OINK, LE BOUCHER DU PARADIS (John Mueller)

Le site de l’éditeur : labeldelirium.com/

Un aperçu en V.O. ici :

craveonline.com/comics/previews/834891-exclusive-preview-oink-heavens-butcher

Marrant, j’ai vu ça ce matin, moi aussi !
T’as pas la pagination et le prix par hasard ?

J’ai pas trouvé la pagination de l’album VF mais d’après Amazon, la VO fait 112 pages. Et le prix sera de 22 euros…

Oups, ça va faire cher, je trouve !

C’est le prix habituel pour un Delirium, non ?

Oui, mais avec une plus grande pagination de mémoire, non ?

Mmmm…pas sûr…

Ah bah l’éditeur a bien réussi son coup avec moi, alors ! :mrgreen:

Bon, la couverture m’intrigue depuis sa sortie, le titre m’intrigue, donc fallait bien que je la lise un jour, cette BD. Donc, c’est un cochon humanisé qui grandit travaille ce que je suppose être un abattoir, mais ce n’est pas sûr, mais là n’est pas le plus important, puisque tout le discours tourne autour du fait qu’on cherche surtout à l’empêcher de penser, d’avoir sa propre voie (et voix aussi d’ailleurs). Donc, le côté SF/fantastique, c’est pas vraiment le sujet. C’est une allégorie de ce qu’a connu John Mueller pendant sa scolarité (c’est lui qui le dit), donc une critique des institutions de tout bord (donc pas que du système éducatif auquel il a eu droit … mais sans que ce soit aussi violent que ce qu’il raconte dans sa préface, mon frangin a vécu un peu la même chose - cela dit, j’étais pas dans sa tête) qui force tout le monde à être dans un carcan et à surtout pas réfléchir ou donner son avis.
Donc, en fait, la centaine de pages se lit assez vite, il n’y a pas beaucoup de cases par page, ceci expliquant cela. Il n’y a pas de grands textes, le rythme de l’histoire est plutôt rapide (ça bastonne violemment par moment), avec quelques ellipses facilement compréhensibles.

Côté dessin, j’ai adoré. C’est un peu comme du Bermejo avec beaucoup de précisions (forcément, vu le niveau de détail de celui-ci), une sorte de réalisme fantastique que j’aime beaucoup, avec juste ce qu’il faut de lumière pour ne pas que ça paraisse trop sombre (ce que je reproche des fois à Clayton Crain). Les trombines sont excellentes, expressives, et les arrière-plans ne sont pas oubliés pour autant, mais pas trop chargées non plus. Un bel équilibre, je trouve.
Le rendu final des planches de 1995 (Kitchen Sink) retravaillé à la peinture (?) pendant 5 ans sa première version pour en faire un album sorti en 2015 chez Dark Horse est donc magnifique.