LIVE WAR HEROES (Fabrice David / Éric Bourgier)

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Avant de se lancer dans la série Servitude, qui a secoué le petit landerneau de la bande dessinée en son temps (personnellement, ça m’est tombé des mains à la fin du premier tome, donc je n’ai jamais suivi ni fini la série), Fabrice David et Éric Bourgier ont signé un one-shot dans l’éphémère collection « Mondes Futurs » de Soleil : Live War Heroes.

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Dans un futur proche (2021, l’album étant sorti en 2003), le pouvoir politique est passé aux mains des multinationales (l’ONU est devenue l’ONUC, le « c » renvoyant à « corporatistes »), une émission de télé-réalité suit un candidat (civil) dans une mission militaire à haut risque sur un territoire étranger, sous couvert d’une intervention humanitaire. Derrière cela, il y a une manipulation visant à annexer des territoires et à mettre la main sur des ressources utiles aux grandes entreprises.

Sauf qu’un soldat, du genre barbouze, a éventé le truc. De retour sur le sol américain après une mission, il croise le chemin d’un militant orné de prothèses cybernétiques, auquel il se rallie afin de faire circuler la nouvelle. Tous trois s’associent avec la veuve du candidat de l’émission, dans un final qui n’est pas sans évoquer celui d’Invasion Los Angeles.

Le récit alterne les scènes au présent, consacrées à l’émission (et à ce qu’elle cache) et celles au passé, dédiées à Jonas le soldat qui se découvre une conscience. L’alternance est plutôt efficace, même si les informations restent parcellaires. Les dialogues sont mal dégrossis et plutôt vulgaires (on notera un effort sur les textes du présentateur quand il est à l’écran, parfaite transcription de l’hypocrisie médiatique), et les personnages sont des caricatures (le général rigide, l’homme d’affaire sournois, le présentateur drogué, le veuve éplorée…). L’ensemble, qui s’appuie sur des idées déjà bien usées au moment de la sortie de l’album (Rollerball et Network datent des années 1970, Robocop de la décennie suivante), semble sans originalité, et son traitement recourt à des ficelles un peu trop épaisses.

Jim

Concernant Servitude, retente sa chance au produit car cette série c’est vraiment quelque chose. :wink: