NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON (Philippe Lacheau)


#41

J’étais avec lui, j’ai le même avis.
@Blackiruah je ne comprends pas que tu n’ai pas apprécié les blagues, c’est du Lacheau dans toute sa splendeur.
Après on était en groupe et la salle était bien dans l’ambiance.


(Blackiruah) #42

Pour le coup, non, enfin pas dans ce que j’ai dans mes souvenirs (et vu que je revois babby sitting 1, c’est largement moins gras).
En fait le souci c’est que c’est du Lacheau x Nicky Larson = humour gras en mode gatling que porté sur la chose.

Et là on peut dire “oui mais c’est Nicky Larson”, certes mais dans Nicky Larson tu as les moments “beauf” qui sont contrebalancés par des moments de purs actions très sérieuses qui montrent pourquoi Nicky est respecté, sauf que Lacheau n’a pas pu s’empêcher d’y mettre aussi de l’humour là où y’en avait pas besoin, renforçant encore plus l’humour gras primaire de l’oeuvre…

Et puis sérieusement ???

Le personnage interprété par Tarik Boudali est hilarant et va venir rajouter une touche d’humour supplémentaire tout au long du film, jusqu’à la toute fin !

Vraiment ? Franchement, non seulement il a même comic relief tout le long du film et cerise sur le gâteau il détruit quasiment toutes les scènes d’action à chaque fois avec un truc tout pourri… et il sert à rien mais alors à rien du tout dans le récit. Ca servait à rien de ramener touuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus ses potes pour rien apporter. Ca fait vraiment genre “hey venez les gars vous allez croquer OKLM, ça va passer trankilou bilou”. Bah non, c’est de la m***e et ça gâche encore plus car ils essaient de placer leurs petites blagues à 2 balles (oui très peu de blagues ont vraiment fonctionné, la seule qui m’a marqué c’est l’élixir de vérité)

Bref non c’est un gros navet et pas dans le bon sens du termes.


(Ben Wawe) #43

Je l’ai vu aussi, et j’ai bien aimé.
Philippe Lacheau s’est lancé un terrible défi en adaptant un dessin-animé (grosse ambition) inspiré d’un manga (grosse, grosse ambition), qui a un statut culte pour son équilibre si difficile entre humour et sérieux (grosse, grosse, grosse ambition). Tout n’est pas réussi, certaines choses sont un peu lourdes et tombent à plat - mais le film a beaucoup de réussites, et surtout une telle sincérité dans sa déclaration d’amour au Club Dorothée qu’il emporte, vraiment, mon adhésion.

Evacuons de suite ce qui ne va pas : le dessin-animé Nicky Larson variait constamment entre un personnage alternant entre l’obsédé comique… et le justicier super bad-ass. Le “switch” était toujours impressionnant, et faisait clairement le sel de cette série. J’étais personnellement ultra-fan pour ça, pour ce perso’ un peu con - mais qui “switchait” en bad-ass, avec cette impression de “ho putain ça va chier” quand son visage devenait sérieux ; et c’était classe. Philippe Lacheau, qui s’est musclé et tente vraiment de bien faire ici, ne parvient jamais à avoir ce sérieux, et a déclenché un “ho putain ça va chier”. Il n’est jamais épique, il n’est jamais bad-ass ; c’est dommage, c’est vraiment dommage, mais… bon, ce n’est pas son jeu, pas son orientation d’acteur.
En outre, Lacheau utilise ici un humour vraiment pipi-caca (enfin surtout bite-cul-seins) qui, s’il est cohérent avec Nicky Larson, peut être un peu lourd. J’ai eu du mal à rentrer dans la première scène, qui lance quand même le film à base de vannes sur un pénis ; qu’on voit carrément, et rapidement. Ca surprend, le reste fonctionne plus, mais c’est quand même “bas du front”, hein. M’enfin, Nicky Larson est quand même, intrinsèquement, concentré sur ça.
Enfin, si les acteurs sont sincères dans leurs démarches et leurs approches, leurs prestations ne sont pas toujours très bonnes. Elodie Fontan est la plus sérieuse et celle qui gère le mieux les émotions de son personnage ; Tarek Boudali et Julien Arruti gèrent bien leurs personnages, mais ils sont tellement unidimensionnels qu’il est “bien” de ne pas les voir plus ; Kamel Guenfoud joue bien un Mammouth qui ne parle pas, et Didier Bourdon joue plutôt bien, même si on sent quand même qu’il n’est vraiment à l’aise que dans les moments comiques ; mais c’est bien Philippe Lacheau qui “pose problème”. L’acteur, scénariste et réalisateur est très sincère dans son approche, oui, et se donne beaucoup… mais bon, il en fait parfois trop dans l’humour, et n’y arrive pas vraiment dans le sérieux. Je doute que quelqu’un aurait pu vraiment bien incarner Nicky : Lacheau fait au mieux, mais ça tape à côté d’une cible qui, en fait, me semble tout simplement inaccessible.

