OCÉAN EXPRESS (François Ayroles)

Océan Express

Pas très commode de se retrouver en vacances sans ses affaires… Océan Express débute avec un infortuné échange de bagages sur le quai d’une gare : ce n’est qu’arrivés à destination qu’Adèle et Julien se rendent compte de leur erreur. Qu’il en soit ainsi, ils vont tenter de profiter de leur séjour tout en s’efforçant de mettre la main sur la valise échangée. Servi par une ingénieuse narration en miroir, Océan Express nous permet de suivre simultanément les aventures d’Adèle (sur la page de gauche) et de Julien (sur la page de droite). Les compositions des pages se répondent tandis que les mésaventures et chassés-croisés du duo forment une chorégraphie aussi loufoque que savoureuse.

  • Éditeur ‏ : ‎ L’Association; Illustrated édition (17 mars 2023)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 152 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2844149367
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2844149367
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 780 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 22 x 1.5 x 29 cm

Ho ça à l’air chouette ça, j’aime bien ce genre d’idée

Ouais, j’aime bien ce que fait François Ayroles (même si je ne connais pas tout). Je conseille vivement Une affaire de caractères, par exemple.

Plus récemment, j’avais craqué sur En terrasse, petit recueil de strips qui mélangent le commentaire politique, le clin d’œil et le jeu formel.

Et Alex Nikolavitch a dit beaucoup de bien de Buster Keaton - Perdu et retrouvé. Que je n’ai pas encore lu.

Jim

j’ai pas aimé trop absurde pour moi.

Ça me rend curieux, du coup !
:wink:

Jim

J’ai commencé à le lire, et c’est vraiment super.
Pour l’instant, avec son ensemble de rencontres sur le chemin, sa quête insignifiante qui prend des proportions dingues, ses deux héros un peu jean-foutre et son surréalisme léger, je vois dans ce récit une sorte de « roman picaresque réalisé par Jacques Tati ».

Jim

Très très chouette.
Donc, ça commence par une page symétrique qui montre les deux protagonistes se percuter à la gare : les sacs, identiques, tombent, ils repartent et, bien sûr, se trompent.

Le comble, c’est que s’ils ne montent pas dans le même wagon, ils empruntent tout de même le même train, descendent à la même gare d’une petite ville balnéaire, louent une chambre dans la même rue… et grosso modo ils vont se croiser pendant tout l’album sans jamais se rencontrer.

Les deux personnages, qui finalement acceptent ce coup du sort avec une placidité étonnante, vont faire plein de rencontres (les mêmes) et visiter plein de coins (les mêmes), mais toujours à des moments décalés et selon des perspectives changeantes. Les rencontres vont les mener partout et, surtout, nulle part, et ils avanceront dans le périple sans tirer guère d’enseignement, dans une logique absurde. C’est en cela que le parcours croisé renvoie un peu au roman picaresque, qui souvent met en scène un personnage qui est initialement motivé par une quête et qui finit par en dévier dans une logique… sans logique. Et le caractère normal, quotidien, insignifiant des décors et des petites vies tranquilles qu’ils traversent dans une forme d’indifférence, évoque un peu les portraits doucement surréalistes d’une société contemporaine qu’on trouve dans les films de Jacques Tati : jamais méchante, souvent souriante, toujours gentiment ridicule.

Les pages de gauche sont consacrées à Adèle, celles de droite à Julien, et l’auteur joue avec les répétitions de dialogues, les décalages temporels liés au parcours des deux personnages mais aussi au rythme des pages qui tournent (la scène du chapeau…), et franchement, c’est divertissant, drôle, décalé, et en creux ça parle aussi de nos sociétés du divertissement et de la solitude.

Une belle découverte.

Jim

1 « J'aime »

je suis pas rentré dedans, c’est pas du tout crédible pour moi, j’ai pas réussi de part la nature du truc à laisser mon incrédulité de côté.

Je crois que ce n’est pas le propos : justement, c’est une suite de coïncidences incroyables, tirées par les cheveux. C’est là que me semble résider le sel du truc. Entre autres.

Jim

Bien aimé

Très mignon et sympa même si un peu trop étirée à mon goût. Et j’avoue mon énervement face au comportement placide du mec mais bon compte tenu des circonstances tout est assez logique. Il y a une reconstitution d’atmosphère à la Jacques Tati (voire à la Dino Risi) qui fait tout le sel de la BD