Les deux albums suivants (à ma connaissance les deux derniers en date, le cinquième semblant se faire bigrement attendre, à moins que je n’ai loupé quelque chose) élargissent le conflit.

Les auteurs transposent sur le mode super-héros les problématiques propres à la guerre : la course aux armements dans le tome 3, l’enlisement des fronts (en l’occurrence les Dardanelles) dans le tome 4. Avec le lot de scènes héroïques, de conflits avec la hiérarchie, de rencontres avec les civils. En parallèle, les pays ennemis se dotent également de surhommes, Übermensch pour les Allemands, le Cimeterre pour les Turcs. Ce qui donne lieu à des grosses bastons, mais également permet d’avoir la vision de l’ennemi, ce qui est toujours intéressant.

Breccia livre des planches mieux pensées, plus abordables, même si le lettrage montre de grandes faiblesses (le comble était dans le tome 2, avec une floppée de bulles mal calées), confondant les voix off et les bulles hors-champ, qui sont toutes traitées en récitatifs rectangles, afin de rajouter à la confusion. Le lettrage est un art qui s’est perdu, au pays d’Astérix et d’Achille Talon : un comble.

Néanmoins, la série est sympa, ne ménage pas ses héros, et utilise une iconographie de propagande assez intéressante. J’espère bien qu’il y aura une suite.
Jim