LES TEMPS MODERNES (Charlie Chaplin)

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REALISATEUR & SCENARISTE

Charlie Chaplin

DISTRIBUTION

Charlie Chaplin, Paulette Goddard, Henry Bergman, Stan Sandford…

INFOS

Long métrage américain
Genre : comédie
Titre original : Modern Times
Année de production : 1936

Star du muet, Charlie Chaplin a longtemps hésité avant de passer au parlant car il était persuadé que le pantomime était l’une de ses plus grandes forces…et il craignait également que son personnage du « Vagabond » perde son universalité en acquérant la parole. Sorti en 1931, le très beau Les Lumières de la Ville est donc un film muet, avec des effets sonores et une bande originale composée par ses soins. Le long métrage fut un succès, mais suite à plusieurs critiques, Chaplin a fini par se demander s’il pouvait continuer encore longtemps à tourner des films muets. Déprimé, il partit se ressourcer à l’occasion d’un voyage autour du monde qui dura plus d’un an. Pendant ce long séjour loin des Etats-Unis, il fit de nombreuses rencontres, dont certaines lui ont donné l’idée des Temps Modernes.

Ayant lui-même connu la pauvreté dans sa jeunesse, Charlie Chaplin était de plus en plus concerné par la situation sociale en Amérique et la place de l’ouvrier dans une société de plus en plus industrialisée et déshumanisée. Au début du film, Charlot n’est d’ailleurs plus un vagabond, mais un travailleur à la chaîne dans une usine. Les conditions de travail frénétiques vont finir par rendre le héros totalement maboul et au terme d’une séquence hilarante qui voit le petit bonhomme créer un beau chaos dans les chaînes de montage, Charlot est envoyé à l’hôpital pour soigner sa dépression nerveuse.

Les Temps Modernes devait être le premier film parlant de Charlie Chaplin, qui avait commencé la production dans ce sens. Chaplin s’est alors rendu compte que cela ne fonctionnait pas et que le muet était un élément essentiel pour ce qui allait être la dernière apparition à l’écran de son personnage iconique. Mais Les Temps Modernes n’est pas un film totalement sans paroles. La musique et les effets sonores y jouent à nouveau un rôle important et on entend bien quelques répliques,par le biais d’une excellente idée qui colle parfaitement au propos du récit : les seuls dialogues proviennent de machines, telles une radio ou l’écran géant qu’utilise le patron de l’usine pour communiquer avec ses subordonnés qui ne sont pour lui que de simples « rouages » de son entreprise.

Juste après sa sortie de l’hôpital, les quiproquos s’enchaînent pour Charlot. Il est pris par erreur pour un syndicaliste communiste, est jeté en prison (source là encore de gags irrésistibles, notamment celui où Charlot prend par erreur de la drogue), en sort après une action héroïque avant d’être percuté par une fille des rues poursuivie par la police qu’il va aider et dont il va tomber amoureux, ajoutant une touchante dimension romantique à l’histoire. « La gamine », comme elle est désignée dans la distribution, n’était pas si gamine que ça puisque la très belle Paulette Goddard, qui fut un temps la compagne de Chaplin, avait 25 ans lorsque le long tournage a pris fin.

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Après plusieurs péripéties, Charlot et la Gamine finissent par se retrouver et travailler au même endroit. Elle est danseuse, il est serveur (pas une mince affaire compte tenu de sa proverbiale maladresse) et chanteur. Car pour ses adieux à l’écran, le Vagabond fait bien entendre sa voix pour un amusant numéro musical. Pour conserver intacte le côté universel de son personnage, Charlot chante un véritable charabia (on reconnaît des mots en français, en italien et d’autres qui ne veulent rien dire) et ce sont ses gestes qui participent à la compréhension de la petite histoire qu’il raconte. Un superbe numéro !

Les Temps Modernes est à la fois drôle (la satire est très réussie), poétique et émouvant. Un chef d’oeuvre intemporel sur des êtres humains à la recherche du bonheur. Le dernier carton de texte apporte une interrogation, qui n’ébranle pourtant pas l’éternel optimisme du petit vagabond. Il y a une lueur d’espoir…mais hélas les années qui suivront se révéleront très compliquées pour Charlie Chaplin…

Un des chefs-d’œuvre de Chaplin!
Une scène inoubliable pour moi est celle de la machine à donner à manger aux ouvriers pour qu’ils ne quittent pas la chaîne (au passage, c’est un mot intéressant car chaîne renvoie aux bagnards et aux esclaves, non?)… Et le « pétage » de plombs avec le serrage de boulons sur la jupe de la secrétaire!

Tu as raison pour le fond musical qui est totalement obsédant dans l’usine.

J’ai le DVD quelque part. Tu m’as donné envie de le revoir. Merci.

ginevra