LÉON LA CAME (Sylvain Chomet / Nicolas De Crécy)

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La famille Houx-Wardiougue règne sur les cosmétiques depuis 1921, année où Léonce a fondé l’entreprise, se ralliant à la cause des ouvriers et se faisant connaître en tant que « baron rouge » détonant dans le milieu des entrepreneurs. Choisissant de disparaître, il passe la direction à son fils Aymar qui opère un virage à droite. Le patriarche, quant à lui, disparaît à l’autre bout du monde. Oui, mais voilà qu’il revient, presque centenaire.

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Le retour de Léonce, alias « Pépé Léon » (dont certains membres de la famille doutent de l’identité, ce qui constitue l’un des fils de l’intrigue), est l’occasion d’un joyeux bazar dans la famille. Aymar revient justement des États-Unis où l’accord dont il rêvait afin de redresser l’entreprise n’a pas été conclu. Restent les Japonais. Le patron a confié à son petit-fils, Géraldo-Georges, la charge de la communication de l’entreprise, mais le jeune homme, en plus d’être un timide impénitent, s’emmerde copieusement dans le monde de l’entreprise.

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C’est dans ce monde de la haute bourgeoisie en pleine décadence que Sylvain Chomet (connu pour son travail dans l’animation, avec La Vieille dame et les pigeons ou Les Triplettes de Belleville) et Nicolas de Crécy placent leur intrigue. Ils en profitent pour se moquer des personnages, notamment par les noms et prénoms de ces derniers (sans doute une idée de l’illustrateur, puisqu’on retrouve la même astuce dans Monsieur Fruit). Ce n’est pas seulement l’industrie dont ils refont le portrait au vitriol. C’est aussi la publicité et la communication, dont l’agence Tétra-Clarke et leur surdoué Jean-God Michel sont des monuments de caricature. Cette critique sociale se teinte aussi d’une dialectique droite-gauche où les auteurs semblent avoir choisi leur camp, en tout cas affiché certaines sympathies.

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Le récit a connu plusieurs éditions, notamment en 2002 dans la collection « Casterman Classiques », qui reprend quelques fleurons parmi les albums estampillés (À Suivre…). Léon la Came connaîtra deux suite, Laid pauvre et malade qui met l’accent sur le pathétique Géraldo-Georges, puis Priez pour nous (le seul que je n’ai pas encore lu).

Jim