MOBY DICK - Herman Melville

Après Jules Verne, David Gibbins et Stephen King (en attendant de revenir vers ces 3 auteurs très prochainement), lecture d’un grand classique, Moby Dick : iletaitunefoisunroman.wordpress. … -melville/

Si le style de Melville peut freiner au départ, si le fait d’être éloigné d’Achab et de la baleine blanche pendant tout le début du récit (un bon quart de l’ouvrage avant d’entrapercevoir Achab), on se rend compte que la construction du titre est assez remarquable, offre plusieurs niveaux de lecture et aborde des thèmes intemporels. Quelques vagues ressemblances par moments entre Melville et Jules Verne, notamment pour ce qui est de la représentation d’une photographie d’une époque dans ses moindres détails. Bref, un pavé, pas forcément facile d’accès, mais que l’on finit en étant content de l’avoir lu.

Y a deux choses qui m’ont épaté dans le roman (qui en font d’ailleurs quelque chose sinon d’inadaptable, du moins de très difficile à adapter), c’est la variété des formes littéraires utilisées (descriptions, dialogues, chansons de marins, catalogue d’exposition…), mais aussi le fait que la réelle obsession de la baleine, même si elle est attribuée à Achab, est essentiellement le fait du narrateur. Qui voit des baleines partout, sur les enseignes d’auberge, dans les dots des mariages…
C’est d’ailleurs la chose fascinante : il décrit un monde entièrement articulé autour de la baleine (avec son commerce, son économie, son esthétique, ses légendes), mais en même temps, ce monde habité par la baleine, c’est surtout celui du narrateur. Le récit se construit autour de la rencontre entre un univers et une obsession.
Et où Achab, finalement, tient un rôle assez secondaire.

Jim

[quote=“Jim Lainé”]Y a deux choses qui m’ont épaté dans le roman (qui en font d’ailleurs quelque chose sinon d’inadaptable, du moins de très difficile à adapter)

Jim[/quote]

Il y a quand même eu la très chouette adaptation de John Huston (en 1956), avec Gregory Peck et Orson Welles, même si ça doit faire plus de 20 ans que je l’ai vu maintenant…

Adaptation au scénario signé Huston et Ray Bradbury qui a d’ailleurs relaté son expérience dans son excellent roman semi-autobiographique, La Baleine de Dublin.

Ray Bradbury ? J’ignorais ça, tiens.

Super bouquin, au demeurant, teinté d’une ironie souriante sur plein de choses (le monde du cinéma, mais pas que…).

Jim

@jim : concernant Ismaël et sa vision du monde baleino-centré, c’est vrai pour toute la première partie du récit en effet. Mais il “disparaît” pendant toute la dernière où Achab prend réellement une place centrale. Il ne revient qu’au tout dernier chapitre, après une bonne centaine de pages d’absence. Un changement de narration qui se fait d’ailleurs tout en douceur.

Justement, pour moi, Achab, c’est l’expression plus ou moins fantomatique de l’obsession d’Ismaël. Et si Achab “squatte” le récit (sur une courte période, au fond, si l’on regarde la pagination du bouquin), c’est aussi parce qu’Ismaël est dépassé, et donc écrasé puis écarté, par ses propres obsessions, selon moi.

Jim

En effet, ça me semble très pertinent comme analyse.

C’est en cela que je pense que Moby Dick est inadaptable : parce qu’Achab n’est en quelque sorte qu’un épiphénomène de l’obsession d’Ismaël. Et que les films, en faisant les choix (logique et légitime, hein…) de le prendre comme personnage central, décalent le propos.
(Mais je peux me tromper, hein…)
Sans compter que la variété de ton littéraire est difficile voire impossible à rendre, le risque étant de faire un film long et chiant !
:wink:

Jim