L'ÎLE DES MORTS t.1-5 (Thomas Mosdi / Guillaume Sorel)

Discutez de L’île des morts

J’ai personnellement toujours eu beaucoup de mal avec le style de Sorel, que j’apprécie beaucoup pour ses couvertures (il a fait des trucs assez magnifiques chez Lunes d’Encre), mais que je trouve vraiment très peu narratif en matière de BD. Et pourtant, j’ai d’agréables souvenirs de certains albums (mais lesquels ? Typhaon écrit par Dieter ? Amnesia avec Mosdi également ?).

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J’ai lu récemment l’intégrale de L’Île des Morts, écrit par Mosdi, et je dois bien avouer que j’ai été particulièrement déçu. Pourtant, l’ensemble à de quoi me plaire : référence à une peinture célèbre, clins d’œil lovecraftiens appuyés, bibliothèque souterraine sur plusieurs étages, chats verts… Plein de trucs qui flattent mon goût pour un fantastique un peu suranné. Et pourtant, la narration y est bordélique, approximative et décousue.

Tout part de la célèbre toile d’Arnold Böcklin, L’Île des morts, représentant Charon se rendant sur une île à l’allure inquiétante. Plus précisément, le peintre a réalisé cinq versions de Die Toteninsel à la fin du XIXe siècle, et c’est de ce travail que part Mosdi, en postulant que l’artiste est un véhicule d’énergies et d’idées d’ailleurs, et qu’il convient de trouver un autre réceptacle, puisque celui-ci sombre irrémédiablement dans la folie. Le postulat est plutôt pas mal, mais dès le premier album, on sent que l’histoire se disperse. Le troisième, qui marque un saut dans le temps, apporte quelques explications rétrospectives concernant les deux premiers, mais le lecteur a eu le temps de se perdre, ce qui, en soit, n’est pas un mal pour ce récit à la tonalité onirique.

Mais Mosdi donne l’impression d’abandonner des idées en cours de route. Et ça, c’est plus gênant, puisque cela nuit à l’unité du récit, à ses fils rouges. Les ambiances sont plutôt chouettes, mais on ne s’éprend guère des différents personnages qui se succèdent dans l’intrigue.

Une occasion ratée.

Jim