LES COPAINS (Yves Robert)

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REALISATEUR

Yves Robert

SCENARISTES

Yves Robert et François Boyer, d’après le roman de Jules Romains

DISTRIBUTION

Philippe Noiret, Pierre Mondy, Claude Rich, Michael Lonsdale, Christian Marin, Guy Bedos, Jacques Balutin, Claude Pieplu, Jean Lefebvre…

INFOS

Long métrage français
Genre : comédie
Année de production : 1965

Non, ce n’était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu’on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en pèr’ peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’app’lait les Copains d’abord
Les Copains d’abord

Ils sont sept Copains. Sept indéfectibles potes qui se sont rencontrés aux différents âges de la première partie de la vie d’un homme…les deux premiers ont partagé le lait de la même nourrice amatrice de bibine, les autres sont venus pendant la petite et les grandes écoles et les deux derniers les ont rejoint avant et pendant le très long service militaire de l’époque. Enfin formée, la bande ne se quitte plus et ensemble, ils profitent des plaisirs de la vie.

Oui, les copains sont hédonistes et fiers de l’être. Il y a Bénin (Noiret), Broudier (Mondy), Huchon (Rich) qui ne quitte jamais sa flûte et ses airs de Mozart, Lamendin (Lonsdale, un peu en retrait tout de même face à l’abattage de Noiret et Mondy), Omer (Marin), Lesueur (Balutin) et le grand gamin Martin (Guy Bedos, qui intègrera ensuite l’autre grande bande de potes animée par Yves Robert dans le diptyque Un éléphant, ça trompe énormément/Nous irons tous au paradis).

Après une monumentale beuverie (pendant laquelle un tenancier joué par Jean Lefebvre en voit des vertes et des pas mûres), les copains décident de s’en prendre à l’hypocrisie et à la rigueur des corps constitués, des fondements de la société gaullienne, en montant trois énormes canulars pour se moquer de l’armée, de l’église et des administrations. Pour ce faire, ils choisissent…ou plutôt les vapeurs de l’alcool choisissent pour eux deux villages où les sales gosses pourront s’amuser pendant leurs vacances.

Rythmé par Les Copains d’abord, la chanson de George Brassens composée pour l’occasion, leur voyage est une ode à l’amitié, au plaisir de prendre la route, soit seul, soit à deux, pour mieux se croiser et partager la joie de se retrouver. De très jolies scènes avant que le rire s’installe pour de bon. Les deux premières farces, qui touchent un bâtiment militaire commandé par Claude Piéplu et une église où le personnage de Noiret se déguise en curé pour condamner la virginité et prôner l’amour physique, sont irrésistibles. La troisième est également amusante, même si moins efficace que ce qui a précédé.

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Les sept acteurs ont du partager de beaux moments sur le tournage tellement leur énergie est communicative. Les Copains d’Yves Robert est une savoureuse fantaisie, avec un ton qui séduit dès les premières minutes et de belles idées visuelles, notamment au niveau du montage, de l’emploi de petites animations et de la dernière scène empreinte à sa façon d’une certaine poésie.

Des bateaux j’en ai pris beaucoup
Mais le seul qu’ait tenu le coup
Qui n’ai jamais viré de bord
Mais viré de bord
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’app’lait les Copains d’abord
Les Copains d’abord

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C’est un des films d’Yves Robert assez oublié je trouve et qui, pour ma part, est absolument grandiose. Pour son casting bien sur, pour être à l’origine d’une des plus belles chansons de Brassens également mais surtout pour cette atmosphère totalement anarchique et cette quête du bonheur.

Cette bande de trolls en puissance (la scène dans le cinéma) et d’anars bien caché sous des oripeaux très respectables cherche également un chose qui semble impossible dans un pays qui s’autocongratule et qui prône le travail au service de la puissance économique avant tout et sur tout. De voir cette bande de copains commettre des farces envers des pilier de la patrie sonne comme un air de pré révolution qui fait du bien et qui résonne encore aujourd’hui