Ces éléments moins pertinents sont cependant contrebalancés par beaucoup, beaucoup de bonnes choses.
Le scénario original a l’intelligence de ne pas chercher à singer le dessin-animé, mais à lui rendre hommage : il y a tout, ici, de la série initiale ; vraiment tout. C’est juste parfait, jusque dans les détails d’une ville a priori japonaise mais occidentalisée par les doubleurs, et quelques spécificités (comme le véhicule de Nicky). Le rythme, aussi, est très bon : 1H30 de film, beaucoup de rebondissements, pas de temps-mort ; ça fonctionne très bien. Lacheau a complètement saisi l’essence du dessin-animé, et il le reproduit ici, que ça soit dans l’intensité de l’histoire, mais aussi son découpage. Au-delà des clins d’oeil initiaux, on a ici une adaptation parfaite du fond et de la forme de l’oeuvre originale - et si Lacheau ne maîtrise pas entièrement les moments sérieux, ils sont néanmoins là. Gros point positif.
En outre, Lacheau a une volonté cinématographique, ici : s’il n’est pas un grand réalisateur, il tente de bien faire les choses, et y arrive souvent. Avec une approche classique pour l’humour et les vannes sexuelles, mais aussi avec une approche très “manga” pour plusieurs moments. Régulièrement, Lacheau veut et réussit même des plans qui rappellent les travellings mangas ou épiques, et ça fonctionne vraiment. Ca “tape” un peu à côté, car son jeu sérieux n’est pas parfait, mais… franchement, sa réalisation est très efficace. Elle épouse le dynamisme et la nervosité de son script, mais je le répète : il tente des plans “types” des animés mangas, et c’est autant courageux que réussi. Bravo. Surtout que Lacheau a conscience de ses limites, notamment physiques pour les combats, et il est très malin pour compenser ça (affrontement dans les ombres, affrontement “en FPS” [où on ne voit que les mains de Nicky, la caméra étant ses yeux]).
Enfin, et ça sera un point positif pour moi, ce film est une déclaration d’amour au Club Dorothée ; et c’est juste énorme. Que ça soit le respect du dessin-animé initial (mais aussi les judicieuses apparitions du doubleur de Nicky et du chanteur du générique), aux vannes et hommages vraiment bien placés (Ranma 1/2, Annette, Salut les Musclés, Les Filles d’à côté, Dragon Ball, Inspecteur Gadget, et bien d’autres !), Lacheau exprime son amour sincère pour cette émission qui a forgé bien des enfances… dont la mienne. Et là, je dis oui, car ces références ne “bouffent” pas le film, elles alimentent un long-métrage qui, déjà, est une adaptation pleine d’hommage au matériel de départ ; ça fait sens.

Que penser, alors, de Nicky Larson et le Parfum de Cupidon ?
Soyons honnêtes : ce n’est pas un grand film… mais ce n’est pas un mauvais film ; il est même bon, si les thèmes et hommages “parlent” au spectateur. Ce fut mon cas.
Le scénario, plein de références judicieuses et d’un humour très présent mais finalement légitime dans l’adaptation, est bon, et offre une alternance entre les plaisanteries, l’action (même si elle n’est pas toujours maîtrisée dans le sérieux) et même les sentiments (Lacheau et Fontan sont très crédibles, alors ; leur complicité, née de leur romance “dans la vraie vie”, fonctionne vraiment).
J’ai pris du plaisir à voir ce film, qui m’a rappelé mon enfance, m’a beaucoup fait rire, et m’a diverti. Franchement, malgré ses défauts… que lui demander de plus ?