Comédie / Aventures
Long métrage américain
Ecrit et réalisé par Max Linder
Avec Max Linder, Bull Montana, Frank Cooke, Caroline Rankin…
Titre original : The Three Must-Get-Theres
Année de production : 1922
L’une des plus grandes vedettes du cinéma comique au temps du muet s’appelait Max Linder, de son vrai nom Gabriel-Maximilien Leuvielle. Linder fut notamment l’une des inspirations de Charlie Chaplin, qui ne tarissait pas d’hommages sur celui qu’il considérait comme son « professeur » et un génie du burlesque. Linder a débuté sa carrière en 1905, une filmographie qui compte plus de 230 titres (principalement des courts d’une ou deux bobines et une poignée de longs) jusqu’à son suicide en 1925 (conséquence de sa dépression).
Linder est devenu une célébrité mondiale (avant l’arrivée des stars hollywoodiennes comme Charlie Chaplin, Mary Pickford et Douglas Fairbanks) avec son personnage de Max, un dandy chapeauté et moustachu éternellement plongé dans des situations burlesques. Les tournages s’enchaînent jusqu’au premier conflit mondial. Max Linder ne reste pas longtemps sur le front puisqu’il est réformé après avoir été gazé. S’il tourne moins à cause de sa santé devenue fragile, les spectateurs sont toujours au rendez-vous comme le montrent les très bons résultats du Petit Café en 1919.
À la même période, il signe un contrat en Amérique mais ne pourra produire, écrire, réaliser et interpréter que trois des longs métrages prévus, encore une fois à cause de ses problèmes de santé qui ne lui facilitaient pas sa masse de travail. Son dernier film américain est resté l’un de ses préférés, L’Etroit Mousquetaire (The Three Must-Get-Theres en V.O.), parodie des Trois Mousquetaires de Fred Niblo avec Douglas Fairbanks, grand succès de l’année 1921.
L’Etroit Mousquetaire respecte les grandes lignes d’une histoire bien connue. Lindertagnan est un gascon qui rêve de devenir mousquetaire, il monte à la capitale, provoque Athos, Porthos et Aramis (qui ont des noms d’animaux en V.O.) en duel avant de se lier d’amitié avec eux et de retrouver les ferrets de la Reine pour contrecarrer les plans du Cardinal. Une trame familière, reprise dans de nombreuses adaptations de l’oeuvre du Dumas…mais passée ici à la moulinette du burlesque et du nonsensique…
Sur un rythme enlevé, Max Linder multiplie aussi bien les gags délirants et anachroniques (les poteaux télégraphiques ne sont pas cachés, la Reine utilise une machine à écrire pour taper son message…) que des morceaux d’action bondissants qui n’ont rien à envier aux exploits de Douglas Fairbanks. Je vois cela comme du ZAZ avant l’heure…la mécanique comique s’invite dans chaque plan, dans les intertitres et dans les noms des réinventions des protagonistes (le cardinal de Pauvrelieu, le duc de Buckingham devient Bouc-qui-gagne, le nom de famille de Constance est Bonne-aux-fieux). Un ensemble réjouissant, plus de cent ans après sa sortie qui avait connu un grand succès critique et public !





