NOTTINGHAM t.1-3 (Vincent Brugeas, Emmanuel Herzet / Benoît Dellac)

J’en ai pris un deuxième : Terra Prohibita !
Le déménagement prochain me fait perdre la tête. :smiley:

Non mais le pitch m’a complètement charmé, je ne pouvais pas résister.

Diable ! La spirale infernale est lancée !

Jim

La fin des temps approche.

On a eu quelques indices l’année dernière, mais cette fois, ça ne trompe pas !

Jim

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J’ai lu… et j’en ressors déçu.
Certainement parce que j’en attendais trop, ou plutôt autre chose.

J’ai récemment été complètement happé par l’annonce de cette BD, basée sur un pitch aussi simple qu’efficace : « Les légendes se doivent d’être simples. Tout héros a une identité secrète. Tout héros a un ennemi juré à affronter. Pour Robin des Bois, rien ne sera simple : il est aussi le shérif de Nottingham. »

J’adore, j’adhère. Je trouve que l’idée est brillante, et offre d’énormes possibilités. J’imaginais ainsi des scènes d’action, où « Robin » fuit les troupes du Shériff, où « Robin » se re-transforme en Shériff, où le Shériff est hanté par ses deux rôles, où ses allégeances se floutent…
J’imaginais trop, en fait.

Après avoir terminé la BD, le constat est amer : c’est bien. C’est bien fait. C’est assez joli, avec de belles planches, même si les combats sont un peu figés et les compositions un peu brouillonnes. C’est cohérent et pertinent, et c’est une belle aventure.
Mais… ce n’est pas ce que j’attendais.

J’en viendrais même à dire que ce n’est pas vraiment ce qui est annoncé. Oh, le Shériff est bien celui qui « monte » le plan pour voler l’or du Prince Jean (l’or en fait des Shériffs, qu’ils donnent pour garder leurs charges ; Jean le récupère en avance pour asseoir sa place et ainsi renverser la régence et remplacer définitivement Richard, alors disparu). Le Shériff a bien la capuche verte, il est « l’esprit de la forêt », et il mène la bande de Scarlett (devenue autre chose que Will Scarlett ; il y a d’ailleurs d’autres clins d’oeil, comme Tuck).
Mais… au final, je trouve que Robin des Bois n’est pas le Shériff, en fait. Au-delà du fait qu’on ne dise jamais ce nom, on se rend compte à la lecture que Marianne est Robin des Bois.
C’est elle qui monte le plan avec le Shériff, c’est elle qui l’amène à « redistribuer » l’argent des riches aux pauvres (d’abord en acceptant la corruption, qu’il redistribue discrètement aux nécessiteux). C’est elle qui l’oriente vers Scarlett, vieille ermite des bois avec sa bande dangereuse, a priori ses enfants. C’est aussi Marianne qui participe au plan, et finalement c’est Marianne qui vole l’or, quand la tentative nocturne du Shériff échoue et qu’il doit rester dans son rôle le lendemain.

Oh, tout ça se lit bien : Benoît Dellac a certes un trait figé sur l’action et un peu trop complexe dans les scènes de groupe, mais les dessins sont jolis et l’ensemble se regarde efficacement.
Vincent Brugeas et Emmanuel Herzet livrent un récit correct et intéressant, et tentent de faire « passer » la longue explication du contexte du début par Marianne en alternant avec l’entraînement du Shériff. Les personnages sont plutôt bien caractérisés, même s’il aurait été agréable de plus creuser ce qui les pousse à agir ainsi.
Les quelques clins d’oeil sur le mythe passent, même s’ils peuvent être lourds (comme Tuck).

C’est une bonne BD d’aventure, oui, et une interprétation pertinente du mythe.
Mais… ce n’est vraiment pas ce que j’attendais, ce que j’espérais. Ce que j’avais imaginé, et rêvé.
Et, aussi, ce n’est pas vraiment ce qui était annoncé. Ce qui est quand même dommage.

Malgré ta déception (sans doute en partie à cause de tes attentes), ce que tu en dis me donne encore plus envie de le lire.

