LES FILLES DE SALEM (Thomas Gilbert)

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LES FILLES DE SALEM

SORTIE LE 21/09/2018

Une plongée passionnante et terrifiante dans l’univers étriqué et oppressant de la colonie de Salem, en Nouvelle-Angleterre, au 17e siècle. Un village dont le nom restera tristement célèbre pour l’affaire dite des « Sorcières » qu’Abigail nous raconte, elle qui, à 17 ans, fut une des victimes de l’obscurantisme et du fanatisme religieux à l’oeuvre. Tout commence quand un jeune garçon lui offre un joli petit âne en bois sculpté…

PAGINATION.
200 PAGES
EAN.
9782205077025
PRIX
22 EUR

Ca c’est très bien.

Je confirme mon avis après l’avoir lu. Pfiewww c’est bien.

Salem est un petit village bigot. On y suit une jeune fille voir plutôt une enfant qui se voit contrainte dans les traditions et qui s’entiche d’un indien. Le village lui souffre de différentes avarie qui met le doute sur les villageois et le pasteur lui voit ses revenus diminuer car la population ne le paie plus. Il va créer une atmosphère de peur et tuer des centaines de femmes pour retrouver ses ouailles l’église et l’argent tout en cachant un gros secret.

Salem c’est l’histoire de ces jeunes femmes mortes lors d’une mauvaises années avec des intempéries trop fortes, des moissons trop légères, et une peur idiote qui rend les gens méchants préférant rejeter la faute sur le voisin plutôt que de réfléchir à la situation.
C’est l’histoire d’un pasteur qui à peur et qui va tout faire pour retrouver ses ouailles.

Les Filles de Salem : Comment nous avons condamné nos enfants / Edition spéciale (Poche)

Une plongée passionnante et terrifiante dans l’univers étriqué et oppressant de la colonie de Salem, en Nouvelle-Angleterre, au 17e siècle. Un village dont le nom restera tristement célèbre pour l’affaire dite des « Sorcières » qu’Abigail nous raconte, elle qui, à 17 ans, fut une des victimes de l’obscurantisme et du fanatisme religieux à l’oeuvre. Tout commence quand un jeune garçon lui offre un joli petit âne en bois sculpté…

  • Éditeur ‏ : ‎ DARGAUD (24 juin 2022)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 200 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2205205714
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2205205718
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 505 g

Né en 1983, Thomas Gilbert passe une année aux Beaux-Arts de Paris et trois ans à Saint-Luc (Bruxelles), en option bande dessinée, avant de commencer sa carrière d’auteur, en 2009, avec la sortie du premier tome de deux séries : « Oklahoma Boy » (Manolosanctis) et « Bjorn le Morphir » (Casterman). Ses premières influences sont à trouver du côté de « L’Association », qui lui ont permis de comprendre l’importance du point de vue de l’auteur sur la construction du récit. Aujourd’hui, ses sources d’inspiration se retrouvent, entre autres, dans les univers de Taiyo Matsumoto ou de Michael DeForge. Depuis, il a dessiné plusieurs albums jeunesse (« Nordics », Sarbacane) et signé en solo des projets plus personnels pour adultes (« Sauvage ou la sagesse des pierres » , Vide Cocagne) . Dans ses albums, Thomas recherche un lien fort avec le lecteur en creusant des questionnements qui l’interpellent, en espérant le remuer, lui faire partager ses émotions, son énergie. Il a travaillé à l’atelier Mille, à Bruxelles, un endroit partagé avec d’autres auteurs de bandes dessinées comme Jérémie Royer, Émilie Plateau, Léonie Bischoff, Nicolas Pitz, Flore Balthazar, Tiff et Monsieur iou. En 2018, il sort « Les Filles de Salem », chez Dargaud, qui sera adapté en format poche courant 2022 par ce même éditeur. Une plongée passionnante et terrifiante dans l’univers étriqué et oppressant de la colonie de Salem, en Nouvelle-Angleterre, au 17e siècle. Pour cet album, Thomas Gilbert s’est intéressé de manière personnelle et engagée à un événement marquant de l’histoire américaine : le procès des sorcières de Salem. Très documenté, son travail lui a permis, au-delà du récit des faits, de questionner des thématiques qui lui sont chères comme l’enracinement insidieux de la haine au coeur du système moral et judiciaire dans nos sociétés dites modernes ou progressistes. En 2021, il publie "Nos Corps alchimiques " (Dargaud), où il s’intéresse à un trio amoureux à la recherche d’une révolution des corps et des esprits. Un album aux thématiques puissantes et actuelles.

Je viens de lire la version poche sortie cet été, et c’est globalement très bien.

