Western/comédie
Long métrage américain
Réalisé par Richard Donner
Scénarisé par William Goldman d’après la série télévisée de Roy Huggins
Avec Mel Gibson, Jodie Foster, James Garner, Alfred Molina, James Coburn…
Année de production : 1994
Maverick est à l’origine une série télévisée créée par Roy Huggins (on lui doit aussi des rendez-vous réguliers du petit écran comme 77 Sunset Strip, The Rockford Files et Le Fugitif) et diffusée aux U.S.A. entre 1957 et 1962 pour un total de 124 épisodes qui n’ont jamais été diffusés dans les pays francophones. Pour se distinguer parmi les nombreux feuilletons westerns de l’époque, Maverick adoptait un ton plus léger dans sa description des aventures d’une famille de joueurs de poker à travers le Far-West, ce qui n’avait pas plu au premier réalisateur de la série Budd Boetticher, auteur d’un excellent cycle de longs métrages avec Randolph Scott, ce qui a motivé son départ au bout de trois épisodes.
Le plus célèbre des frères Maverick est Bret, joué par James Garner et présent dans 52 épisodes. Il a été rejoint au cours de la première saison par Jack Kelly dans le rôle de Bart Maverick. Les histoires alternaient entre les deux frangins qui partageaient aussi l’affiche en quelques occasions (une dizaine de fois sur trois saisons). Suite à une dispute à cause de son contrat, James Garner a quitté la série à la fin de la saison 3 pour être remplacé par le jeune Roger Moore en cousin Beau Maverick. Robert Colbert, qui campe Brent, le dernier frère Maverick, n’était pas le plus populaire puisqu’il n’est apparu que dans deux épisodes.
Maverick fait partie de cette vague de séries TV ressuscitées sur grand écran dans les années 90. Le film a été réalisé par Richard Donner, qui venait de signer L’Arme Fatale 3, et scénarisé par William Goldman (Les Hommes du Président, Princess Bride…) en respectant l’ambiance de l’original (d’après ce que j’ai pu lire vu que je n’ai jamais vu d’épisodes). Mel Gibson est Bret Maverick, un joueur professionnel dont le style et le talent lui attirent pas mal d’ennemis. Sur sa route pour se rendre au premier grand tournoi de poker, il rencontre la joueuse Annabelle Bransford et le marshal Zane Cooper qui vont devenir ses compagnons tout au long d’un chemin semé d’embûches…
La dynamique de ce trio fonctionne très bien : l’assurance un brin arrogante de Mel Gibson, son sourire ravageur aussi irrésistible pour certains qu’agaçant pour d’autres; la fausse maladresse de la charmante Annabelle campée par Jodie Foster, plus astucieuse qu’elle ne le laisse paraître de prime abord (l’actrice n’avait plus tourné de comédies depuis sa jeunesse d’enfant-star et elle est très convaincante); l’aspect plus rigoureux du représentant de la loi campé par James Garner (même si le bonhomme cache bien son jeu…et la participation du premier interprète de Maverick rend le twist final encore plus savoureux).
Maverick ne perd jamais une décontraction qui correspond parfaitement à la caractérisation de son héros. Comme il savait bien le faire, Richard Donner alterne les moments de comédie et d’action avec une bonne humeur communicative et les pastiches des passages obligés du genre, comme la diligence en folie, la rencontre avec les indiens, les duels et parties de pokers, savent donner le sourire…un très bon divertissement porté par une distribution de qualité (il y a aussi Alfred Molina en grand méchant, Paul L. Smith en noble russe et le vétéran James Coburn en organisateur du tournoi), riche en caméos.
Si l’apparition surprise la plus fun reste celle de Danny Glover en pilleur de banques, on retrouve aussi d’autres vieilles connaissances de Richard Donner (Margot Kidder, Corey Feldman…et sa femme Lauren Shuler Donner), des chanteurs de country comme Clint Black et Waylon Jennings, Geoffrey Lewis (vieux complice de Clint Eastwood) et de sacrées trognes pour peupler le tournoi de poker (Dan Hedaya, William Smith, Denver Pyle ou encore Doug McClure).