LION MAN (Natuk Baytan)

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REALISATEUR

Natuk Baytan

SCENARISTES

Natuk Baytan & Duygu Sagiroglu

DISTRIBUTION

Cüneyt Arkin, Bahar Erdeniz, Barbara Lake, Yildigrim Gencer…

INFOS

Long métrage turc/britannique
Genre : aventures
Titre original : Kilic aslan
Année de production : 1975

Il y a bien longtemps régnait Salomon, un monarque byzantin bon, juste et adoré de son peuple. Normal, me direz-vous, puisqu’il est incarné par Cüneyt Arkin, le Alain Delon d’Anatolie Centrale, le Errol Flynn du Bosphore, le maître du Trampoline-Fu…bref, un homme, un vrai, star absolue en Turquie et dans les pays arabes et quasi-inconnu chez nous jusqu’à ce que les nanarophiles médusés découvrent un jour son magnum opus, Dünyayı Kurtaran Adam, plus connu sous le titre de Turkish Star Wars.

En fait, Lion Man est l’un des rares films de Cüneyt (l’homme aux presque 300 rôles) à avoir eu droit aux honneurs d’une distribution en France, même si elle passa complètement inaperçue à l’époque. Co-production avec l’Angleterre oblige, Cüneyt y était crédité sous le pseudonyme américanisé de Steve Arkin, ce qui rappelle les grandes heures du cinéma d’exploitation italien.

Mais revenons à nos moutons…euh, à nos lions plutôt. En fait, tout le monde n’aimait pas tant que ça le Roi Salomon…et plus particulièrement Antoine, chrétien dont le pays venait d’être annexé par Salomon. L’odieux moustachu imagine donc un complot pour renverser Salomon, le tuer et prendre sa place. Le bon roi (qui avait tout de même pris le temps d’engrosser la future femme d’Antoine) arrive à sauver sa propre femme, elle aussi enceinte (mais quelle santé, cet homme !) en retenant les portes de son palais pendant que les soldats d’Antoine le charcutent. Antoine lui porte ensuite le coup de grace en lui coupant les mains (le chrétien est odieux ET sadique) !

Après une poursuite épuisante, la reine décède en mettant son enfant au monde en pleine forêt, où le bambin sera élevé par une meute de lions.
Vingt années passent en un clin d’oeil (on a droit quand même à une scène toute mignonne où le gamin, tel un Tarzan turc, joue avec sa nouvelle petite famille). L’héritier du roi (Cüneyt joue bien sûr les deux rôles), reconnaissable à sa marque de naissance en forme de tête de lion, est devenu un homme à la force surhumaine, aux griffes acérées et capable se sauter au dessus de ses adversaires d’un seul bond. Pratique pour tuer une vache d’un seul coup de poing (faut bien manger) ou pour massacrer les cruels chevaliers d’Antoine, venu martyriser le petit peuple, torturer les paysans qui ne payent pas les taxes et violer leurs femmes.

Les rebelles ont entendu parler de la légende de Lion Man, le seul homme capable de mettre un terme à la tyrannie d’Antoine. Pour les beaux yeus de la fille du chef, Lion Man va rejoindre le combat et en quelques jours passera du sauvage muet en peau de bête à un héros de cape et d’épée qui sait parler le turc (la méthode Assimil en accéléré). Et pour compléter tous les clichés du film de cape et d’épée, Lion Man apprendra qu’il a un demi-frère (ils se reconnaîtront grâce au fameux tatouage).

Le premier combat dans la forteresse d’Antoine se termine mal pour Lion Man puisque le fieffé moustachu lui brûle les mains à l’acide. Mais cette blessure n’arrête pas Lion Man. Le héros sans peur se fait alors fabriquer des gants de fer en forme de pattes de lion. Le combat final peut alors commencer…et quel combat !

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Grand moment de n’importe quoi assez jouissif, la bataille finale voit Lion Man affronter les sbires d’Antoine en les faisant valdinguer par paquet de douze et en les massacrant avec ses pattes de lion. Cüneyt bondit sur son trampoline (sa marque de fabrique), les griffes en avant en grimaçant comme un beau diable (aurait-il inspiré L’Homme Puma ?) et en multipliant les figures les plus improbables. Du nanar épique !

L’interprétation est médiocre, le scénario enfile les clichés comme des perles et les rebondissements sont pour la plupart complètement grotesques, mais Lion Man n’offre guère le temps de s’ennuyer grâce à son rythme et à sa générosité dans l’action sanglante et débridée…aussi débile soit-elle !

Parfois, je me demande aussi comment ce genre de trucs peut être validé par des gens qui se disent “ah ouais, ça va super marcher ça”…