Le récit s’inspire de très près du célèbre procès pour sorcellerie qui est la raison pour laquelle on se souvient encore de Salem (précisément, l’auteur se concentre sur les faits de sorcellerie supposée de Salem Village, près de Salem Town, là où aura lieu le procès), et postule un mélange de mauvaises conditions climatiques qui occasionnent de mauvaises récoltes (et donc le sentiment d’être frappé par le mauvais sort), de pratiques culturelles nouvelles (rencontres avec les Indiens locaux) et de pression du patriarcat. Ce qui est intéressant, c’est qu’il montre que les femmes sont des victimes d’un monde régi par les hommes et par la foi, même si les femmes elles-mêmes sont d’une certaine manière complices de cet état de fait (voir les scènes, au début, consacrées au conseil des femmes).

Alors certes, l’auteur fait des choix. Il est clairement du côté des femmes et montre comment les hommes font d’elles leurs objets et décident pour elles. L’affaire est plus large puisque plusieurs villages ont été touchés (fait qu’il évoque au détour d’une bulle) et que certains hommes ont été condamnés aussi (là où il préfère se concentrer sur les femmes). D’ailleurs, concernant les sorcières de Salem, certains historiens émettent l’hypothèse d’une contamination par l’ergot du seigle, un champignon parasite qui provoque des hallucinations (dans le meilleur des cas) : signalons que le principe actif de l’ergot du seigle a été synthétisé par Hoffman et ça a donné le LSD. Signalons aussi que des affaires de contaminations de ce genre sont nombreuses, jusqu’à celle du « pain maudit » en 1951. Mais tout ceci, Thomas Gilbert l’écarte, car ce qui compte, c’est les mécanismes sociaux d’oppression dans un monde rétrograde, conservateur et bigot, dominé par le représentant local du divin.

Il commence donc par montrer une communauté où tout va bien, puis met en place les mécanismes de la méfiance, de la paranoïa, de la haine et du rejet quand la situation périclite. Il montre aussi la prééminence de la religion sur la loi, faisant le portrait d’un révérend enflammé, influent, d’autant plus sonore qu’il a ses propres péchés à cacher, face à un juge méfiant et pragmatique mais constamment sur la réserve, qui finira par s’effacer, à force de doute, devant le représentant de la religion. Comme à l’image du père d’Abigail ou d’autres personnages, Gilbert nous montre que si le mal triomphe, c’est parce que personne ne se dresse devant lui.

L’une des forces du dessin, qui emprunte beaucoup à cette « nouvelle BD » qu’a fait naître l’Association il y a une grosse vingtaine d’années, et peut-être aussi à certains dessinateurs semi-réalistes d’obédience diverses (parfois je pensais à un Pierre Alary, parfois à un Craig Rousseau), c’est de déformer la réalité afin de rendre la perception des personnages. Dans la longue scène de procès qui referme l’album, les juges paraissent de taille gigantesque, comme pour mieux représenter leur présence inquiétante, leur capacité de nuisance.

A contrario, une fois de plus, le lettrage se contente d’aligner des ovales sans distinction. C’est problématique dans la scène du procès, qui fait se percuter les notes mentales du juge, les témoignages accumulés des témoins et les propos de certains personnages, dûment représentés avec une queue de bulle. Il aurait été plus pertinent de varier les formes (un rectangle pour les témoignages, une forme de papier déchiré pour les considérations du juge…) et peut-être de glisser quelques guillemets ici et là pour les propos rapportés. Le résultat, c’est une sorte de brouhaha de paroles, qui contribue à incarner la dilution du message et le flou de la pensée présidant au séances d’audition, mais ça ressemble aussi beaucoup à un manque de soin sur cette partie de la narration, démontrant une fois de plus que le lettrage est devenu l’enfant pauvre de la BD franco-belge.

Malgré ce gros bémol, l’album est impressionnant par force évocatrice et par son propos tranché, et pour tout dire à la fois féministe et anti-clérical. Ça remue.

Jim

Mince … C’est le titre qui m’intéressait.

Parmi la collection de poche ?
Ouais, ça reste très très bien.
Et j’ai oublié de préciser que la réduction du format ne nuit pas à la lisibilité.

Jim

Oui c’est ça. Il fait partie des titres de cette année, c’est ça ?

Oui

Trouvé chez ma libraire. Je l’ai pris avec Tebori, et le Davodeau sur les années de plomb françaises. Je n’ai pas pris Mécanique Céleste, le feuilletage m’a semblé intéressant mais le pitch…

Jim

Le Davodeau, c’est Rural ?

Non, c’est Cher pays de notre enfance, avec Collombat.
Autre éditeur, mais opération poche comparable.
(Il a fallu que je cherche pour retrouver le titre.)

Jim

Diable, y a un autre éditeur qui a fait de même ?

Oui, Futuropolis.

Jim

Et Casterman

Ah je crois que c’est ceux-là dont on a parlé ici.

Edit : ah bah non. Faut que j’aille voir.

Oui : Le Muret, Ailefroide, Le Chemisier, In Waves, Hicksville

Jim

Ah donc c’est leur liste que j’ai (re)vue dernièrement.