L'HOMME DES HAUTES PLAINES (Clint Eastwood)

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REALISATEUR

Clint Eastwood

SCENARISTE

Ernest Tidyman

DISTRIBUTION

Clint Eastwood, Mariana Hill, Verna Bloom, Mitch Ryan, Geoffrey Lewis, Dan Vadis…

INFOS

Long métrage américain
Genre : western
Titre original : High Plains Drifter
Année de production : 1973

Deuxième long métrage réalisé par Clint Eastwood (et son premier western en tant que metteur en scène, le genre qui a fait de lui une star internationale), L’Homme des Hautes Plaines a pour titre original High Plains Drifter. Le Drifter, c’est un vagabond, celui qui erre, qui ne reste jamais au même endroit. C’est un terme qui colle bien à ce cavalier qui surgit des vapeurs du désert pour se diriger vers la petite ville minière de Lago. Une bourgade pas très accueillante d’ailleurs : l’étranger y entre sous des regards soupçonneux, une tension palpable. Une magistrale séquence sans paroles, ce qui accentue tous les sons ambiants.

Alors qu’il entre dans le saloon, l’étranger est provoqué par trois hommes à la mine patibulaire qu’il abat sans difficultés. Il s’agissait de trois mercenaires que les habitants avaient engagé pour assurer leur sécurité (de l’argent très mal dépensé). En effet, la ville craint le retour des trois bandits qui ont massacré leur précédent shérif. Et à juste titre car ceux-ci viennent tout juste de sortir de prison et ils sont particulièrement revanchards. Les notables décident alors de donner à l’étrange tout pouvoir pour se débarrasser de la bande. L’étranger compte bien en profiter…car il a aussi ses propres plans concernant les gens de Lago…

Avec L’Homme des Hautes Plaines, Clint Eastwood a rendu hommage aux deux cinéastes qui ont influencé sa carrière, Sergio Leone (l’Etranger est une variation de l’Homme sans Nom) et Don Siegel, tout en touchant à des thèmes qu’il continuera de développer tout au long de sa carrière…et notamment la vengeance. Il le fait en instaurant dès les premières minutes un climat de mystère autour de l’Etranger qui ne cache pas vraiment son dégoût des habitants de Lago. Il n’inspire lui-même guère la sympathie puisqu’il viole une jeune femme qui l’a provoqué. C’est comme si Lago rassemblait une sorte de microcosme du pire de l’humanité. Et une violence de western spaghetti dans des décors de western hollywoodien « classique »…

D’après une idée originale de Ernest Tidyman (le créateur de Shaft), le scénario retravaillé sans être crédité par Clint et Dean Riesner (le co-scénariste de Un Frisson dans la Nuit, la première réalisation d’Eastwood), cultive une ambiguïté dès l’apparition des visions qui hantent l’Etranger. On devine alors qu’il rêve de la mort de l’ancien shérif, un certain Jim Duncan qui lui ressemble étrangement. J’ai longtemps cru que Clint jouait les deux rôles mais c’est sa propre doublure cascade, Buddy Van Horn, qui interprète Duncan. Et pourtant, lorsque le shérif agonise devant les habitants qui n’ont pas levé le petit doigt pour le sauver, son visage est bien celui de Clint. Intrigant…

Il est difficile de parler de L’Homme des Hautes Plaines sans évoquer sa dimension fantastique (donc désolé pour ceux qui ne l’ont pas vu) car elle fait partie intégrante de son identité, de son symbolisme. L’Etranger est une figure mythique invincible, un ange de la vengeance qui n’a qu’un seul but : mettre les habitants de Lago face à leur médiocrité tout au long de situations à l’ironie perverse. Et c’est particulièrement jubilatoire. Dans sa quête, l’Etranger apporte l’enfer sur Terre…littéralement. Et sur ce point, il faut souligner le superbe travail du directeur de la photographie Bruce Surtees, complice régulier d’Eastwood (ils ont travaillé ensemble de Un Frisson dans la Nuit à Pale Rider, le Cavalier Solitaire); qui donne à cet excellent western à la croisée des genres sa remarquable puissance visuelle.

L’Homme des Hautes Plaines est aussi connu pour sa version française qui a voulu gommer l’orientation donnée par Clint Eastwood avec une petite ligne de dialogue supplémentaire qui en modifie la résolution. La laconique réplique de la version originale est bien évidemment plus dans la lignée de ce qui a précédé…avant ce plan final où le drifter semble disparaître…ou plutôt se fondre dans l’horizon…

Faudrait que je le revois, tiens.

Réalisateur, également, de Ça va cogner, de La Dernière cible et de Pink Cadillac. D’après ce que je sais, c’était aussi le doubleur de Guy Williams dans la série télé Zorro, et c’est lui qui apparaît dans le générique, quand Tornado se cabre en ombre chinoise.

Jim

Il doublait Guy Williams ou Tornado ?

Hahahahahaha

Je crois que c’est dans Ridicule qu’il y a une blague de ce genre, un compliment sur le portrait de tel ancêtre, représenté sur sa monture, qui se retourne contre le flatteur.

Jim