LES FILLES DE SALEM (Thomas Gilbert)

En fait, en relisant mes propos, je les trouve plutôt positifs, et mon bémol une fois de plus concerne le lettrage, qui me semble contre-productif. Même si je pense que, peut-être, c’est fait exprès, dans la perspective de créer un flou, un brouhaha signifiant l’emportement, le rouleau-compresseur, le destin qui s’emballe.

Jim

Pourquoi ai-je démarré par « mince » alors… Mystère.
En tout cas, j’avais oublié l’existence de cette BD …

Bah ça va en faire, des notes de lecture, tout ça…

Jim

Le pire dans tout ça … c’est qu’à force d’être tenté en permanence ici, j’essaie d’aller ailleurs pour moins l’être … mais c’est encore pire, ça s’additionne.

Ailleurs, c’est dangereux.
Reste ici.

Jim

Bon, alors, moi aussi j’ai pris la version « poche ». J’aime bien ces tailles de bouquins, cependant, l’age commence à attaquer ma vue (la prise de rdv à l’ophtalmo va être nécessaire) et là, j’ai clairement peiné à lire certaines bulles (la typo faisait des lettres trop rapprochées pour moi). Donc, puisqu’on est sur le sujet, pour le bullage, je rejoins Jim. Par moment, dans la scène entre les 2 jeunes filles, je ne savais plus qui disait quoi (après, ça empêche pas le réct d’être clair, parce que ça importait peu). Et puis le changement de narrateur, même si c’est malin car ça prépare la fin, aurait pu être mieux représenté avec les bulles.

Bon, sinon, je pense que Kab et Jim ont tout dit. Sauf que je pense que cette BD a forcément des ressenti distincts liés à notre histoire perso et nos affinités. Plus que dans pas mal de BD. Donc, je ne vais pas donner un avis formel, mais plutôt un ressenti de sortie de lecture.
Déjà, j’ai deux filles, donc évidemment, avec le tout début, j’ai forcément pensé à elles. Et je pense qu’un père doit appréhender différemment cette phase qu’une mère (c’est un peu l’inconnu pour nous, tout en sachant ce que les loustics d’en face sont capables de faire/penser, sinon plus … bah ouais, c’était nous les loustics d’en face, avant).
Et puis ensuite, j’ai un rapport disons … inamical avec la religion et les cultes. Je ne suis pas là pour m’épancher sur le sujet, c’est plus ou moins de notoriété, car je ne m’en cache pas vraiment, même si ne dis pas tout ce que j’en pense (mon compère d’Angoulême me demandait toujours si j’allais brûler quand on rentrait dans un lieu de culte :laughing:). Bah ouais, parce qu’il y a les gens d’en bas de la religion, des gens que j’aime bien, que je froisserais très fort si je disais tout ce que j’en pense, de leur religion et de leurs représentants. Enfin bref… ici, dans les Filles de Salem, y a pas tout ce que je déteste dans la religion, mais y en a un bon paquet. Alors, oui, c’est le XVIIème siècle … sauf que ça n’a pas tant changé que ça. La différence, c’est que les gens ont de la culture, savent ce qui se passent de l’autre côté du fleuve, n’ont souvent pas de trop de problème pour se nourrir … et pour autant, ils sont capables de croire des conneries d’un dévot à la télé ou sur un internet. Donc, c’est pareil. Et la manif pour tous (enfin, pas moi) n’est qu’un exemple accablant.
Et donc, j’en ressors avec un énième dégoût pour le corps religieux, parce que si l’histoire est romancée et qu’elle est une fiction, … punaise, elle est quand même assez réaliste. Je n’ai rien lu sur la véritable histoire des « sorcières de Salem », mais je veux bien croire que ça ressemble à ceci. La fin m’a bien pris, j’en ressors un peu affecté quand même, même si je peux comprendre que l’époque était celle-ci, et j’excuse même la Justice (même si je pense qu’il a sacrifié pour en sauver un paquet).
Un jour, on m’a demandé comment il était possible que je ne crois en rien (bon, je crois à la théorie de l’évolution, mais visiblement, c’est tout de même « rien »). Bah quand je lis cette BD, je me demande comment ils ne se posent pas eux-même la question inverse. Comment peuvent-ils croire encore ?
(donc, ouais, cette BD est pas mal. Elle touche, et formellement, il y a des choses intéressantes, car elle met des fausses pistes, ou d’autres orientations … mais malheureusement, j’avais déjà une idée de la fin… quasiment dès le début)

Parle pour toi.

Pire.
Le XVIIe.

Euh…

Vaste question.

Jim

J’étais un gentil loustic. Mais je ne voulais pas me dédouaner pour autant.

Mince, pardon, je corrige.

C’était pour voir si tu lisais. :yum:

Je l’ai repris en grand format cartonné (ma version poche avait subi une valdingue qui l’avait bien abîmée, et elle a fini dans une boîte à livres).
Relecture… un jour.

Jim