et annonçant du lourd pour l’épisode 5 à venir.
Comme on ne cesse à juste titre de le répéter : quelle série.
Et la série en question va peut-être se payer le luxe de s’achever sur sa meilleure saison. Tant mieux si c’est le cas…
Oh que oui…un épisode absolument génial, bourré d’idées remarquables qui font passer par toutes les émotions. Je suis resté scotché du début à la fin, jusqu’à l’excellente dernière réplique de David.
Raaahh, plus que 4 épisodes…
What’s so funny 'bout peace, love and understanding ?
Nom-de-Zeus ! Cette ultime saison enchaîne les épisodes incroyables et le 5ème en est encore une brillante démonstration. Les auteurs n’épargnent absolument pas les personnages (avec des passages encore une fois très durs émotionnellement parlant comme le face-à-face David/Lenny et sa terrible conclusion), les surprises sont nombreuses et les rebondissements laissent bouche bée. La série cultive toujours aussi bien cette ambiguïté autour de David (et s’il peut être émouvant, il peut être aussi absolument effrayant) ainsi que ce croisement de plusieurs genres (et de tons) qui la rend unique…
Moment préféré de tous les moments préférés : I AM LEGION !
Oh oui, vivement la suite !
Clairement oui.
Ah oui, c’est le moins que l’on puisse dire. D’une noirceur et d’une brutalité peu commune, l’épisode est une tuerie au sens littéral comme au sens figuré…
La fameuse phrase (« I am… »), dont c’est la première occurrence dans la série si je ne m’abuse, apparaît comme l’acte de naissance d’un authentique super-vilain, et sacrément impressionnant/terrifiant par-dessus le marché. Il est intéressant que Noah Hawley (je ne sais pas si c’est toujours d’actualité, au fait) travaille sur une version ciné d’un certain monarque latvérien…
Si tout ça est remarquablement écrit, il ne faudrait pas mésestimer la mise en images, admirable comme d’habitude, ici assurée par Arkasha Stevenson, qui avait déjà fait de l’excellent boulot sur l’intégralité de la saison 3 de « Channel Zero » (probablement la meilleure saison de cette anthologie horrifique).
Il me semble de plus que la série tord le coup à un cliché tenace, l’idée selon laquelle un perso omnipotent (et on a vu peu de persos aussi puissants que David Haller sur le petit comme le grand écran) est impossible à écrire : s’il peut tout, quels défis peuvent lui être opposés ? Ici, la question est décalée : ce n’est pas tant que David puisse tout qui pose problème. La question serait plutôt : pouvant tout, doit-il se laisser aller à « tout faire », y compris réécrire le réel et l’Histoire elle-même ?
La question soulève des implications philosophiques et éthiques proprement vertigineuses (faire quelque chose de mal est-il moins grave si on pense pouvoir « effacer » les conséquences de ses actions ?)…
Chef-d’oeuvre télévisuel, pas de doutes ; je le regretterai, ce show.
Alors, tu vas être déçu. Le projet sur Fatalis a été abandonné.
Peut-être qu’après le développement des FF dans le MCU, le personnage aura droit à une série par Hawley, mais pas avant.
Feige s’est peu exprimé sur les FF, mais comme le MCU doit faire la part belle aux personnages cosmiques, et que les FF sont les aventuriers cosmiques par excellence, c’est normal qu’ils apparaissent probablement lors de la Phase 5.
Bref… avec Galactus, Annihilus et Namor, Fatalis fait partie des personnages incontournables de l’univers des FF. Tant qu’il n’aurait pas été incarné sur grand écran, faut pas rêver.
Sinon, on sera nombreux à le regretter, ce show.
Hawley communique en disant que la série était prévue en trois saisons.
Possible. Mais elle a un tel potentiel.
Je me demande surtout si le rachat de la licence mutante par Disney n’a pas mis un terme à ce show (comme à d’autres). D’un autre côté, on l’a laissé utiliser Xavier. Quand on voit les limites imposées à Kinberg, c’est surprenant.
Ah j’ignorais. Mais j’aurais pu m’en douter compte-tenu des « mouvements de catalogue » que tu évoques…
Sinon, comme toi, je ne suis pas sûr du tout que Hawley avait vraiment en tête « trois saisons et point » dès le départ. Par contre, il n’est pas impossible que la guerre contre le Shadow King (pensée dès le début comme « débordant » la première saison) ait été pensée comme ça, elle.
Mais c’est fort dommage, on est bien d’accord.
J’ai vécu une seconde vie pendant les 20 dernières minutes…et j’ai changé de coiffure…
Avant les deux derniers épisodes de la série (sniff), l’épisode 6 se décline à nouveau sur un ton complètement différent en centrant son histoire sur Sydney et la façon dont elle « guérit » après sa visite traumatique dans l’esprit de David. Et c’est encore un petit bijou. Poétique, mélancolique, fantaisiste, triste…mais aussi avec une lueur d’espoir. Ce passage dans le plan astral permet aussi de retrouver avec plaisir deux personnages qui méritaient de réapparaître une dernière fois avant le grand final de Legion. Une jolie initiative pour un antépénultième chapitre à la fois beau, riche et totalement barré…
Oui, la série excelle dans ce type d’épisodes « spéciaux », qui laissent de côté au moins pour un temps (ici les trois quarts de l’épisode en gros) les intrigues en cours et se concentrent sur un perso en particulier, ici Syd comme précisé plus haut.
Les deux « invités spéciaux » qui s’occupent de sa « renaissance », il aurait été criminel de ne pas les revoir, et c’est un bel hommage à la fois aux persos et à leurs excellents interprètes que de les revoir ainsi, sans compter qu’ils sont confrontés à un nouveau méchant (interprété par l’acteur comique Jason Mantzoukas) à la fois original et complètement archétypal (le Grand Méchant Loup des contes de fées). Cerise sur le gâteau : comme souvent dans la série, le « combat » entre les antagonistes se déroule via un numéro musical, ici une rap-battle anthologique et très drôle…
Le final de la série s’annonce aussi puissant que déchirant. Hawley n’aura pas déçu dans cette dernière saison, aussi riche que virtuose, et thématiquement passionnante.