THE HULK! #20 : L’INFERNALE ATTENTE DE L’AUBE
Après avoir délaissé le numéro #19, Moon Knight revient une dernière fois dans les pages de The Hulk!, pour un très court épisode datant d’avril 1980 (d’après la couverture), qui va continuer de faire errer le héros dans une certaine noirceur…
Après le combat qui a fini par la mort de son adversaire et frère, après avoir gravement blessé Marlène, Moon Knight est au chevet de sa compagne hospitalisée, attendant avec anxiété le diagnostic, qui ne pourra arriver qu’en matinée.
Impuissant, il décide passer la nuit en ville. Ses déambulations l’amène à empêcher un agent de sécurité de boire pendant son travail, à donner de l’argent à un sans-abri, à donner une leçon à un chauffeur de taxi qui dégonflait les pneus d’un collègue, à sauver un toxico de la noyade, à tenter d’aider une prostituée vis-à-vis de son proxénète mais se fait rembarrer par celle-ci et enfin, à déjouer l’agression d’un sans-abri. Il apprend la vie difficile qu’il mène et cela ne fait que renforcer son humeur morose.
Et quand il revient à l’hôpital au petit matin, les infirmières lui apprenne que Marlène va s’en sortir. Le soleil brille alors enfin, au propre comme au figuré.
Ces 7 pages, qui font directement suite à al fin du diptyque précédent, ne présente pas les compatriotes citadins de Moon Knight sous leur meilleur jour. Alcoolisme, prostitution, drogue, vagabondage, précarité de la vie, violence, agression, inimitié… Doug Moench nous fait un rapport de la société nocturne américaine plutôt sombre, et assez déprimant, puisque MoonKnight considère l’aide qu’il apporte comme un coup d’épée dans l’eau, et chacun retournera très rapidement dans ses travers (s’ils n’y sont pas déjà restés, à l’instar de la prostituée). Au delà de l’aspect morose, il y a beaucoup d’amertume et de mélancolie de la part du héros.
Cette ambiance conforte beaucoup celle de l’épisode précédent, comme si cela était un contrecoup de ce que Moon Knight avait vécu. Et ça conforte aussi l’ambiance et le ton que semble vouloir amener Moench à son personnage, en ce début des années 80 (c’est l’époque du choc pétrolier de 1979, et les Etats-Unis connaissent également une vraie récession). Ce qui n’est pas sans rappeler ce que font au même moment Roger McKenzie et Frank Miller sur Daredevil, autre personnage solitaire et urbain, qui navigue dans eaux plus poisseuses que celles d’un Spider-Man, par exemple, qui est beaucoup plus solaire dans son attitude (malgré les problèmes qu’il rencontre, dans sa vie privée comme super-héroïque)
Cette fois-ci, Bill Sienkiewicz s’encre lui-même et on sent qu’il continue d’expérimenter, de tester. Il se colle à cette atmosphère, retranscrit bien la rage , l’agacement ou le désarroi que ressent le héros. Il y a également plus d’ombre, la cagoule prend plus de place, ce qui donne un aspect plus mystérieux et intransigeant à Moon Knight. La couleur de Steve Oliff va également dans ce sens.
