OMEGA L'INCONNU (Lethem/Rusnak/Dalrymple)

[quote]MARVEL GRAPHIC NOVELS : OMEGA L’INCONNU

240 pages/24,40 euros/En librairie seulement

Auteurs : Jonathan Lethem, Karl Rusnak, Farel Dalrymple

Nous vous proposons l’une des séries les plus atypiques de Marvel, dans laquelle le romancier Jonathan Lethem, assisté de Karl Rusnak, réinvente un concept imaginé par Steve Gerber (le créateur d’Howard the Duck) dans les années 70.
Sublimée par l’univers graphique étrange de Farel Dalrymple, cette saga raconte l’histoire de Titus, un jeune orphelin tentant de surmonter la mort de ses parents, dans un monde peuplé de robots et de super-héros déjantés. Il ignore encore qu’il a un destin commun avec un héros venu d’une autre planète, Oméga. Ensemble, ils vont affronter la menace du super-héros local, le Vison, et d’un virus nano-technologique qui menace la ville. À ne surtout pas manquer !

(Contient les épisodes US Omega the Unknown 1-10).

SORTIE LE 10 OCTOBRE ![/quote]

J’ai beaucoup bavé sur le trade paperback de la version seventies de ce perso méconnu, sans jamais sauter le pas (et je suis bien con : Gerber et Buscema, y’a peu de chances de se tromper…).

Quelqu’un sait ce que vaut ce “remake” (j’imagine que oui) ?

Buscema ? J’ai les premiers épisodes de la vieille série dans un pocket Artima et c’est Jim Mooney qui dessine (et j’aime beaucoup, je me prendrai le TPB un de ces jours)…

C’est pas l’album qui devait être uniquement dispo en souscription ?

C’est bien Mooney, au temps pour moi, je sais pas pourquoi j’avais Buscema en tête…

Et pour être tout à fait complet, une rapide recherche sur le Net indique aussi le nom de Herb “Incredible Hulk” Trimpe pour la partie graphique (un crossover avec le Titan vert peut-être ?)…

Herb Trimpe a dessiné 2 épisodes des DEFENDERS censés “clôturer” la saga d’Omega je crois (si je ne me trompe pas, vieux souvenir d’un article lu il y a quelques années…c’était quelque chose qui n’avait pas plu à Gerber si ma mémoire est bonne)…

Non, pas uniquement ; toutefois les souscripteurs l’ont obtenu à un prix inférieur que celui proposé maintenant.

[quote=“artemus dada”]

Non, pas uniquement ; toutefois les souscripteur l’ont obtenu à un prix inférieur que celui proposé maintenant.[/quote]

Merci.

Comme personne avait répondu j’ai cherché sur google par curiosité. Ceux qui ont souscris ont gagné 4,40 euros (si on enlève les 5 % librairie, ils ont plus gagné que 3,20 euros). Ils ont été fort sur ce coup-là Panini. A part Darlymple qui a fait Pop Gun War, il doit pas y avoir beaucoup d’amateurs de comics qui connaissent les auteurs. En plus, ils évitent les intermédiaires.

L’image que j’ai de la souscription, c’est acquérir une BD à tirage limité en quelque sorte. Là, sans le logo Marvel, c’est comme vendre un gros tirage avec des auteurs indépendants…

J’ai récemment lu l’intégrale V.O. de cette version et c’est une série véritablement bizarroïde, où l’on suit en parallèle un pastiche mutique de Superman et un garçon candide qui vivait dans son cocon familial et se retrouve projeté dans le monde sordide de Hell’s Kitchen (le garçon entretient un lien mystérieux avec Omega).

Ce qui surprend surtout, c’est la violence du contenu, digne d’une série Vertigo et non d’une série Marvel des années 70 :

les “parents” du garçon sont en réalité des robots, et la tête décapitée de sa mère lui donne des derniers conseils avant de fondre sous ses yeux :open_mouth: . Lorsque le garçon emménage à Hell’s Kitchen avec deux jeunes femmes ( :mrgreen: ), il note que l’entrée de l’immeuble sent la matière fécale :open_mouth: . Une des jeunes femmes, photographe, “attirée” par le gamin ( :open_mouth: ), explique par ailleurs tout de go qu’un “poivrot” gisant sur le trottoir sera soit déplacé, soit tabassé par ses congénères (ironiquement, il s’agit de Bruce Banner…). Le système éducatif est à la ramasse, avec l’ultra-violence régnant entre collégiens…

On a donc droit à un Hell’s Kitchen à la violence crue, “naturaliste”, différente de celle, stylisée, de roman/film noir avec des mafieux/ninjas d’un Frank Miller, par exemple.

Le “super-héros” n’est pas épargné non plus, se faisant souvent laminer lors des combats. Comparé au Foolkiller et à un super-vilain des Captain America de Lee/Colan, il finit par aller à Las Vegas se faire du pognon avant de se faire descendre dans le dernier numéro signé Gerber.

