PANTHÈRE NOIRE: L'HOMME SANS PEUR t.1-3 (Liss / Francavilla) + DELUXE

J’ai récupéré à vil prix les trois tomes VF (j’ai pris le lot, ne me souvenant plus lequel j’avais déjà en VO : c’est le premier, ça servira à la comparaison). Et je viens de lire le premier.

Et franchement, c’est pas terrible. L’idée est sympa (un héros déchu remplacé par un autre héros déchu, ancien roi dont les pouvoirs ont diminué), sauf que la caractérisation n’est pas très poussée, le contraste que pouvait créer cet aristocrate africain qui se passer pour un modeste gérant dans un quartier pauvre ne donne pas grand-chose… Même le rythme est un brin foireux : la révélation de l’identité survient très tôt, tombe comme un cheveu sur la soupe et ne produit guère d’effets (peut-être dans les tomes suivants ?). Bref, très bof bof.

Ce qui est pas trop mal, c’est que, bien conscient (enfin, j’espère) du manque d’envergure de son personnage et de son environnement, le scénariste développe des choses autour du méchant, exilé d’Europe centrale disposant de pouvoirs : il lui invente un fils ambitieux et traître (enfin, même deux fils), une toubib lorgnant vers le savant fou sexy, un quidam déclaré mort qui devient le cobaye d’expériences clandestines, une trophy wife malheureuse et une assistante sociale virant au tueur en série. La volonté est là, mais la réalisation est maladroite, les révélations se bousculent maladroitement, et le dessin joli mais pas toujours narratif de Francavilla n’aide pas.

Rajoutons à cela une traduction calamiteuse, qui cumule les tournures trop calquées sur l’anglais, les élisions argotiques qui ne conviennent pas aux personnages, les anglicismes (traduire « open season » par « saison ouverte », sérieux !) et la méconnaissance de l’univers Marvel (« Savage Land », c’est « Terre sauvage », pas « Pays sauvage »). La lecture en est donc très désagréable, et démontre la piètre qualité du suivi éditorial exercé sur le tome.

Jim

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