L'ÉTRANGE Mr SLADE (Hugo Fregonese)

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REALISATEUR

Hugo Fregonese

SCENARISTES

Robert Presnell & Barré Lyndon Jr, d’après le roman The Lodger (Un étrange locataire) de Mary Belloc Lowndes

DISTRIBUTION

Jack Palance, Constance Smith, Byron Palmer, Frances Bavier…

INFOS

Long métrage américain
Genre : thriller
Titre original : Man in the Attic
Année de production : 1953

Londres, 1888. La nuit du troisième meurtre perpétré par Jack l’Eventreur, Mr Slade, un pathologiste, loue une chambre chez les Harley, un couple de bourgeois, ainsi que leur grenier où il installe un laboratoire pour ses expériences. Très vite, Mrs Harley trouve le comportement de Mr Slade très étrange et elle suspecte le pire; alors que sa nièce Lily, star d’un spectacle musical, s’intéresse de plus en plus à Mr Slade et le trouve très attirant. Est-ce que Lily est vraiment en danger ou est-ce que les soupçons de Mrs Harley ne sont qu’une fausse piste ?

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Man in the Attic (L’étrange Mr Slade en français) est la quatrième adaptation cinématographique de The Lodger, le plus connu des romans de la romancière britannique Marie Belloc Lowndes (publié en France sous le titre L’Etrange Locataire), inspiré par les meurtres de Jack l’Eventreur. La toute première version ciné, Les Cheveux d’Or, a été tournée en 1927 par Alfred Hitchcock qui signait là son troisième long métrage. Les deux suivantes datent de 1932 et 1944 et la cinquième et dernière (pour le moment) de 2009 (Jack L’Eventreur : The Lodger avec Simon “Mentalist” Baker et Alfred Molina).

On doit L’Etrange Mr Slade à Hugo Fregonese, un metteur en scène d’origine argentine. Solide artisan de la série B, il se distingua surtout sur des polars (L’Impasse Maudite avec James Mason, Mardi, ça saignera avec Edward G. Robinson…) et des westerns (Passage Interdit avec Joseph Cotten, Le souffle sauvage avec Gary Cooper…).
Malgré un budget très limité, il livre ici un travail soigné et tire parti de maigres décors de studios enveloppés de brumes pour installer une atmosphère anxiogène tout en jouant constamment sur la suggestion, censure de l’époque oblige. Les meurtres de Jack l’Eventreur sont ainsi mis en scène en caméra subjective, ce qui renforce la paranoïa ambiante de l’histoire jusqu’à un final ambigu.

Le seul comédien véritablement connu de la distribution est Jack Palance, pour sa première expérience en tête d’affiche après plusieurs seconds rôles. Souvent cantonné dans les personnages de méchants à cause de son fascinant visage taillé à la serpe, l’éternel et excellent second couteau livre ici une composition torturée, tour à tour effacé et touchant, mais aussi inquiétant et menaçant. Il porte le film sur ses épaules et entretient habilement le mystère sur son “étrange Mr Slade”.

Si le film fonctionne surtout grâce au magnétisme de son acteur principal, les seconds rôles ne sont pas en reste, et principalement le savoureux couple Harley. Mais aussi correctement emballé soit-il, Man in the Attic ne va pas toujours jusqu’au bout de ses idées et se perd même un peu trop dans des numéros musicaux incongrus et surtout beaucoup trop longs (les meneuses de revue et autres chanteuses prenant la place des prostituée en victimes de l’Eventreur) qui en ralentissent la progression dramatique.

Une production honnête, donc…mais pas assez “poisseuse” pour son sujet, ce qui en fait, malgré ses qualités, une entrée intéressante mais tout de même mineure dans la longue liste des films consacrés à Jack l’Eventreur.