Si l’on combine ça aux descriptions new age de Gerber (qui n’a pas volé son surnom de “Grant Morrison des années 70”) et à la fin ratée concoctée par un autre scénariste dans Defenders, on obtient véritablement un OLNI du monde des comic-books.

Je ne savais pas que **Gerber **avait été surnommé ainsi, mais effectivement c’est pas mal trouvé.

Sinon, puisque a discussion a légèrement bifurqué vers la précédente incarnation d’Omega, je me permets de proposer une page sur le personnage des seventies qui propose une petite idée de sa genèse (et un aperçu de l’époque) :

(L’image débord un peu - si je la réduit encore on perd beaucoup trop de “lisibilité”, mais en l’ouvrant dans un onglet on l’a dans sa totalité).

Et pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur Steve Gerber d’une manière certes oblique, je leur propose une aventure inattendue (cette histoire a paru dans la revue française Eclipso n° 67) de Man-Thing.
Dans cette aventure **Gerber **mérite sans conteste son surnom de “Morrison des seventies:wink:

En attendant d’avoir des retours de lecture de ce recueil proposé par Panini, si certains d’entre vous s’intéressent à l’aventure éditoriale d’Omega the Unknown dans sa version française, proposée en son temps par l’éditeur Artima/Arédit, ils peuvent se rendre ici. :wink:

des avis sur ce comics ?

oui j’ai hâte de le lire il est dans ma pile de lecture.

Je réponds à Fringe avec beaucoup de retard, j’espère qu’il n’est pas du genre tatillon et qu’il ne m’en tiendra pas rigueur.

Bon, passons.

Je n’ai pas tout lu (seulement les 5 premiers chapitres) et j’en parlerai de manière plus complète après lecture. Mais je peux déjà dire que j’ai été très emballé par ce que j’ai lu, c’est même un titre assez fabuleux.
Je connais mal “Omega the Unknown”, la série originale des seventies, mais entre le très bon résumé posté par Tony Smart plus haut, et ce que l’on sait de l’approche habituelle d’un Gerber, j’ai été surpris par la grande fidélité de cette “reprise” (on peut même parler de “remake” en fait) en termes de rebondissement et d’intrigue générale (on retrouve certaines scènes tel quel).
Je ne connaissais pas Lethem non plus : renseignement pris, c’est un auteur qui semble intéressant, dans le style “K. Dick mâtiné de polar”. Toutes proportions gardées, c’est un peu le genre de délire auquel on est convié…
Ce qui me plaît énormément dans son approche, c’est que malgré le “malaise” qui se dégage de la série, incontestablement, il y a aussi un côté feel-good, parce que Lethem est très doué pour l’humour, qui contrebalance bien le côté bizarroïde (vraiment très présent) du titre, notamment avec un perso très marrant, The Mink, qui fait très Morrison dans sa caractérisation je trouve (et qui est un pur apport de Lethem, je crois bien).
Encore une fois, Tony résume bien la chose (même s’il parle du travail de Gerber en l’occurrence) en parlant d’une touche “Vertigo” dans ce titre, c’est tout à fait ça, jusqu’au dessin de Dalrymple (qui vient de l’auto-édition et de la scène “indie”) qui fait penser à certaines productions du début des 90’s, tout en conservant une certaine efficacité dans les scènes d’action…

Je reviens en parler dès que j’ai bouclé l’album, mais c’est une sacrée bonne surprise en ce qui me concerne, et même un peu plus que ça.
Quelqu’un connaît les romans de Lethem, à tout hasard ?

[quote=“Photonik”]
Je reviens en parler dès que j’ai bouclé l’album, mais c’est une sacrée bonne surprise en ce qui me concerne, et même un peu plus que ça.[/quote]

Probablement le seul Marvel Comics que j’ai lu l’année de sa sortie. C’est vraiment de l’indépendant avec une cape, et aurait tout aussi bien pu sortir chez Fantagraphics ou Drawn & Quaterly sans faire tache.

[size=85]C’est bien aussi cette mini-série qui est colorisée par Hornschemeier, non ?[/size]

Oui, c’est tout à fait exact.
Est-ce que je peux déduire de ton commentaire que ça t’a plu ?

Tu peux. J’ai de très bons souvenirs de lecture des fascicules de la mini-série, même si j’aurais bien du mal aujourd’hui à en résumer l’intrigue (qui reste amha secondaire, c’est vraiment l’ambiance et le ton général qui m’ont marqué).

Ouais, c’est ça.
L’intrigue est de toute façon pas vraiment inédite (c’est une sorte de “update” de celle de Gerber pour la série originelle), et en effet un peu secondaire, et l’ambiance et le ton sont les vrais points forts de ce titre atypique et extrêmement intéressant…