LUCY IN THE SKY (Noah Hawley)

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DATE DE SORTIE PREVUE

Indéterminée

REALISATEUR

Noah Hawley (Fargo, Legion)

SCENARISTES

Brian C. Brown, Elliott DiGuiseppi et Noah Hawley

DISTRIBUTION

Natalie Portman, Jon Hamm, Zazie Beetz, Dan Stevens, Nick Offerman, Ellen Burstyn…

INFOS

Long métrage américain
Genre : drame/science-fiction
Année de production : 2019

SYNOPSIS

The film tells the story of a female astronaut who, upon returning to Earth from a life-changing mission in space, begins to slowly unravel and lose touch with reality. Her psychological decline culminates in a fevered cross-country trip with violent intentions in this complex, thrilling and darkly comedic character study.

La première bande-annonce :

Après la claque ultime qu’a été la série « Legion », vraiment hâte de voir ce que va faire le surdoué Noah Hawley pour le grand écran.

Déjà, il y a un jeu sur la forme. Sur l’horizontalité et la verticalité.
Je me demande comment ça fonctionne au cinoche.

C’est très intéressant d’ailleurs, ces changements de format calculés pour devenir des outils narratifs. Et pas si répandu que ça ; je dirais même que c’est très récent, même si pas unique…

De manière abstraite et théorique, j’ai toujours pensé qu’une des bases pour un film c’était la fixité du format (je veux dire : le ratio de l’image, 1:33, 1:66, 1:85, 2:44, etc… C’est-à-dire le rapport de la hauteur du cadre à sa base) ; le cinéma n’est pas la BD, et l’immersion dans l’expérience cinématographique s’accommode mal, en théorie, de ce type de variation.
Pour lutter contre la concurrence de la télé, à compter des années 50, le cinéma s’est mis à délirer à ce niveau-là en accroissant la spécificité du format « cinoche », pour des résultats parfois spectaculaire quand on avait affaire à des cinéastes sachant maîtriser le scope. Mais cette course à l’échalote avait ses limites : certains cinéastes préfèrent choisir leur format en fonction du projet esthétique (vaut mieux un bon vieux 1:85 pour filmer des immeubles ou des arbres… voire des dinosaures, comme dans « Jurassic Park »), quand les plus puristes comme Fritz Lang ne rejetait pas purement et simplement ces nouveaux formats (« le scope, c’est fait pour filmer les serpents et les cortèges dans les enterrements », disait en substance ce bon vieux Fritz).
Mais de manière un peu étonnante à mes yeux, le format carré (ou 1:33, mais on voit aussi parfois carrément du 1:1) est revenu en grâce, qu’on pense par exemple en la matière à certaines tentatives de Xavier Dolan, Alexandre Sokourov ou encore David Lowery, pour ces 5 ou 10 dernières années.
Comme une extension naturelle de cette réflexion renouvelée sur le format du cadre, certaines oeuvres se sont mises à jouer sur des changements de format en cours de récit, avec des enjeux narratifs à la clef. Ce ne sont certainementpas les seuls ou les premiers exemples du genre, mais on peut citer l’intéressant et beau, quoique très déprimant, « It Comes At Night » de Trey Edwards Shults, où le cadre se resserre à mesure que le récit se fait oppressant (de manière étonnamment naturelle et discrète), ou à la série « Westworld », où le format varie en fonction du « niveau de réalité » du récit, pour simplifier, là aussi assez subtilement.
Des expérimentations très stimulantes sur le strict plan formel. Un peu timides encore peut-être, mais on entrevoit un potentiel intéressant.

Si Hawley, qui a démontré et avec quel brio sur « Legion » que la narration passait énormément chez lui par le visuel et les effets afférents, se met à essayer des trucs dans ce goût-là, j’ai d’autant plus hâte d’en être.