Jim

J’espère, la BD mérite d’être lue !
Elle a beaucoup de qualités, notamment parce qu’elle est une belle aventure, avec de bons personnages et une approche intéressante.
Dommage que je m’en sois fait une autre idée avant de la lire.

Après, il y a aussi le fait que ce soit un tome 1. J’imagine que les auteurs ont sans doute encore quelques idées pour faire évoluer leur concept.

Jim

Peut-être, sûrement.
Comme l’a dit Kab, ça peut être auto-contenu. Mais bon, la BD « vend » le Shériff comme Robin, et j’explique dans mon spoiler que je n’ai pas complètement cette impression. Alors que si la BD avait été « vendue » sur ce que je vois là, ça aurait pu fonctionner aussi.

Bref, je suis curieux de lire d’autres avis.

Et c’est une erreur à mon avis. quand Vincent m’en avait parlé, il m’avait dit dès le départ la dualité de ce Robin, ce que je trouvais très intéréssant.

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Merci de ton retour, je suis content de voir que mon impression est bonne. :slight_smile:
La promo’ sur la dualité aurait été aussi pertinente et intéressante. Dommage.

Tout à fait, je pense que sur la promo faite tu ne peux qu’être déçu. Car c’est au final pas ce que tu as.

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Interview des auteurs :

Jim

A y est, je l’ai lu. J’ai feuilleté, j’ai été séduit par quelques cases, par une colorisation qui m’a rappelé des séries comme Le Troisième Testament, et donc j’ai pris. J’en ressors mitigé.

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Certes, la promotion du Lombard nous vend une double identité, antagoniste, donc effectivement ce n’est pas là que résident les enjeux. Pourtant, je m’attendais quand même à ce que les auteurs laissent planer le mystère, mettent en scène des personnages qui s’étonnent, qui interrogent, qui enquêtent, qui lèvent le sourcil quand le shérif s’absente alors que survient le voleur des bois… A contrario, l’équipe décide d’expliquer la supercherie en ouverture de ce premier tome. Une ouverture d’ailleurs un peu longue et un peu bavarde, mais à laquelle il convient de reconnaître un lettrage et surtout un bullage constant et cohérent. Mais c’est peut-être dommage d’ouvrir de la sorte, avec beaucoup de textes et de notions à absorber, et avec une séquence qui lève les ambiguïtés.

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La suite est plus intéressante : après avoir présenté Marianne, à l’esprit vif et ambitieux d’un animal politique, le scénario s’attarde à présenter le shérif, plus discret et prudent, peut-être même un peu timoré. Un contraste intéressant. La deuxième moitié de l’album permet de s’attarder sur la mise en œuvre de leur plan commun, qui a pour principal mérite… d’échouer, ce qui fait qu’on a un tandem de héros qui, pour son premier tome, se plante. C’est intéressant. Cela dit, hélas, l’échec en question conduit à la séparation du duo, alors que ce que l’on attendait (enfin, moi, en tout cas), c’est leur confrontation, car ils sont, d’une certaine manière, aux antipodes, comme dit plus haut.

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Question dessin, l’ensemble est de qualité, avec des décors soignés et des planches riches qui renvoient à la longue tradition de bande dessinée historique (à la Vécu, quoi…) avec cette fibre épique qui vibre depuis la série de Dorison et Alice. Les personnages sont plus inégaux, parfois magnifiques, parfois bancals. L’encrage et son souci de modeler des ombres évoque parfois Swolf, notamment dans les flash-backs en crayonnés.

Reste un premier tome qui laisse espérer des retrouvailles houleuses et remuantes entre les deux piliers du mythe. La relecture de celui-ci est pas mal, mais il manque peut-être une étincelle. Elle est là, cette étincelle, elle est sensible dans l’engueulade entre le shérif et Morville, mais elle ne demande qu’à s’embraser réellement.

Jim

Allez dis nous : c’est Alan Moore ?

J’adorerais ça xD

Dans le tome 2 …

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Première planche du tome 2, prévu pour janvier 2022 :

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Jim

Nottingham - Tome 2 - La Traque

  • Éditeur ‏ : ‎ LOMBARD (28 janvier 2022)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2808200013
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808200011
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 505 g